L’ultimatum de 15 jours accordé au ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, afin de répondre aux revendications, ne fait pas reculer la mobilisation et l’adhésion des résidents au mouvement du grève cyclique qui entame désormais sa 4e semaine.

Bien au contraire, et plus que jamais, les blouses blanches semblent déterminées à aller jusqu’au bout de ce qui semble être une « révolte » contre un système de santé dénoncé depuis des années. Ils l’ont d’ailleurs réitéré, hier, à l’occasion d’un rassemblement suivi d’une grande marche à l’intérieur du centre hospitalo-universitaire (CHU) de Bab El Oued. L’appel du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) aux trois wilayas du centre, Blida, Tizi-Ouzou et Alger, a été largement suivi. Ils étaient des centaines à venir participer à cet énième cri de détresse, interpellant les pouvoirs publics à prendre en charge leurs revendications, dont les principales ont trait à la révision du service civil dans sa forme actuelle, à l’égalité face au service militaire, à l’amélioration de la formation et des conditions de travail et au bénéfice des œuvres sociales.
« Notre mouvement a commencé avec un noyau de résidents. Aujourd’hui, il est dans le cœur des 10 000 médecins résidents à travers le territoire national», a lancé l’une des délégués du Camra à la fin de la marche, avant que les participants ne scandent d’une seule voix :
« Jusqu’au bout, jusqu’au bout, résidents toujours debout ». Un avertissement, on ne peut plus clair au ministre de la Santé, au gouvernement en général, que rien ne pourra stopper le mouvement cyclique. Malgré l’ouverture du dialogue d’ailleurs, les résidents tiennent à continuer la protesta et la pression, voire même à envisager de radicaliser l’action si jamais il s’avère que les « promesses de Mokhtar Hasbellaoui ne sont qu’un leurre ». « À travers cette mobilisation, nous lançons un appel au ministre de tutelle que nous n’allons pas reculer jusqu’à satisfaction de nos revendications », a déclaré un autre délégué.
Un bilan des démarches entreprises vis-à-vis des autorités, dont la rencontre avec le professeur Hasbellaoui et l’audience au niveau de la commission de la santé de l’APN, a été présenté aux médecins résidents par leurs délégués du Camra. À l’occasion, ces derniers n’ont pas manqué de dénoncer la sourde oreille et le silence du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, et du ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Tahar Hadjar, à qui « deux demandes d’audience ont été adressées mais qui sont restées sans suite jusqu’à ce jour ».
Durant leur marche qui a sillonné la cour du CHU de Bab El Oud, les médecins résidents ont scandé des slogans hostiles au système national de santé et aux conditions dans lesquelles ils exercent au quotidien. « On n’a pas les moyens, dites-le aux citoyens », « SOS, résidents en détresse » ou encore « Respect, dignité, solidarité», pouvait-on entendre dans les coins de l’hôpital. Pour ce qui est de la grève, un délégué affirme que « le taux de suivi est resté stable autour de 90% », assurant que « tous les collègues observent en ce moment (Hier, Ndlr) la grève à l’exception du service minimum que nous avons décidé pour les services d’urgences de garde ».
« On ne peut pas quand même abandonner des vies humaines pour une cause quelle qu’elle soit ! », a-t-il ajouté. Le Camra va reconduire sa grève la semaine prochaine, pour deux jours de suite à partir du lundi 11. Pour la journée du 12 du mois en cours, un autre rassemblement sera organisé au CHU Mustapha-Pacha d’Alger.