L’Opep fait mieux que ses partenaires quant au respect des engagements conclus le 10 décembre 2016 sur la réduction de l’offre pétrolière mondiale.

Selon les estimations faites par le ministre qatari du Pétrole, également président en exercice de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), les pays non-membres de son Organisation qui se sont joints à l’effort de limitation de la production mondiale n’ont respecté leurs objectifs qu’à hauteur de 50%.
Malgré un engagement qui a fait monter d’un cran l’indice de confiance des investisseurs et des marchés, des non-Opep peinent à concrétiser leurs objectifs, faisant craindre désormais une autre vague de froid qui pourrait s’emparer des marchés.
Le président de l’Opep justifie le défaut d’engagement chez les partenaires non-Opep de son Organisation par une comptabilité qui était plutôt plus complexe pour les pays non-membres de l’Organisation et que les niveaux d’application pourraient être en réalité plus élevés. Le même sentiment de confiance anime le secrétaire général de l’Opep, Mohammed Barkindo, qui veut croire, lui, que la coopération entre l’Opep et ses partenaires ne souffrirait aucune ambigüité, voire d’aucun déficit de confiance. Il compte notamment sur la capacité de l’Opep à faire régner un nouvel ordre sur les marchés pétroliers.
Mohammed Barkindo s’est félicité d’ailleurs, mardi, que son organisation ait réussi à faire plonger la production de ses pays membres en janvier et d’avoir atteint 90% de son objectif de réduction d’extraction pour les pays qui le composent. Mohammed Barkindo a estimé que ce taux approcherait 100% dans les mois à venir, soit bien au-dessus des prévisions qui tournaient autour de 70 à 80% à la signature des accords le 30 novembre 2016. Selon les termes de l’Accord négocié par les membres de l’Opep, il a été prévu une réduction de 1,2 million de barils par jour (mbj) de leur production globale, tandis que 11 pays non-membres de l’Opep se sont engagés à limiter leur production de 558 000 barils par jour. Déçu par le taux d’adhésion des producteurs non-Opep, le président de l’Opep veut croire que le manque de pertinence des calculs provenant des non-Opep serait à l’origine du taux avancé. « C’est la première fois que nous avons des engagements venus de pays non-membres de l’Opep à surveiller.

 

La Russie se fait désirer…
Nous estimons que 50% de l’Accord sont respectés, mais le mécanisme de calcul est moins précis, car il n’y a pas toute l’organisation de l’Opep derrière », a tempéré Mohamed Saleh al-Sada, qui s’exprimait devant des journalistes en marge de la conférence International Petroleum Week, à Londres. «Je pense que le niveau de participation pourrait en fait être plus élevé.
Nous sommes sur la bonne tendance, et cela devrait se confirmer », a-t-il ajouté. Il a été prévu que la réduction de l’offre de l’Opep, combinée à une limitation de la production d’une dizaine de producteurs non-Opep, baisse de 1,8 million de barils par jour l’offre pétrolière mondiale. A l’annonce de leurs fiançailles en décembre dernier, les membres de l’Opep et leurs partenaires parmi les non-Opep ont pu endiguer la chute des cours, oscillant désormais autour de 55 dollars le baril en moyenne. Mais la complémentarité des objectifs annoncée en amont peine à se concrétiser en aval. L’Opep n’est pas au bout de ses peines pour rééquilibrer un marché désormais très sensible aux indicateurs sur le respect des engagements conclus avec ses partenaires non-Opep. Pour preuve, la Russie, un des plus grands producteurs mondiaux, a d’ores et déjà annoncé qu’elle n’atteindrait son objectif de baisse de 300 000 barils par jour qu’à la fin du mois d’avril. «Cela nous permettra en mai et juin de produire exactement 300 000 barils par jour de moins qu’en octobre », a déclaré le ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak, la semaine dernière. Un retard qui fait dire à certains analystes leurs réserves sur une implication complète des non-Opep dans la concrétisation des objectifs de réduction de l’offre mondiale de pétrole. Bref, le risque soulevé est que la reprise des cours du brut ne saurait être de longue durée et n’excéderait non plus les 55 dollars le baril tant il est vrai que certains points négatifs subsistent depuis la conclusion des accords entre l’Opep et ses partenaires non-Opep.