A l’orée de la fin de l’année, où des bilans sont faits pour mieux préparer l’avenir, le cadre du sport et ancien président de la Fédération algérienne de cyclisme (FAC), Rachid Fezouine, a saisi l’occasion pour écrire, hier, une « lettre ouverte au Premier ministre » dans laquelle il qualifie « la situation qui prévaut dans le secteur des sports » de « grave » en estimant que « l’esprit de responsabilité doit animer tous les acteurs du sport ».

L’ex-président de la FAC cite le ministre de la Jeunesse et des Sports qui, selon lui, « doit prouver à l’opinion nationale en général et à la famille sportive en particulier, qu’il a la volonté et les ressources nécessaires afin de dépasser cette crise à travers les instruments démocratiques garantissant l’éthique et l’équité dont il vante les qualités ».
Dans sa lettre au Premier ministre, dont Reporters détient une copie, M. Fezouine estime que « les dysfonctionnements structurels auxquels j’ai été confronté au cours de mon mandat de président de la fédération algérienne de cyclisme, adoubés par tout ce qui a été relevé récemment par d’autres acteurs sportifs nationaux, hypothèquent sérieusement l’avenir du sport national ».
Il faut alors remarqué que « les retards incompréhensibles dans la préparation des échéances nationales et internationales, couplés à la paralysie de la plupart de nos fédérations, ont induit une absence criante de résultats sportifs à la mesure des attentes du public algérien, et un déficit de la représentation nationale dans les instances sportives mondiales ».

Son bras de fer avec le MJS
Evoquant son cas personnel, Fezouine écrit qu’« en ma qualité de cadre et dirigeant sportif ayant subi un abus de pouvoir de ma tutelle, le MJS, – suspension et ensuite exclusion du mouvement sportif national sans aucune forme de procès – je fus contraint en désespoir de cause de m’exprimer à travers des actions symboliques et pacifiques en ma qualité d’ancien président de la fédération algérienne de cyclisme… », en poursuivant que « malheureusement, force est de constater que le MJS n’a appréhendé mes propos que sous l’angle du -conflit- et a opté pour le choix d’une gestion autoritariste, procédant ainsi à une fuite en avant dangereuse, m’accusant à tort de vouloir porter atteinte au sport national, alors que c’est tout le contraire ! »
L’ex patron de la FAC dit que « devant cette escalade de sanctions abusives, j’étais obligé d’utiliser le canal informationnel des médias pour réagir et dénoncer les décisions injustes et illégales prises à la hussarde par Monsieur le Ministre de la Jeunesse et des Sports, fermant ainsi toutes les portes au dialogue.
Dans mon cas, et concernant mon exclusion de me représenter à un second mandat au motif de – poursuites judiciaires-, portant ainsi un préjudice grave à mon intégrité et celle de toute ma famille, j’ai sollicité à travers toutes mes interventions publiques, le ministre de la Jeunesse et des Sports et ses collaborateurs, de prouver l’existence d’une quelconque trace de ce qu’ils affirment, mais en vain. Pis, ils ont outrepassé leurs droits en bafouant le secret de l’instruction.
Aujourd’hui, devant l’incapacité de l’administration du MJS d’apporter la moindre preuve d’une quelconque « affaire judiciaire », a commis un abus de pouvoir en décidant et contre toute attente, d’une cessation de versement de mon salaire en tant que fonctionnaire de ce secteur… », estime encore l’ex-président de la FAC.

L’exclusion massive des cadres et dirigeants
Fezouine ne rate pas l’occasion pour noter en outre que « … l’absence du dialogue constructif et responsable a conduit à écarter une trentaine de présidents de fédérations de se présenter à leur réélection lors du dernier processus électoral pour cause « d’inéligibilité » suite à une « interdiction administrative » basée sur des motifs fictifs et fallacieux.
Cette décision inique en son genre a engendré, hélas ! une exclusion massive des meilleurs cadres et dirigeants du mouvement sportif national.
Pour tous ces dépassements, Monsieur le ministre de la Jeunesse et des Sports, en privilégiant une situation d’affrontement avec le mouvement sportif national, ne devrait-il pas assumer seul, la responsabilité, toute la responsabilité, de l’échec annoncé ? », questionne-t-il avant d’ajouter que «sa focalisation sur les sanctions tous azimuts, sans se soucier des véritables enjeux sportifs et politiques, comme recommandés dans le Programme de Son Excellence monsieur le président de la République, notamment dans son message du 5 juillet dernier envers la jeunesse, illustre le dilettantisme et la fuite en avant face aux vrais défis auxquels sont confrontés des actuels -locataires de la Place du 1er-Mai- ».
L’ex-président de la FAC a conclu sa lettre au Premier ministre en déclarant que « j’ai donc le respectueux honneur de soumettre à votre bienveillante attention cette préoccupation et de solliciter votre sage et éclairée intervention afin de garantir le retour aux fondamentaux du sport, et à ses valeurs, comme ciment de la jeunesse de notre grand pays, l’Algérie.
Votre prompte réaction souhaitée et attendue, permettra, j’en suis convaincu, le sauvetage du sport algérien. Des joutes sportives internationales importantes frappent à nos portes. Il y va de l’intérêt national et de l’image de notre Algérie. »