Par Dr. Abderrazak MOKHTARI
1.État d’institutions
L’État est une personne morale souveraine qui désigne le droit public, impose des normes et organise la société. Il est géré par un ensemble de compétences dans le cadre de perpétuer son existence et regroupe les différentes institutions constituées comme un corps organisé, harmonieux et équilibré.
Parmi les postulats, l’Etat fort montre les caractéristiques de sa construction à travers la force, l’harmonie de ses institutions et la souveraineté de ses lois comme critères garants de la justice et du développement de la société. Par conséquent, le concept moderne de l’État est étroitement lié aux institutions, au droit et rejette les idéologies fractionnelles qui ne se dissolvent pas dans les composantes de l’État national.
À cet égard, les expériences politiques éprouvées qu’avec le temps, ces clans idéologiques n’ont pas réussi à atteindre des succès dans le processus de la construction de nations ou de la transition des sociétés vers la croissance, le progrès et la prospérité ; étant donné que leur philosophie est basée sur une idéologie factionnelle en dehors de la pensée nationale qui accepte tous les courants coexistant dans la société elle-même; et sous une forme qui refuse d’être les institutions de l’État, un espace national commun exprimant la souveraineté populaire, en tant que mécanisme qui préserve l’État lui-même, et en tant que processus de soutien de sa personnalité morale et sa légitimité politique loin des effets idéologiques qui cherchent à aggraver la situation.
L’État moderne, dont sa noble mission est d’assurer la sécurité et le développement durable à travers des étapes structurelles qui visent toutes ses institutions, à commencer par la force de la constitution et la primauté de ses lois, jusqu’à l’efficacité de ses différentes institutions centrales et locales.
À cet égard, le projet de réforme de l’État devrait se concentrer sur l’assèchement des sources de corruption, en passant de la personnalisation du système à l’institutionnalisation, en passant d’une faction idéologique à un consensus national commun pour atteindre l’intérêt public national. Ceci est réalisé en construisant des institutions fortes qui incarnent une réforme profonde liée à l’étendue de la force des programmes pionniers ambitieux qui produisent la richesse et répondent aux aspirations du peuple.

  1. Succès de la réforme, un défi des Hommes d’Etat et des élites actives
    Le succès du processus de réforme et l’application de ses procédures ne sont pas seulement la mission du président de l’Etat, mais peuvent également être liés dans sa partie morale au niveau de sensibilisation, d’organisation, l’interaction de la société civile et les élites actives à adopter et enrichir les idées de réforme positives et motivantes qui constituent sa base populaire ; et l’étendue de leur capacité à créer un mouvement de surveillance social, sanctifier le travail et chercher à réussir.
    En outre, le rôle idéal et essentiel des hommes d’État est la mise en œuvre de cette réforme et ses confrontations aux difficultés qui obstruent l’exécution de ses mécanismes. Aussi leurs visions de gestion globale, leurs acquis potentiels qui lui qualifient à effectuer ses tâches de manière professionnelle, et leurs capacités à mener un changement qualitatif qui représente une valeur ajoutée pour l’État.
    D’autre part, le respect de l’État se fait par la force de ses institutions et ses hommes, conformément aux normes de leurs compétences, l’expériences, créativités ; leurs comportements étroitement liés à leurs spiritualités, et de l’ouverture au développement mondial, la vérité en paroles et en actes ; aussi leurs convictions qu’ils sont des élites membres au service de l’état et la société.
    Les sociétés pionnières sont des sociétés dirigées par la logique du droit, la science et le développement. Ces dimensions contribuent à construire l’Etat des institutions avec ses concepts modernes qui s’orientent vers l’ascension et le progrès. Aussi impose sa sécurité intérieure et être en mesure de faire face aux menaces externes.
    Revenant au contexte historique du développement des États, nous le trouvions lié à de nombreux modèles dont nous pouvons appeler le personnage d’un homme d’État qui ont fait évoluer leur patrie de bas en haut ; et atteint des sommets de succès avec détermination, altruisme, fierté d’appartenance et de fidélité à leur nation. Ce sont des hommes qui ont établi une méthodologie pour leurs pays, donc ils sont devenus connus par les hommes de pensée ou les architectes des réformes dans toutes ses dimensions (politiques, économiques, sociales, éducatives et scientifiques).
    Le contexte original de la formation d’un homme d’État remonte à son militantisme politique, militantisme dans la société civile, ou peut être un fonctionnaire administratif ou un militaire. Ses caractéristiques et son comportement semblent par son dévouement à la construction de son État, l’étendue de sa capacité à prendre des décisions difficiles ou à développer des mécanismes de réforme et à trouver des solutions, ou à planifier pour réaliser de projets stratégiques, ou en général sa contribution à l’élévation du niveau de satisfaction des gens à l’égard de leur pays. L’homme d’État est une valeur ajoutée pour le pays, pas une surcharge pour ses institutions, car il contribue à diriger une étape de l’État, mais ce n’est pas l’État qui se termine avec sa fin, si l’on accepte la logique d’un État qui ne disparaît pas avec la disparition des hommes.
  2. Normes des hommes d’Etat
    Sans aucun doute, malgré la diversité des concepts qui ont accompagné le développement de l’édification de l’État dans leur trajectoire politique historique, nous constatons que le concept structurel de l’État est fondamentalement lié aux qualités et aux caractéristiques des hommes d’État qui ont le pouvoir de diriger les institutions du pays. Par conséquent, il devrait être disponible chez les hommes d’État des acquis potentiels et des expériences qui réunis la compétence, la créativité, la prévoyance et l’ouverture aux technologies de l’information, la capacité à diagnostiquer les obstructions dans leurs secteurs, et une connaissance approfondie à les problèmes sociaux et leurs besoins fondamentaux. En plus, la capacité d’anticiper les événements et les motifs de leur émergence ; et puis l’incarnation des solutions qui s’ajoutent au chemin de développement de l’État, et consolident les liens de confiance populaire et grossir le respect vers leurs responsables nationaux à travers le sentiment patriotique national de l’étendue de l’effort énorme que l’État entreprend dans l’intérêt du citoyen.
    Dans le même contexte, on constate que la mission des hommes d’État les rend aux faces du peuple par le biais de leurs activités officielles ou de visites d’inspection en présence des médias, ce qui nécessite de la sobriété et de la présence, une bonne capacité à construire un processus de communication positif et stimulant, et une maîtrise linguistique, une bonne utilisation des termes et des phrases dans leur conversation avec les médias, que les citoyens suivent, critiquent ou encouragent. Ici, nous soulignons que le diplôme n’est pas suffisant pour atteindre le statut d’homme d’État, mais plutôt la totalité des connaissances accumulées, les compétences acquises, le parcours professionnel, les défis des attitudes vécus par l’individu, et la pureté de son aspect spirituel et moral sont tous des facteurs qui entravent la création d’hommes de demain capables de faire une différence dans leur pays.
  3. Hommes d’État représentent un lien étroit entre l’État
    et le peuple
    Nous attirons également l’attention à cet égard sur le fait que les hommes d’État forment le lien étroit entre la société et l’Etat. Ils ont le pouvoir de diriger tous ses processus en faveur du l’évaluation et de la prospérité de la nation, et cela est prouvé par les expériences du développement historique de la transformation positive des États. De même, les institutions étatiques ne peuvent se développer et s’adapter à la mondialisation que si les experts sont impliqués dans le processus de réforme et que leur expertise et expériences sont affinées dans les programmes de développement en fonction des spécialisations et des priorités, et conformément aux exigences de la réforme dans toutes ses dimensions politiques, économiques et sociales.
    La finesse du décideur se reflète dans sa capacité à réunir les hommes d’État, les chercheurs, la société civile et les élites actives. Cela l’aide à créer une équipe de gestionnaires et d’experts harmonieux concurrents, conduisant l’État à réaliser le développement, améliorer le niveau de vie de citoyens et apporter le changement auquel le peuple aspire. En plus, il devrait également se concentrer sur de nouveaux chemins de construction qui sont en dehors du style de gestion bureaucratique traditionnel et de l’état d’esprit rigide. Il doit généralement s’adapter aux évolutions de gestion modernes. Surtout dans l’aspect technologique, avec l’impératif de passer de la gestion traditionnelle vers une gestion électronique et intelligente (Smart Government), qui est basé sur l’utilisation de la révolution numérique pour surmonter les obstacles de toutes les complications bureaucratiques, assure la transparence des transactions, élimine les canaux de la corruption, et soulage la psychologie de citoyen qui est chargée par le cumule du passage de l’administration à une autre. De plus, ce style de gestion intelligente assure à l’Etat la synchronisation de la communication institutionnelles et la communication gouverneau citoyennes.
  4. Vision philosophique du concept d’homme d’État
    Selon l’opinion des sociologues, le philosophe allemand Max Weber voit que parmi les caractéristiques les plus importantes d’un homme d’État, c’est le niveau intellectuel, la compétence et la personnalité charismatique qui montre son impact sur les membres de la société, l’exactitude de la prise de décision, et la sélection d’un environnement de compétence et d’expérience. En outre, il se concentre également sur une autre caractéristique essentielle de l’homme d’État, à savoir sa capacité à affronter et gérer les crises qu’il adopte sans dépasser les droits publics. Il s’est concentré sur ce qu’il a appelé «éthique de la responsabilité» dans son énoncé suivant : «C’est très émouvant de voir une personne qui est consciente des conséquences de ses actes. Il ressent vraiment cette responsabilité avec son cœur et son âme, puis il agit après avoir suivi l’éthique de la responsabilité.»
    Quant au philosophe américain John Rawls, selon sa conception du concept d’homme d’État, il a souligné l’importance que le responsable doit voir la vie de manière verticale et non horizontale, avec un engagement d’objectivité et d’impartialité et d’éviter la subjectivité dans la prise de décisions étatiques. Les attitudes de Rawls peuvent être incluses dans la vision sociale, juridique et politique contemporaine liée à la justice, à la démocratie et aux droits de l’homme, et à l’engagement envers les principes éthiques et l’ouverture aux autres.
    Mais si l’on aborde les concepts du philosophe français George Gusdorf concernant la valeur de l’homme dans le concept d’homme d’État, elle peut être liée dans son aspect moral, en réalisant une coopération constructive et une solidarité fructueuse, et en évitant toute pensée égoïste, en s’engageant dans la société et en s’ouvrant aux autres afin de réaliser la croissance et le développement.
    Quant au philosophe allemand Eric From, il a donné une autre compréhension, ajoutée au critère d’expérience et de compétence de l’homme d’État, à travers la notion de pouvoir, où, a-t-il souligné, la séparation entre l’homme d’État étant le propriétaire du pouvoir et lui-même le pouvoir, c’est-à-dire la distinction entre l’homme d’État et l’état de l’homme. Le premier, selon son point de vue, exerce une autorité rationnelle basée sur la compétence et l’habileté pour réaliser la croissance et le développement, et le second exerce une autorité irrationnelle basée sur la force et l’exploitation des personnes sous son autorité.
    À travers la vision des philosophes, il y a une diversification du concept philosophique de l’homme d’État, selon l’environnement social, politique et les événements vécus par les différents théoriciens. Selon notre point de vue, ce concept ne peut être lié qu’à celui qui exerce le pouvoir central au sommet de l’Etat, mais est également lié à chaque fonctionnaire (étatique ou libre), qui remplit sa mission et son rôle dans la société avec beaucoup de responsabilité, de conscience, d’honnêteté.
  5. Construire l’État moderne
    Enfin, la construction de l’État moderne repose sur la réforme globale de ses institutions législatives, exécutives et judiciaires, car il constitue les composantes du système politique de l’État. Ainsi que la réforme de ces institutions assure également l’intégration fonctionnelle des institutions étatiques.

La construction de l’État moderne a besoin des hommes d’État qui servent la communauté même s’ils ne sont pas au pouvoir, d’hommes conscients à la culture de l’État, qui se distinguent par une forte personnalité et un leadership intellectuel, dont les caractéristiques sont une intuition rapide, ils ont la capacité d’analyser les faits, les événements et les informations produits par le mouvement de la société.
Hommes d’État, qui sont imprégnés par les valeurs nationales. Ils donnent l’exemple au peuple et s’harmonisent dans les éléments constitutifs de l’État national, comptés par la compétence, la science, le travail, l’expérience et la réalisation de la valeur ajoutée. Hommes d’État, qui leurs intérêts tournent autour de leurs principes, pas que leurs principes tournent autour de leurs intérêts. Hommes d’État, qui créent l’espoir pour l’avenir, croient à la construction d’un Etat ascension, capables de réduire le temps du progrès, créer de nouveaux mécanismes pour s’adapter aux défis régionaux et mondiaux.
L’incarnation des concepts d’un Etat moderne au milieu des accumulations héritées nécessite une large prise de conscience politique et sociétale. De plus, l’augmentation de la croissance économique nécessite de grands efforts, un dévouement au travail et la participation des élites actives à la réforme, et de jouer son rôle naturel d’éduquer, d’éclairer le peuple et de sanctifier le travail, loin des interactions politiques négatives ou du fanatisme idéologique factionnel qui n’apporte pas la valeur ajoutée à l’Etat.
Développement d’une société de démocraties et libertés ne peut pas être reproduit où cloner à partir de l’occident, mais elle doit être selon les exigences de l’adaptation mondiale, en cohérence avec la structure sociologique de la société et son identité.
Construction de Société moderne, selon le philosophe italien Antonio Gramsci, c’est la formation d’une volonté collective qui représente le moteur politique du changement, dont le noyau efficace est ce que l’on appele des intellectuels organiques engagés, formés et militants. Ce qui incarne leur fonction à la sensibilisation et d’homogénéité intellectuelle de la classe sociale, et crée du lien entre l’État et le peuple.
De même, les élites intellectuelles, quelle que soit leur capacité d’analyse et quelle que soit la profondeur de leur réflexion, ne peuvent pas affecter la scène politique si elles sont satisfaites du suivi uniquement, mais il faut plutôt travailler à la construction d’un front populaire convaincu de construire un Etat moderne qui fonde ses idées dans la société de l’Etat, pas la société du pouvoir. Et prendre en considération que leur mission première est de maintenir la sécurité, la stabilité de l’État et de contribuer efficacement au développement de la société et de l’économie.