Le football algérien est extrêmement budgétivore. Les salaires sont faramineux et la politique de gestion n’est vraiment pas à ranger dans le compartiment de l’ingénieux. Le professionnalisme est plus une étiquette qu’un mode de gestion basé sur un plan longtermiste qui considère les paramètres économiques. Le dernier chiffre portant sur les « aides » de l’Etat pour les équipes de foot est tout simplement stratosphérique. Cet assistanat reflète l’état de santé catastrophique d’une discipline branchée sous perfusion pour éviter une faillite constamment menaçante.

Par Mohamed Touileb
Cela fait douze ans que Mohamed Raouraoua et son équipe lançaient le professionnalisme. Depuis 2010, les clubs de l’élite n’ont pas pu devenir dépendants sur le plan financier. Aujourd’hui, les subventions de l’Etat coulent toujours. Durant ce laps de temps, 5342 milliards de centimes (351 millions d’euros) ont été injectés par les Autorités. Une somme astronomique pour un football insipide et apathique.

Mécénat et assistanat
Le mécénat a de belles années devant lui quand on voit des clubs qui insistent pour vivre au crochet d’entreprises publiques et d’autres qui ont déjà eu cette faveur. Avec toute la concurrence déloyale que cela peut engendrer. D’ailleurs, il y a même des équipes qui ont vécu une véritable descente aux enfers. On pense à l’USM Bel-Abbes, exemple le plus récent, qui jouera en D3 la prochaine saison après deux rétrogradations de rang.
L’échec du passage vers le professionnalisme est manifeste. Les réformes faites ici et là ne sont que façade. Comme ce statut duquel notre balle ronde a été affublée. Le costume est bien trop large parce que les responsables n’ont pas les épaules pour porter ce projet à concrétisation. Clairement, l’argent injecté durant toute cette période n’a en rien aidé notre football à se porter mieux. L’assistanat et la demande de l’aide deviennent des «vices». En effet, certains y voient même un droit parce que X ou Y a eu la faveur de pouvoir se reposer sur une entreprise nationale pour lui transfuser les liquidités.

Des dettes colossales
Et les paradoxes sont nombreux. Par exemple, l’ES Sétif est la seule à avoir pu décrocher une Ligue des Champions CAF durant cette ère de professionnalisme. Et l’Entente n’a pas une société étatique comme «parrain». Les incohérences semblent nombreuses et les dépenses faramineuses. On parle de 5342 milliards de centimes (351 millions d’euros) qui ont atterri dans les caisses des différentes équipes «pro» en 12 ans.
Là on parle de l’argent traçable seulement. Cependant, cela n’a pas empêché les «franchises» de se retrouver à découvert avec une dette dépassant le 1000 milliards de centimes à l’été 2021. L’ardoise est colossale. Le faussé entre le foot Dz et le professionnalisme véritable semble plus que jamais abyssal.