Les augmentations s’élèvent entre 10 et 25 millions de centimes pour les petites et moyennes cylindrées et entre 45 millions de centimes et 160 à 250 millions de centimes pour les grosses cylindrées.
L’amendement approuvé par la Commission des finances et du budget, et qui sera adopté en plénière par l’APN porte sur une réduction des taxes élevées prévues par le Projet de loi de finances complémentaire (PLFC) 2020 et qui n’empêchera pas une hausse importante des prix des véhicules. Au lieu des hausses entre 80 millions et 250 millions de centimes, prévues dans la PLFC 2020, les augmentations, lit-on dans un document de la Commission des finances et du budget, portent, suivant cet amendement, entre 10 millions de centimes et 250 millions de centimes. Cette commission est, en un mot, parvenue à atténuer cette surtaxation des véhicules, mais sans pour autant pouvoir annuler cette disposition dans sa partie «hausses» touchant les petites et les moyennes cylindrées, mettant donc hors de portée ces véhicules pour un grand nombre d’Algériens à modestes ou moyens revenus. Ces augmentations passent par une augmentation des taxes et droits de douane sur les véhicules. Pour les petites et moyennes cylindrées, la hausse se situe entre 10 et 25 millions de centimes pour les véhicules de tourisme et les véhicules utilitaires, entre 40/45 millions de centimes et 250 millions de centimes pour les grosses cylindrées. De manière plus précise, concernant les véhicules de tourisme, pour les voitures ne dépassant pas 800 cm3 de cylindrée, la hausse est de 10 millions de centimes, 15 millions de centimes pour les cylindrées dépassant les 800 cm3 et inférieures à 1 600 cm3, et 25 millions de centimes pour les cylindrées de plus de 1 600 cm3 et moins de 1 800 cm3, 45 millions de millions de centimes entre 1 800 et moins de 2 000 cm3. Quant aux véhicules de cylindrée supérieure, l’augmentation est de 120 millions de centimes pour celles dépassant les 2 000 cm3 et moins de 2 500 cm3 et 160 millions de centimes pour celles de plus 2 500 cm3. Il s’agit pour ces deux dernières de voitures de grosses cylindrées. Celles dépassant les 2 500 cm3 sont également touchées par l’impôt sur la fortune institué par la PLFC 2020 puisqu’elles font partie du champ des biens constitutifs du patrimoine ciblés par le fisc pour évaluer les biens des contribuables et donc fixer le montant de l’impôt à payer. Il s’agit de l’un des signes extérieurs de richesse. Concernant les voitures utilitaires, la hausse est de 10 millions de centimes pour les cylindrées jusqu’à 1 200 cm3, 25 millions de centimes pour les cylindrées entre 1 200 et moins de 1 600 cm3, 40 millions de centimes entre 1 600 et moins de 2 000 cm3. L’augmentation est de 150 millions de centimes pour celles entre 2 000 et moins de 2 500 cm3 et 250 millions de centimes pour les véhicules utilitaires dont la cylindrée dépasse les 2 500 cm3. Ces hausses importantes prévues par la PFLC 2020 s’expliquent par la volonté du gouvernement de surtaxer les véhicules pour limiter leur importation, en attendant qu’une véritable industrie automobile se mette en place.
Le législateur prévoit un délai de trois ans pour que s’érige cette industrie. Le ministre de l’Industrie fixe un délai minimum de 2 ans pour que commencent à sortir les véhicules des usines de montage de voitures produites localement avec un taux d’intégration minimum de 30% au départ. Quant aux usines déjà installées comme celles de Renault, il ne faut pas s’attendre à des prix à portée des citoyens puisque les collections ou kits SKD importés sont frappés dans la PFLC de 2020 à des taux de 15% de droit de douane et 19% de TVA. Elles étaient exonérées de droits de douane et de TVA auparavant. Quant aux véhicules d’occasion de moins de trois ans autorisés à l’importation, des spécialistes estiment leur prix à 200 millions de centimes minimum. L’annulation de la hausse des carburants, prévue par la PLFC, proposée par des députés a été rejetée par le bureau de l’APN à l’issue d’une réunion tenue mercredi dernier. Ce bureau a justifié ainsi ce refus se référant à l’article 131 de la Constitution selon une source à l’Assemblée citée par l’APS : «Est irrecevable toute proposition de loi qui a pour objet ou pour effet de diminuer les ressources publiques sauf si elle est accompagnée de mesures visant à augmenter les recettes de l’Etat ou à faire des économies au moins correspondantes sur d’autres postes du budget.» Cela veut dire que les carburants seront plus chers entre juin et fin décembre 2020, une hausse de 2,38 dinars par litre à la pompe pour les essences normale, super et sans plomb, et 3,75 dinars pour le gasoil. Le GPL carburant ne connaîtra pas de hausse.
Les autres amendements approuvés par la Commission des finances et du budget portent notamment sur la prolongation de l’application de la baisse de la TVA concernant les activités touristiques à 9% de deux années supplémentaires (annulée par l’article 34 de la PLFC 2020) et sur une proposition concernant la commission d’aide à la définition du site et localisation de l’immobilier et la promotion de l’Investissement (Calpi) sous l’autorité du wali dont la constitution sera élargie aux représentants des APC et des wilayas, des Chambres d’agriculture, de commerce et d’industrie.
Ainsi, l’Algérie subira une cure d’austérité, conséquence de la crise sanitaire et de la baisse brutale des prix du pétrole. Dans cette situation, et pendant au moins un ou deux ans, la majorité des Algériens devront à première vue proroger leur projet d’acquisition d’un véhicule neuf. L’espoir réside dans l’intelligentsia algérienne et la capacité de société civile à contribuer à pousser nos gouvernants à adopter des solutions adéquates et efficaces pour surmonter rapidement cette double crise. <