Le statut de favori. Un boulet qui a empêché les « Fennecs » d’atteindre les stades avancés dans la conquête de la notoriété continentale. Cependant, ce n’est pas le plus inquiétant quand on sait que la « génération Drogba » n’a pas été couronnée bien qu’elle se présentait, à chaque édition de la Coupe d’Afrique des nations, comme un prétendant XXL au sacre final. Ce qui reste alarmant plus que tout, c’est le contenu des copies rendues par l’équipe nationale lors de la 31e séquences qui se déroule actuellement au Gabon (14 janvier – 05 février). Des lignes complètement étirées, des erreurs individuelles fatales et un manque de créativité criant malgré la présence d’éléments qui ont du ballon en magasin. Il faut dire que les Verts ne nous ont pas habitués à jouer comme des bleus. Avant tout, ce n’est pas une question de potentiel ou de capacités. 

Il s’agit, plutôt, de mental et de détermination à s’assumer tout en faisant abstraction à tous les éléments autour. Présentés comme un mastodonte en Afrique, les coéquipiers de Riyad Mahrez traînent, toujours et comme un lourd fardeau, la réputation qu’ils se sont faite dès suite d’une Coupe du Monde 2014 marquante au Brésil. Un socle, sur lequel ils n’ont pas pu bâtir la stature qu’on leur donnait. Après les agapes, le temps de manger le pain noir semble venu. Depuis la fin de l’épopée brésilienne et le départ de Vahid Halilhodzic, qui a laissé les rênes technique vacantes, les Fennecs n’ont fait que pédaler dans la semoule. Le casting pour la barre technique a été Le tournant dans la transition post-mondiale. Les mauvais choix émanant de la Fédération algérienne d football (FAF), présidée par Mohamed Raouraoua, y sont pour beaucoup dans ce que sont devenus les Mondialistes. Une sélection qui a une âme sans le corps. Des compartiments sans jonction et un jeu basé plus sur les individualités, à la qualité intrinsèque indubitable pour sûr, que le collectif. Aucun des successeurs de V. H. n’a réussi à faire en sorte que les «Guerriers du Sahara» jouent corps et âme. Certes, lors du passage de Christian Gourcuff sur le banc, les huitième-de-finalistes de la CDM 2014 étaient en démonstration et étrillaient les équipes du second plan. Cependant, il y avait toujours ce plafond de verre qu’ils peinaient à percer face aux cadors africains. Un palier qui semble inaccessible pour les camarades d’Islam Slimani. Pire encore, le départ, de son gré, du Breton a laissé le paquebot à bon port (le ticket pour la CAN 2017 était acté à 99%) mais sans capitaine à bord. Arrivée donc la campagne qualificative pour la Coupe du Monde Russe de 2018. Un nul face au Cameroun en octobre à Tchaker, qui a couté la tête à Rajevac, et une défaite (3-1) contre le Nigéria en novembre dernier et le navire qui chavire. Le naufrage était annoncé pour le rendez-vous biennal au Gabon. La désignation en catastrophe de Leekens n’évitera pas la catastrophe. Ne reste donc que de maintenir à flot le soupçon d’honneur pour la très probable dernier sortie contre le Sénégal lundi. Pour l’après, on ne sait pas ce qui se passera.