« La société de masse ne veut pas la culture, mais les loisirs« . Une phrase à lire dans le livre «La crise de la culture» de la philosophe américano-allemande, Hannah Arendt. 60 ans après la sortie de l’ouvrage, il est très facile de lui donner une facette DZ. Des trois «axes» de la citation, en l’occurrence «société de masse», «culture» et «loisirs», l’Algérie se retrouve en parfaite adéquation avec le premier, et en contradiction avec les deux autres.
Les faits sont là. La société de masse de 1961 est la société de consommation du 21e siècle, et la version algérienne la reflète très bien. Pour ceux qui en doutent, il suffit juste de voir l’ambiance actuelle, à l’approche du mois de Ramadan, pour en être édifié. La consommation tous azimuts (en mode alimentaire), et qui est très rarement pour satisfaire des besoins, régule les relations sociales et ne semble déranger personne.
Pour la culture et les loisirs, le constat est amer quand ces deux mots sont associés à l’Algérie. Le peu d’éclairs réalisés auparavant s’estampaient au fil des années, pour quasiment disparaître depuis l’apparition de la Covid-19. C’est pourquoi quand des faits culturels sont signalés quelque part, c’est important de les mettre en lumière. Un simulacre d’une activité est toujours le bienvenu, même si, pour la majorité, c’est loin d’être une priorité.
C’est qu’au cours de cette semaine, trois événements au moins étaient à «épingler». Le premier consiste en le déroulement, durant trois jours (du 3 au 5 avril), du Forum de l’économie culturelle. Beaucoup de résolutions ont été adoptées, et il va falloir attendre encore pour voir ce qui manque souvent après, soit le palpable.
Les deux autres événements concernent deux arts, le 9e et le 7e. Le FIBDA (Festival international de la bande dessinée d’Alger) change de commissaire, avec le départ de Dalila Nadjem qui aura marqué de son empreinte ce rendez-vous annuel, dont l’impact était indéniable. Il suffit de voir chaque année l’engouement des jeunes pour les activités du festival pour réaliser sur ce qui a été accompli par la désormais ex-boss du festival. Un changement d’époque qui, il faut l’espérer, va continuer à donner à la BD son rayonnement.
Le dernier fait culturel de la semaine est la montée au créneau des professionnels du cinéma, avec une pétition pour demander la sauvegarde du Fdatic (Fonds d’aide aux techniques et industries cinématographiques). Il faut surtout espérer que ce sera une occasion pour discuter de tout ce qui entoure le 7e art algérien, et souhaiter une réorganisation totale du secteur qui en a bien besoin. Tant que ça bouge, c’est toujours bon signe pour l’avenir.
Pour les loisirs «de» Hannah Arendt, il faudra attendre encore pour pouvoir les conjuguer concrètement à la sauce Dz.