C’est la fin du suspense, ou plutôt la confirmation des résultats préliminaires annoncés par le ministre de l’Intérieur. Jusqu’à hier, les tribunaux administratifs saisis par les formations politiques ont rejeté, soit dans la forme, soit dans le fond, les requêtes des protestataires, confirmant par là même les résultats déjà connus.

Pour rappel, les décisions des tribunaux administratifs ne sont pas susceptibles de recours. A vrai dire, beaucoup de formations n’y croyaient pas trop et se sont focalisées notamment sur la question des tractations pour la formation des nouvelles assemblées, surtout en ce qui concerne les APW, où les choses demeurent compliquées dans certaines wilayas où les alliances pourraient faire pencher la balance d’un côté comme de l’autre. A Ouargla, et en dépit des manifestations qui ont suivi l’annonce des résultats, la justice a rejeté tous les recours déposés par les formations politiques qui remettaient en cause la victoire annoncée du FLN. Même scénario à Oran, où le vieux parti a fait une véritable razzia, notamment à l’APW, où il a arraché 45 des 55 sièges que compte l’assemblée. Une soixantaine de recours ont été déposés, mais la justice a confirmé les résultats préliminaires, au grand dam des protestataires. Le siège du tribunal était cerné par les forces de l’ordre depuis le début de la matinée, par crainte de débordements. En effet, plusieurs protestataires se sont rassemblés pour dénoncer les résultats annoncés.
Dans la wilaya de Mascara, le tribunal administratif a rejeté tous les recours déposés par les partis politiques, alors que dans la wilaya de Chlef, des manifestations se poursuivaient dans certaines communes pour dénoncer les résultats du scrutin.
Les autres tribunaux devraient rendre leur verdict au plus tard ce dimanche. Mais, personne ne s’attend à des miracles.
Pendant ce temps, la bataille fait rage dans les communes, mais surtout dans les APW pour la répartition des sièges et la tension n’a pas baissé d’un cran.
Ainsi, à Tissemsilt, les nouveaux élus du RND ont boycotté la séance réservée à l’élection du président de l’APW qualifiant de « mascarade » cette dernière, en raison, disent-ils, des conditions dans lesquelles se déroule cette élection. A Constantine, les protestataires, représentant plusieurs partis politiques, ont choisi le cabinet du wali pour faire entendre leurs voix et pointer du doigt le FLN accusé de fraude massive dans les communes de la wilaya. A Sidi Bel Abbès, les choses demeurent floues pour l’élection du P/APW, devant la forte pression des partis ayant obtenu des sièges dans la nouvelle assemblée et chaque partie campe sur ses positions. Des partis politiques continuent à dénoncer les résultats du scrutin et les conditions de son déroulement, à l’instar du MSP qui, dans un communiqué rendu public, dénonce la fraude et appelle la justice à être neutre dans le traitement des recours déposés par les partis politiques. De son côté, le MDS insiste sur le taux d’abstention et des votes blancs, pour remettre en cause la représentativité des assemblées élues. Une semaine après le scrutin, la tension n’est toujours pas retombée et malgré les assurances du ministre de l’Intérieur et les appréciations du président de la Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE), beaucoup de choses devraient être revues, en prévision des prochaines élections, au regard de ce qui s’est passé le 23 novembre dernier.