La hausse, à deux reprises depuis 2016, des prix des carburants, notamment celle introduite par la loi de finances 2018, a fini par avoir raison de la tendance à la consommation sans compter, et souvent excessive, bien incrustée chez les automobilistes algériens pendant des décennies.

Intervenant dans une conjoncture de crise économique qui a vu les pouvoirs publics tenter de manœuvrer en mettant en péril plus que jamais auparavant le pouvoir d’achat du citoyen, les relèvements des tarifs à la pompe se sont automatiquement avérés difficiles à contenir par la stratégie mise en place par ce dernier pour subvenir à ses besoins quotidiens et gérer ses comptes de salarié. Cette hausse a donc rapidement eu l’effet contraire chez les consommateurs de carburants dont nombreux ont tout de même préféré continuer à évoluer dans le confort des prix abordables en choisissant de convertir leurs véhicules en GPL/C et profiter des prix restés inchangés, donc toujours nettement en dessous de ceux de l’essence même lorsque celui-ci était à ses plus bas niveaux avant les deux révisons subies par sa valeur marchande. Les tout frais chiffres rendus publics par l’Autorité algérienne de régulation des hydrocarbures (ARH) servent à illustrer l’évolution du marché des carburants en Algérie et mettent en évidence trois facteurs qui ont concouru au recul de la consommation sur ces trois dernières années. L’ARH évoque les prix devenus chers pour de nombreux conducteurs, la chute des importations de véhicules, mais aussi l’affaissement du trafic de carburant aux frontières après le coup très dur asséné par la nouvelle grille tarifaire aux professionnels de cette filière. Les trois paramètres cités par l’agence sont néanmoins loin de constituer un scoop, tellement ils ont été abordés et mis en lumière par le passé. Ils ne semblent pas non plus être les seuls à avoir recadré la consommation des carburants en Algérie. D’autres opérations qui n’ont rien du caractère pénalisant de la hausse des prix ont, eux aussi, joué un rôle important dans la tendance baissière qui caractérise cette consommation. Dans cette logique, il n’y a assurément aucune exagération à mettre en exergue les efforts consentis par l’Etat au profit des transports publics dont notamment le métro d’Alger ou le tramway à travers le pays. Deux moyens de mobilité qui ont rapidement convaincu nos automobilistes à laisser leur voiture au garage, en contrepartie d’un confort qu’ils n’ont plus au volant.