Par Bouzid Chalabi
Comme annoncé dans notre édition du mercredi 19 août, l’opération escargot décidée par les transporteurs de voyageurs et de marchandises, suite à l’absence de dialogue avec le ministère des Transports, a tout lieu de passer à exécution. En effet, le bureau national des transporteurs en a même fixé la date au «2 septembre prochain si, d’ici là, aucun accord n’est conclu avec la tutelle», est-il mentionné dans un communiqué du bureau rendu public dimanche dernier. Ainsi donc l’Union nationale des transporteurs (UNT) vient de lancer un ultimatum au nouveau ministre des Transports Lazhar Hani, afin qu’il entame dans les plus brefs délais un dialogue «sans préalable avec les représentants syndicaux de l’UNT», nous précise une source proche du bureau de l’UNT. Cette dernière nous indique par ailleurs que l’Union a adressé une correspondance au ministère concerné, en date du 18 août, «afin de lui faire part de la plateforme de revendications des transporteurs. Mais depuis, nous n’avons enregistré aucun retour d’écoute.
C’est donc au ministère d’assumer ses responsabilités, car les transporteurs sont décidés à se faire entendre, sinon l’opération escargot prendra effet le 2 septembre». Il convient de rappeler dans ce sens que la menace de recourir à une opération escargot a été cautionnée suite à un vote, organisé lundi 17 août au siège du bureau national de l’UNT situé à la gare routière du Caroubier (Alger), à l’issue d’une réunion marquée par la présence, outre les membres du bureau de cette organisation syndicale, de près d’une centaine de personnes, entre transporteurs et leurs représentants syndicaux venus de plusieurs wilayas du pays.
On a appris de notre source que cette réunion a été organisée suite à une vaine tentative de l’organisation syndicale de rencontrer la tutelle. Concernant les revendications des transporteurs, elles portent essentiellement sur des aides pour la couverture partielle des coûts de maintenance et d’assurance des véhicules et bus qui constituent désormais un lourd fardeau qui pèse sur leur marge bénéficiaire, en sus des grosses pertes induites par la suspension de leurs activités pour cause de la crise sanitaire provoquée par le virus Covid-19. Les transporteurs réclament, également, le gel temporaire des impôts qu’ils doivent payer, en argumentant qu’ils sont de petites entreprises, sans oublier le remboursement des sommes d’impôts qu’ils ont versées depuis l’entrée en vigueur de l’arrêt des transports, fin mars dernier. Pour étayer leurs revendications, ils rappellent dans leur plateforme la décision du chef de l’Etat de geler le paiement des charges financières et des obligations fiscales et parafiscales dues par les opérateurs économiques pour la période correspondant à celle du confinement.
Les protestataires souhaitent aussi que le président de la République intervienne pour prendre en charge leurs revendications. Comme ils déplorent les conditions imposées par les autorités publiques, dont la limitation du nombre de passagers à 50% de la capacité globale du véhicule, qui ne fait que creuser leur perte après plusieurs mois de chômage. Soulignons par ailleurs que Reporters a tenté hier lundi de joindre la Fédération nationale des transporteurs et de marchandise à travers son président Boucherit Abdelkader pour connaître le son de cloche de cette organisation sur le sujet mais ce dernier était aux abonnés absents.
Il y a lieu de rappeler enfin que le nombre de transporteurs que compte le pays s’élève à 360 000, entre chauffeurs de taxi collectif, transporteurs de voyageurs et transporteurs de marchandises. C’est pour dire que si l’opération escargot venait à être exécutée sur le terrain il faut s’attendre à une paralysie du trafic routier qui interviendra avec la rentrée sociale. <