Le ton est monté d’un cran du côté de l’Union nationale des transporteurs de voyageurs (Unat) après une vaine tentative de rencontrer le ministre du secteur Lazhar Hani pour lui faire part des incidences de la pandémie de la Covid-19 sur l’activité des transporteurs et le besoin de leur venir en aide.

Devant cette fin de non-recevoir, le bureau de l’Unat s’est réuni, lundi dernier, en son siège à la gare routière du Caroubier Alger. Une réunion marquée par la présence, outre les membres du bureau de cette organisation syndicale, de près d’une centaine de personnes entre transporteurs et leurs représentants syndicaux venus de plusieurs wilayas du pays, nous a révélé une source proche du bureau. Et de nous confier dans la foulée que ce sont les représentants de Tizi-Ouzou, d’Annaba, de Skikda, Constantine, Djelfa et Saïda qui se sont distingués par leur nombre. Cette même source nous rapporte, par ailleurs, que le président de l’Unat, Mohamed Belal, a lâché tout de go dès l’entame de son intervention qu’il regrettait que la tutelle n’ait pas prévu de rencontrer son organisation. «Une déclaration qui a été suivie d’un intense brouhaha», nous a souligné notre vis-à-vis. On apprend également que le premier responsable de l’Unat a fait savoir aux participants à cette réunion que le syndicat attend une éventuelle réponse des services du Premier ministère pour qu’il fasse partie des membres de la commission d’évaluation des incidences de la pandémie du coronavirus (Covid-19) sur l’économie nationale, créée sur décision du chef de l’Etat. Notons que selon une correspondance datant du 5 août courant, adressée au Premier ministre, dont une copie nous a été remise par notre source, les transporteurs réclament «des aides pour la couverture partielle des coûts de maintenance et d’assurance des véhicules et bus qui constituent désormais un lourd fardeau qui pèse sur leur marge bénéficiaire, en sus des grosses pertes induites par la suspension de leurs activités, à cause du Covid-19», lit-on. Pas seulement, selon des transporteurs contactés hier par Reporters. En effet, nos locuteurs sollicitent à l’unanimité «le gel des redevances fiscales après près de quatre mois sans activité c’est-à-dire sans le moindre revenu au quotidien». Comme ils s’étonnent de la non-application du gel paiement des charges financières et des obligations fiscales et parafiscales alors que «le chef de l’Etat avait décidé de geler le paiement des charges financières et des obligations fiscales et parafiscales dues par les opérateurs économiques pour la période correspondant à celle du confinement». Soulignant selon notre source que le président de l’Unat a martelé enfin que les revendications de l’Unat sont légitimes « et donc nous allons les faire valoir», a-t-il lancé. Dans ce sillage, «le président a fait savoir au parterre que son organisation adressera dans les plus brefs délais une énième correspondance, qui inclura l’ensemble des revendications et dans laquelle sera fixé cette fois, le délai de réponses des autorités», a repris notre source. Tout en nous signalant qu’en cas de non-satisfaction de la plate-forme de revendications, le syndicat menace «de changer son comportement revendicatif», en optant «pour la radicalisation de son mouvement», à savoir «le déroulement d’une opération escargot, au niveau de l’ensemble des routes du pays». «Une suggestion qui a été approuvée suite à un vote organisé en la circonstance», selon toujours notre source.
Il faut dire que si ce recours venait à être exécuté sur le terrain, cela risquerait de provoquer une paralysie de la circulation notamment sur les axes routiers où le trafic est dense. Mais avant d’en arriver là, il y a lieu d’espérer que ce syndicat et la tutelle partagent la même table afin de dégager des solutions.
Il y lieu de rappeler enfin que le nombre de transporteurs que compte le pays s’élève à 360 000 entre chauffeurs de taxi collectif, transporteurs de voyageurs et transporteurs de marchandises. Concernant les bus, ils transportent au quotidien près de 12 millions de citoyens selon les dernières statistiques, c’est-à-dire que leur prestation est d’une grande utilité au sein de la société. n