Le but extraordinaire de Piqueti, les coaches «locaux» qui assurent d’un côté, l’Algérie, le Gabon ou la Côte d’Ivoire déjà au tapis et des pelouses indignes de l’autre, voici les tops et des flops de la Coupe d’Afrique avant les quarts, programmés aujourd’hui et dimanche.

Les tops
Les coachs «locaux». Vont-ils succéder à Stephen Keshi, dernier sélectionneur africain à soulever le trophée en 2013 avec le Nigeria ? Florent Ibenge (RD Congo) et Aliou Cissé (Sénégal) ont terminé premiers de leur groupe respectif et s’affirment grâce à leur «coaching»a judicieux et leur connaissance des réalités du foot africain. Le but extraordinaire de Piqueti (Guinée-Bissau) face au Cameroun. Un contre, un sombrero, une course effrénée de 70 m, un crochet à l’entrée de la surface, un tir dans la lucarne… et le but de la Coupe d’Afrique des Nations millésime 2017. Complètement inconnu -comme le reste de ses équipiers- l’attaquant de Guinée-Bissau Piqueti Djassi Brito Silva a signé une percée digne de Maradona face à l’Angleterre en 1986, en ouvrant le score contre le Cameroun. Pas suffisant pour la victoire finale (défaite 2-1). Mais le joueur du SC Braga (L2 portugaise) a fait honneur au drapeau de son petit pays pour sa première participation à la CAN. Pas sûr qu’à bientôt 24 ans, Piqueti reste encore longtemps dans l’anonymat des divisions inférieures lusitaniennes. Arbitrage sans faute. Et si c’étaient eux les vrais héros du tournoi ? Les arbitres de la CAN-2017 ont fait un quasi sans faute sur les 24 premiers matches. La compétition n’est pas sans enjeu pour ces arbitres: les meilleurs prennent une option pour représenter l’Afrique au Mondial-2018 en Russie. Le record de l’Egyptien Essam El Hadary. Le mythique gardien égyptien, monument des «Pharaons», est devenu à 44 ans le joueur le plus âgé à disputer une phase finale de la Coupe d’Afrique des nations après son entrée en jeu contre le Mali. Remplaçant au coup d’envoi, il est entré en jeu à la 25e minute après la blessure du titulaire Ahmed El-Shenawy. El-Hadary, qui a remporté quatre CAN (1998, 2006, 2008, 2010), a effacé des tablettes son compatriote Hossam Hassan, qui n’avait «que» 39 ans, 5 mois et 24 jours quand il avait établi le précédent record en 2006.

Les flops
Le Gabon sorti précocement à la maison. «On avait tout pour réussir», regrette encore l’attaquant du Gabon et du Borussia Pierre-Emerick Aubameyang, dont la sélection est sortie dès le premier tour, sans perdre ni gagner un seul match. Une première pour un pays-organisateur depuis 1994. La crise post-électorale et les appels au boycott de la CAN d’une partie de la société civile dressée contre Ali Bongo ont forcément touché les joueurs, même retranchés dans leur hôtel. La presse d’opposition a laissé entendre que des joueurs, dont Aubameyang et le gardien Didier Ovono, avaient des proches en prison après les violences post-électorales. Info ou intox? Deux favoris au tapis. Outre le Gabon, l’Algérie et la Côte d’Ivoire, tenant du titre, sont les deux autres grandissimes favoris tombés dès le premier tour. Si pour l’Algérie, qui a connu une valse des sélectionneurs sur les six derniers mois et des problèmes défensifs chroniques, l’échec est une demi-surprise, la contre-performance de la Côte d’Ivoire, invaincue depuis 2015, est plus surprenante. Des affluences très diverses. Le stade d’Oyem en est le symbole: flambant neuf, à grande capacité d’accueil mais à moitié rempli. Parfois même aux deux-tiers vides comme lors des deux derniers matches où il y avait à peine plus de 7 000 spectateurs. A Libreville, le stade de l’Amitié, le navire-amiral de la CAN (40 000 places) a été à peu près plein pour les trois matches du Gabon. Avec, curieusement, des files de spectateurs aux portes du stade au moment du coup d’envoi, si bien que la cérémonie d’ouverture avec Booba en vedette s’est déroulée dans une enceinte à peu près vide. L’ambiance contre le Cameroun était franchement bonne, mais le souffle est retombé dès le jour suivant pour Tunisie-Zimbabwe (4-2) disputé devant 1 800 personnes. Les organisateurs n’ont plus qu’à espérer qu’une autre équipe d’Afrique centrale – Cameroun ou RD Congo – arrive en finale, pour que les Gabonais reviennent au stade.
Des pelouses en état critique. Le sélectionneur du Togo Claude Le Roy, qui a disputé sa 9e CAN, a pointé, furieux, «les ralentisseurs» de la pelouse du stade d’Oyem, tandis que Yacouba Sylla, capitaine du Mali a déploré celle «catastrophique» du stade de Port-Gentil. Les pelouses en mauvais état, c’est un peu un serpent de mer du foot africain depuis des années. Conséquence, un spectacle pas toujours à la hauteur dans le jeu, et un «nivellement des valeurs» selon Hervé Renard entre les équipes.