Les talibans veulent prendre le contrôle du pouvoir en Afghanistan «dans les jours à venir» par un transfert «pacifique», a déclaré un de leurs porte-paroles à la BBC dimanche, alors que leurs troupes encerclent la capitale. «Dans les jours à venir, nous voulons un transfert pacifique» du pouvoir, a déclaré Suhail Shaheen, un porte-parole basé au Qatar dans le cadre d’un groupe engagé dans les négociations. M. Shaheen a exposé les grandes lignes politiques envisagées par les Talibans en vue d’un retour au pouvoir du mouvement islamiste radical, 20 ans après en avoir été chassé par les forces internationales à la suite des attentats du 11 septembre 2001. «Nous voulons un gouvernement islamique inclusif, ce qui signifie que l’ensemble des Afghans seront représentés dans ce gouvernement», a assuré Suhail Shaheen, «nous en parlerons à l’avenir, lorsque la transition pacifique aura eu lieu». Le porte-parole du groupe a également assuré que les ambassades internationales et leurs employés ne seront pas ciblés par les combattants talibans et qu’ils devraient rester dans le pays. «Il n’y a aucun risque pour les diplomates, les organisations humanitaires, personne. Ils devraient tous continuer à travailler comme ils l’ont fait jusqu’à présent. Aucun mal ne leur sera fait, ils devraient rester», a-t-il insisté. Repoussant les craintes d’un retour du pays dans l’époque de la première domination talibane, avec une application très stricte des règles islamiques, M. Shaheen a déclaré que les talibans voulaient désormais ouvrir «un nouveau chapitre» de tolérance. «Nous voulons travailler avec tous les Afghans, nous voulons ouvrir un nouveau chapitre de paix, de tolérance, avec une coexistence pacifique et une unité nationale pour le pays et le peuple afghan», a poursuivi Suhail Shaheen. Alors que de nombreux responsables, soldats et policiers se sont rendus ou ont abandonné leur poste, de peur de représailles envers tous ceux qui auraient travaillées avec le gouvernement encore en place ou les forces occidentales, M. Shaheen a assuré que ces craintes étaient infondées. «Nous voulons de nouveaux assurer qu’il n’y a pas la moindre vengeance contre quiconque. Si cela se produit, il y aura enquête». Le porte-parole a enfin estimé que le groupe devrait revoir prochainement ses relations avec les Etats-Unis, marquées jusqu’ici par deux décennies de conflit. «Notre relation est désormais du passé», a-t-il jugé, «pour le futur, cela concernera uniquement nos choix politiques, rien de plus, il s’agira d’un nouveau chapitre de coopération». n