La grève de deux jours à laquelle ont appelé des syndicats de la Fonction publique a eu lieu
et a touché plusieurs secteurs. Le mot d’ordre lancé par vingt-huit organisations syndicales a eu son effet. Des travailleurs non syndiqués ont rejoint ce mouvement.

PAR MILINA KOUACI
Une grève qualifiée par ses animateurs de plus que satisfaisante pour son premier jour puisqu’elle a fait un carton dans plusieurs wilayas et dans différents secteurs de la Fonction publique comme celui de l’Education, de la Santé, des Finances et de l’Intérieur. Les travailleurs des secteurs de l’éducation, des praticiens de santé publique, des biologistes, des fonctionnaires des impôts et des assemblées communales ont répondu massivement au mot d’ordre, contrairement à celui de la formation professionnelle, souligne M. Amoura. Dans l’ensemble, ce mouvement est une «réussite», indique Boualem Amoura, coordinateur de la Confédération des syndicats algérien (CSA). Il a fait savoir que dans certaines wilayas, des sections locales de l’UGTA ainsi que des travailleurs sans appartenance syndicale ont rejoint la grève. «Encouragés par la dernière sortie médiatique du président de la République, des travailleurs sans couleur syndicale ont rejoint le mouvement», dit M. Amoura. Lors d’un entretien périodique avec la presse nationale, le président «a cherché l’apaisement, estime le coordinateur de la CSA, en reconnaissant la légitimité de notre revendication liée à l’amélioration du pouvoir d’achat et de notre mouvement de grève, contrairement à son ministre du Travail qui a versé dans la menace et déclaré notre débrayage illégal». Boualem Amoura a exprimé sa satisfaction de la réaction du président qui «n’a pas ignoré les travailleurs ni répondu négativement. Au contraire, il a contredit son ministre du Travail», souligne le coordinateur de la CSA.
De son côté, le porte-parole de l’Unpef, Abdelouhab Lamri Zegar, a fait savoir que les travailleurs du secteur de l’Education ont réagi favorablement à l’appel. «Cette grève est un franc succès dans le secteur de l’Education. Le taux enregistré oscille entre 50% et 90%». Dans les wilayas de Béjaïa et de Ghardaïa, ajoute M. Zegar, les secteurs de la Fonction publique ont été «totalement paralysés». Il y a lieu de rappeler que la décision de grève a été prise suite à «la grave détérioration du pouvoir d’achat, conséquence de la flambée des prix des produits de large consommation». Pour les protestataires, les dernières décisions du gouvernement relatives à la réduction et à la suppression de l’IRG et la nouvelle grille indiciaire des salaires n’ont eu aucune incidence positive sur le pouvoir d’achat des travailleurs. Evoquant ainsi la possibilité d’aller vers d’autres actions «plus radicales», la CSA a revendiqué l’augmentation à 100 DA de la valeur du point indiciaire (actuellement fixé à 45 DA), la création d’un Observatoire national du pouvoir d’achat, la révision du dossier des primes et l’actualisation de la prime de zone sur l’actuel SNMG au lieu de celui de 1989.
Pour sa part, le ministère du Travail a déclaré jeudi dernier la grève illégale, en indiquant que la Confédération des syndicats algériens (CSA) n’a pas reçu à ce jour le récépissé d’enregistrement de sa déclaration de constitution lui permettant d’activer légalement et ce, pour non-conformité du dossier aux dispositions de la loi n 90-14, relative aux modalités d’exercice du droit syndical, alors que les Syndicats algériens du secteur de la Fonction publique (SASFP) ne constituent pas une organisation syndicale reconnue au sens des dispositions de la loi n°90-14. Par conséquent, tout mouvement initié par ces organisations est une violation des dispositions légales en vigueur en matière d’exercice du droit syndical. Cependant, les syndicats ayant participé à la réunion du 16 avril dernier ont déposé individuellement un préavis de grève auprès de leur tutelle respective. «Les syndicats n’ont pas agi sous la coupe de la Confédération des syndicats autonomes (CSA) se sont mis d’accord pour faire une action commune car nos revendications concernent l’ensemble des fonctionnaires», a précisé M. Zegar. <