Le 1er-Mai n’a pas été une journée de repos pour tous les travailleurs. Ceux fédérés dans une organisation syndicale n’ont pas «chômé», affairés à animer des conférences-débats ou à battre le pavé pour défendre les « libertés syndicales ». A commencer par l’Intersyndicale, qui a mobilisé ses adhérents !

Elle a organisé, hier, au siège du Cnapest, une conférence-débat sur la représentativité syndicale. Le porte-parole du Cnapest, Messaoud Boudiba, nous a déclaré que la conférence organisée au nom de l’Intersyndicale a vu la participation de deux intervenants, à savoir Nour Eddine Bouderba, comme consultant spécialiste des situations sociales, et M. Aazi, ancien militant syndicaliste. Le débat a porté, selon M. Boudiba, sur l’activité syndicale et les mesures prises par le ministre du Travail sur la représentativité syndicale. A ce propos, les intervenants et les participants ont réitéré leur position, considérant que ces dernières mesures sont «illégales» et portent « atteinte aux libertés syndicales ». Selon eux, cela «va conduire à une anarchie dans le secteur avec des conflits entre les différents acteurs». «On aurait aimé que le ministre du Travail évite ce genre de dérapage», a déploré M. Boudiba, qui a fait savoir que l’exercice syndical n’a pas changé tout en respectant les lois de la République. « On a déposé le recensement syndical suivant l’arrêté ministériel », a-t-il expliqué, indiquant « qu’ils ne sont pas inquiets de ce côté, mais des déclarations des responsables de secteurs qui n’ont pas de relation avec la loi ; ce qui va conduire à la création de problèmes au niveau de l’activité syndicale». Concernant le droit à la grève, le syndicaliste a rappelé que « toutes les lois protègent ce droit », mais il a regretté  le manque de dialogue avec le ministère de tutelle.
«Le ministère du Travail s’est adressé directement à la presse sans nous contacter », déplore-t-il.  Côté démonstration de rue, c’est dans la wilaya de Béjaïa qu’une «marche commune unitaire a été organisée par les syndicalistes, la société civile et quelques partis politiques », selon le président du CLA, Idir Achour, avec pour itinéraire de la maison de la culture jusqu’au siège de la wilaya. En revanche, d’autres syndicats n’ont pas animé d’activité en cette journée de lutte pour les droits des travailleurs. C’est le cas du Syndicat des paramédicaux, qui dit avoir manqué au rituel pour une bonne raison ! « Durant cette journée, les paramédicaux travaillent et assurent des gardes », a déclaré le président du syndicat, Ghachi Lounes. C’est le cas également du Syndicat national des praticiens spécialistes, qui a affirmé, par la voix de son président, Mohamed Yousfi, qu’il n’a pas organisé d’activités à cette occasion.