C’était imminent, désormais c’est officiel. L’entreprise «Serport» est devenue, depuis lundi dernier, actionnaire majoritaire de l’USM Alger en succession à l’ETRHB qui a cédé ses parts évaluées à 94.34%. Une reprise venue tourner la page de la famille Haddad qui avait racheté le club en 2010. Elle permet aussi d’envisager une sortie de crise pour les Usmistes qui connaissent un exercice 2019-2020 très compliqué.

L’Assemblée générale extraordinaire (AGEx) pour la cession des parts était prévue pour le 12 du mois en cours. Mais il faut croire que l’arrestation et la mise en détention provisoire d’Ali Haddad, frère d’Ali et ancien vice-président des « gars de Soustara », a précipité les choses. C’est donc lundi après-midi que l’avènement de la société des services portuaires «Serport» à la tête du sigle de la capitale a été officialisée. Une signature qui s’est faite en présence des treize actionnaires de la SSPA/USMA et du P-DG du Groupe «Serport», Achour Djelloul. Étaient recensés à cette AGEx le secrétaire général Halim Hamoudi, le président des filiales du Groupe Mustapha Laidouni et Meziane Haddad, représentant du groupe ETRHB outre le représentant de la justice.

Budget annuel de 120 milliards de centimes
La transaction, pourtant complexe sur le plan juridique, a ressemblé à une formalité. Sachant que les pouvoirs publics, à leur tête le Président de la République, Abdelmadji Tebboune, étaient derrière cette démarche, elle ne pouvait que se concrétiser sans véritable encombre. Surtout que le team algérois cumulait une dette de 109 milliards de centimes hors les salaires impayés. En tout cas, les inconditionnels de l’ «Ittihad» semblaient soulagés après que la venue de ‘’Serport’’ a été actée. Ils placent beaucoup d’espoir en cette dernière pour faire des «Rouge et Noir» une référence dans le football circus algérien. D’autant plus que nos sources nous ont indiqué que le budget annuel de l’USMA sera de 120 milliards de centimes. Une enveloppe qui devrait suffire pour reconstruire une équipe costaude et jouer sur tous les fronts sans connaître la crise financière qui a saboté l’exercice en cours du champion d’Algérie sortant. Aujourd’hui, le détenteur du Bouclier de Ligue 1 est 11e avec 25 points. Six longueurs le séparent de NC Magra, premier non-relégable. Pas la meilleure posture qui soit…

« Projet footballistique grandiose »
« Nous avons un projet footballistique grandiose pour l’USMA, à la hauteur du standing de ce club mythique et de ses nombreux fans. Un projet que nous comptons mettre en place progressivement. 2020 est l’année de la remise sur les rails de ce prestigieux club. Pour la saison actuelle, notre objectif est de finir sur le podium, ce qui donnerait au club le droit de participer à une joute continentale. Aujourd’hui, nous avons tout le soutien des pouvoirs publics, y compris de la part du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune qui n’a pas cessé de nous le répéter.
C’est dans cet esprit que nous comptons  nous lancer dans un tel projet », avait indiqué Achour Djelloul, patron de l’ex SGP SOGEPORTS, au moment d’émettre la volonté de prendre les rênes administratives de la franchise unioniste. Se trouvant à
8 points du podium à 10 journées de la fin du challenge national, il sera difficile de s’offrir une place dans une compétition africaine. Notamment quand on sait que la Coupe d’Algérie, dont la victoire finale aurait pu donner un ticket pour la Coupe de la Confédération CAF, a tourné court pour les coéquipiers de Rabie Meftah éliminés en 1/16 de finale. Aussi, on notera le départ de la barre technique de Dziri Bilel qui a jeté l’éponge après la défaite dans le derby infligée par le MC Alger. Son successeur devrait, selon nos sources, être Mounir Zeghdoud, lui aussi ancien de la maison. La mission sera de regagner après 9 matchs sans le moindre succès toutes compétitions réunies. Ça serait la première pierre pour envisager ce qui s’apparente à une remontée spectaculaire.