Les supporters algériens sont de plus en plus nombreux dans la capitale égyptienne. Au fur et à mesure que le jour « j » approche, il ne devient plus rare de rencontrer dans les rues des groupes vert-blanc-rouge donnant de la voix, malgré la chaleur suffocante du Caire. Arrivés de Batna pour les demi-finales, Kamel et Adel ont décidé de rester même si leurs billets de retour ont expiré. Rencontrés sur le pont Kasr al-Nil en train de prendre des photos ils sont reconnaissables aux maillots de l’équipe nationale qu’ils arborent. Ils n’ont pas de billet de retour, mais pour l’heure ils préfèrent ne pas y penser. « Les gens à Alger sont prêts à donner une fortune pour être ici », « il faut être complètement fou pour venir jusqu’ici et rater la finale », disent-ils unanimement. Les deux amis sont contents de leur séjour en Egypte. Et surtout agréablement surpris par la gentillesse des Egyptiens. « Ils nous supportent corps et âmes, on est loin des préjugés que nous avions sur les Egyptiens. » Ils payent 300 livres égyptiennes (environ 3000 DA) la nuit dans une chambre « potable, avec douche et climatiseurs ». Ils sont étonnés de l’amabilité et du soutien des Egyptiens. « Ils ont quand même peur de nous », affirme avec un éclat de rire Adel « c’est l’effet Oum Dourman, tu vois ! ». Il y a également les inévitables supporters « ultras » arrivés récemment et ayant une attitude navrante. Durant la demi-finale il y a eu de la tension avec une minorité de spectateurs égyptiens qui ont applaudi le but du Nigeria. Certains ont été arrêtés et emmenés à l’aéroport, direction Alger. « Il y a une minorité venue avec nous dans le même avion qui doit être encadrées », « tu es à l’étranger tu dois respecter les gens du pays pourquoi faire dans la provocation ? », estime Hamid de Souk-Ahras.  « Je ne comprends pas comment on laisse ces individus embraquer vers un pays étranger sans se soucier de l’image du pays ? », se demande-t-il. Le gros des Algériens est logé dans les quartiers Ramsis et Al Tahrir, une petite minorité, mais aussi à al Mouhandissin, quartier plus tranquille. C’est le programme du Touring club. Certains ont préféré s’en substituer et changer de résidence. Ils louent des appartements en groupe, c’est plus confortable. Se promenant dans le quartier populaire Sayeeda Zineb, Karim 35 ans professeur dans un centre de formation professionnel à Mascara et Hamid son ami, sans emploi, se sentent comme des poissons dans l’eau. Les deux amis ont loué une chambre d’hôtel dans ce quartier par hasard par l’entremise de la plateforme international Booking.
«C’est mon frère vivant en Pologne qui m’a fait la réservation pour cette chambre», dit l’un deux. Ils payent 700 livres égyptiennes (7000 DA à peu près) la nuitée. Grâce à leurs économies, ils ont sauté sur l’occasion qu’offrait le Touring club. Question récurrente : comment ça se passe avec les Egyptiens ?
«Merveilleusement bien, ils n’arrêtent pas de nous inviter chez eux à manger, dès qu’ils savent que nous sommes Algériens ». La grande angoisse : la quête des tickets d’entrée au stade pour la finale. Le smartphone collé à l’oreille, ils sont à l’affut des nouvelles. «Il parait que la Fédération va distribuer des billets au niveau de l’ambassade », annonce l’un d’eux. Les supporters arrivent à se fondre dans cette ville tentaculaire. Habitués à la débrouille et maitrisant la langue, ils ne trouvent pas de grosses difficultés à se mouvoir. Sur les terres des pharaons, le douzième homme est au rendez-vous. Pour vendredi soir, le Cairo stadium devrait vibrer comme un seul homme « one, two, three, viva l’Algérie ! ».n