La lutte contre la pandémie de coronavirus est loin d’être terminée et l’apparition des deux nouveaux variants britannique
et nigérian ne fait que renforcer cette affirmation des spécialistes. Une raison qui les pousse à multiplier leurs appels et recommandations à plus de vigilance, en sus de la vaccination en cours, soulignant que celles-ci restent les seuls moyens qui peuvent faire éviter au pays une recrudescence des cas confirmés de Covid19 et de ses variants. Il s’agit également d’augmenter les opérations de séquençage, ce à quoi l’Institut Pasteur d’Algérie s’attelle par l’acquisition de nouveaux appareils.

En deux semaines, l’Algérie a enregistré 28 cas de variants. Le premier à avoir été détecté est le variant britannique annoncé le 25 février et le second est le variant nigérian annoncé jeudi dernier par l’Institut Pasteur d’Algérie. La propagation de nouveaux cas des nouvelles souches de Covid-19 n’est pas exclue puisqu’en une semaine l’Algérie en a détecté 20, à savoir 7 cas du variant britannique et 13 autres du variant nigérian. Des enquêtes épidémiologiques sont en cours pour les cas détectés dans les wilayas où ont été découvertes les personnes infectées.
S’exprimant à propos des variants et notamment le nigérian, le Pr Ryad Mehyaoui, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, ne s’est pas montré alarmant mais a, toutefois, préconisé une grande prudence en évoquant l’indispensable respect des gestes barrières.
«L’apparition des nouveaux variants de coronavirus en Algérie était prévisible à l’instar de ce qui s’est passé dans de nombreux pays du monde entier», a-t-il d’abord dit, avant de souligner que «le variant nigérian est présent dans treize pays qui ont déclaré des cas» et que son apparition en Algérie n’était pas une surprise. «Nous nous attendions à ce qu’il y ait des cas en Algérie car c’est une évolution normale du virus», a déclaré le Pr Mehyaoui.
L’apparition de deux variants de Covid-19 doit être suivie par l’augmentation des capacités de séquençage et c’est ce que prévoit l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) qui a engagé des opérations dans ce sens par l’acquisition de nouveaux appareils, selon le membre du Comité scientifique. «Actuellement, les opérations de séquençage sont faites de façon automatique sur les tests RT/PCR positifs suspects de variants. Mais à ce jour, l’IPA reste le seul endroit où les séquençages sont effectués, de façon professionnelle, et j’espère que les dix séquenceurs commandés par l’Institut Pasteur vont bientôt entrer en action», a indiqué le Pr Mehyaoui, qui a insisté sur les consignes qu’il n’a eu de cesse de recommander, à l’instar de tous les professionnels de la santé. «La prudence est toujours de mise et encore plus depuis l’apparition des variants. On doit continuer à respecter les gestes et appliquer vigoureusement les mesures comme le port du masque, la distanciation physique et le lavage des mains».
Pour sa part, le Dr Mohamed Yousfi, président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP), qui plaide lui aussi pour le respect des gestes barrières, estime qu’il faut également «une plus grande communication à l’adresse des citoyens afin de sensibiliser sur les variants», ainsi qu’«une communication plus transparente à l’adresse des personnels de la santé pour qu’ils puissent informer et sensibiliser les malades qu’ils reçoivent sur ces les nouveaux variants».
La lutte contre la pandémie de coronavirus étant intimement liée à la vaccination, le Dr Yousfi est revenu sur cette question, affirmant que celle-ci reste toujours «doit être accompagnée du respect des mesures barrières qui restent les mêmes» que celles du Covid-19. «Les mesures de prévention doivent être maintenues car nous ignorons encore les données sur l’efficacité du vaccin contre ces variants, notamment le nigérian», a-t-il indiqué.
De son côté, le Pr Kamel Djenouhet, président de la Société algérienne d’immunologie, a estimé que les vaccins actuellement administrés remplissent les critères d’efficacité concernant le variant britannique et un peu moins concernant le variant nigérian. «La plupart des vaccins sont toujours efficaces, même si dans certains cas cette efficacité a baissé», a-t-il affirmé. Il étaye ses propos en précisant qu’il ne faut pas perdre de vue que «les organismes de régulation mais surtout l’Organisation mondiale de la santé qui a exigé une efficacité des vaccins de 50 à 52%». «Je pense que tous les vaccins ont atteint cet objectif», a-t-il conclu.
Toujours à propos de la vaccination, il convient de noter que l’Algérie s’attend à recevoir «700.000 doses du vaccin russe Spoutnik V durant le mois en cours», selon le directeur général de l’IPA cité par la Radio nationale, qui a ajouté qu’«à la fin du mois en cours, on atteindra le million de doses de vaccins importées».
Pour rappel, l’IPA a annoncé, jeudi 11 mars, la confirmation de 7 nouveaux cas de variant britannique et de 13 nouveaux cas de variant nigérian. Pour ce qui est des cas confirmés du variant britannique, il s’agit de 5 cas de la wilaya d’Alger (dont trois de la même famille, ayant été en contact avec l’un des cas détectés la semaine dernière) et de 2 cas de la wilaya de Blida.
Pour ce qui est des cas confirmés du variant nigérian, il s’agit de de 3 cas dans la wilaya d’Alger (dont deux de la même famille), 6 cas dans la wilaya de Tébessa, de 2 cas à In Salah et d’un seul cas dans chacune des wilayas de Souk Ahras et d’Ouargla (Hassi Messaoud).