Les souscripteurs au projet Omnibat occuperont-ils les appartements pour lesquels ils ont signé un bail un jour maudit de l’année 1999 ? Rien n’est moins sûr. C’était au siècle dernier, et la plupart des souscripteurs avaient une confiance aveugle en le promoteur,

« un fils de moudjahid très connu, doublé d’un homme sérieux dans son travail », nousa confia Chaâbane, un des tenants du sit-in devant le cabinet du wali. Un énième sit-in, une ixième protesta pour un projet qui devait être livré en 2006. Tous les walis qui se sont succédé à Constantine avait promis « une prochaine résolution de l’affaire dans les prochaines semaines ». Ils avaient oublié de dire de quelle année… Depuis, de promesses en menaces, de sit-in en rencontres avec les membres de l’exécutif, les souscripteurs attendent et attendent… « Nous avons donné au promoteur 80 millions en 1999. Il ne se manifeste cette année que pour nous demander des rallonges pour un projet qui n’avance pas d’un iota. Sur place, nous trouvons parfois quatre ou cinq ouvriers qui font semblant de travailler, pour donner le change. Mais réellement, tout est bloqué », nous dira notre interlocuteur, qui affirmera que pour caser sa petite famille il a eu recours à des locations qui lui ont couté bien plus que les 80 millions avancés pour « son » appartement fantôme.
Les multiples actions de protestation et les pressions exercées par les walis ont eu pour effet de faire sortir le promoteur de son silence, puisqu’il s’engagera de reprendre le chantier et de livrer les immeubles A et C dans les trois mois. Mais toujours pas de quelle année… Les souscripteurs se sont même déplacés en masse, à l’entame de l’année 2015, au ministère de l’Habitat. Avec le ministre, ils se sont engagés à achever eux-mêmes l’intérieur de leurs appartements, à condition que le promoteur achève le gros œuvre. Les services de la tutelle ont chargé la Direction de l’urbanisme, de l’architecture et de la construction (DUAC) et celle du logement (DL) d’accompagner l’opération et d’assister les souscripteurs et… le promoteur dans leur travail. Mais depuis, rien n’a bougé. L’association, qui a été créée par les souscripteurs, s’enlise dans les promesses des autorités et les menaces du promoteur. « Nous sommes tombés sur un ponte du FLN (le promoteur : ndlr), tout ce que nous obtenons come promesse s’évanouit le lendemain après des interventions de hauts placés. Mais nous n’allons pas baisser les bras, et nous comptons, dans les prochains jours, retourner au ministère de l’Habitat pour voir le nouveau ministre. Notre salut est peut-être entre ses mains », conclura, sans clore le débat, le président de l’association.H. B