L’image pourrait faire sourire certains ou en agacer d’autres. Pourtant, elle est bien réelle et s’applique parfaitement aux sidérurgistes, métallurgistes et autres salariés du complexe Sider d’El Hadjar.

Hormis les femmes enceintes et celles ayant des enfants en bas âge, ils étaient 4 000 à reprendre le travail, hier, après les trois mois de congé exceptionnel imposé par la crise sanitaire et le risque de propagation du nouveau coronavirus Covid-19. Tous sont confrontés aujourd’hui à une situation, où ce géant aux pieds fragiles de l’industrie lourde algérienne fait face à de sérieuses difficultés financières et de production. En effet, si le retour au travail du personnel s’est effectué hier selon les normes sanitaires requises (encadrement médical et opérations de désinfection à tous les niveaux de la chaîne industrielle et de travail), la situation de leur complexe demeure percluse de questions sur son avenir et la capacité de son management de le relancer après une
accumulation décennale, voire davantage, de problèmes et de défaillances devenus aujourd’hui structurels. Le nouveau patron Reda Belhadj, installé après le
limogeage de l’ancien PDG Chemseddine Mattalah, remercié pour incompétence, doit relancer l’exploitation du Haut-fourneau numéro 2, une structure qui fait des siennes en dépit de multiples réparations anciennes alors qu’elle représente le premier maillon de la chaîne de production de fer et d’acier du complexe. Il fait face à un déficit budgétaire de 1 400 milliards de centimes, chiffre annoncé en 2019, et des difficultés à assurer l’équilibre financier et les salaires des employés du complexe qui sont quelque 4 500 personnes au total. Certaines sources avancent même un effectif de 6 000 personnes. Coup de pouce de l’Etat, il a été fait depuis septembre 2019 obligation à «toutes les entreprises en charge de la réalisation des projets publics d’approvisionner leurs chantiers exclusivement en fer produit localement, essentiellement à partir du complexe d’El Hadjar». Une condition «introduite dans les cahiers des charges relatifs à tout projet financé par le Trésor public». Et une initiative pour «traiter immédiatement les différentes entraves au fonctionnement» du site et «relancer son activité selon les normes en vigueur, développer ses capacités de production et promouvoir le produit national», avait-on souligné à l’époque. n