La Chambre de résolution des litiges (CRL) a reçu de nombreuses requêtes
de la part des joueurs évoluant en Ligue 1 n’ayant pas perçu leurs salaires en totalité. Protégés par des contrats et pouvant même saisir la FIFA pour obtenir leurs dus, les footballeurs n’hésitent plus à réclamer leurs mensualités impayées. Selon des informations en provenance de la CRL, les 20 teams de la D1 Pro ont cumulé des dettes salariales à hauteur de 86 milliards de centimes jusqu’à juillet écoulé. Une somme sans précédent !

Par Mohamed Touileb
La gestion dans le football national allait déjà mal. Et avec la pandémie du Coronavirus, la situation ne pouvait qu’empirer. Les clubs ne se retiennent pas à changer la moitié, voire les deux tiers de leur effectif à chaque intersaison. Il n’y a pas de politique réelle pour avoir une gestion financière en adéquation avec ce qui se fait un peu partout dans le monde chez les clubs qui ont un statut professionnel.

Fausses promesses et chantage
Ainsi, quand ils font signer de nouvelles recrues, les présidents de club promettent des émoluments conséquents. Un engagement qu’ils ne peuvent pas tenir au final. Souvent, les signataires ne touchent que 8 mensualités sur 12 au meilleur des cas. Et ce, même quand l’équipe est gérée par une entreprise étatique. Pour les employeurs qui n’ont pas de mannes financières constantes, les choses sont naturellement plus «dramatiques».
A titre d’exemple, il y avait des joueurs à la JS Kabylie qui sont restés plus de 9 mois sans percevoir leur dus. On parle là d’un club qui jouait les premiers rôles et atteint une finale africaine (Coupe de la Confédération CAF) en plus d’avoir remporté la Coupe de la Ligue. Ces scénarios forcent le départ massif des footballeurs au terme de l’exercice quand certains ne vont pas au clash plus tôt dans la saison. Et dans la majorité des cas, les patrons n’hésitent pas à exiger d’un joueur qu’il renonce à son argent pour obtenir sa lettre de libération.

Derniers de la classe et premiers endettés
Cependant, de plus en plus, les employés font valoir leurs droits contractuels en saisissant la CRL. Et les plus mauvais élèves de la classe sont bien évidemment les derniers. En effet, la JSM Skikda (15 milliards) et l’AS Ain M’lila (12 milliards) et l’USM Bel Abbes (20 milliards), toutes relégués au terme de l’opus 2020-2021, totalisent 47 milliards de centimes en dettes. L’on se demande donc comment les obliger à payer d’autant plus qu’ils vont évoluer dans le second palier où les recettes sont moins conséquentes.
Par ailleurs, on peut souligner que parmi les 16 formations qui évolueront dans le palier suprême pour la séquence 2021-2022, il n’y a que l’ES Sétif qui a une balance à 0 dinars. Les Sétifiens ont épongé l’ardoise après avoir connu de vraies turbulences en raison d’une crise financière aigüe. Le vice-champion d’Algérie a même failli être privé de disputer la Ligue des Champions CAF en plus de l’interdiction de recruter brandie par la FIFA dans l’affaire Malik Touré. Quand on sait que les teams les plus prestigieux et titrés ont du mal, pas la peine de faire l’état des lieux des écuries de seconde catégorie.