Djamel Belmadi a un contrat qui court jusqu’à la Coupe du Monde 2022 au Qatar en cas
de qualification à ce rendez-vous avec l’équipe nationale. A partir de là, on peut certifier que le sélectionneur de l’Algérie restera en place peu importe le changement qui sera opéré au sommet de la Fédération algérienne de football (FAF). Au-delà de son engagement contractuel, il a un pacte moral avec ses joueurs.

Par Mohamed Touileb
Pour ceux qui ont assuré que la non-reconduction de Zetchi à la tête de l’instance footballistique le pousserait à démissionner, la rumeur n’a pas vraiment l’épaisseur nécessaire pour être considérée comme une information crédible. Même si dans l’univers du foot, notamment en Algérie, les choses peuvent aller très vite. Surtout que la gestion n’obéit pas vraiment à des paramètres « rationnels ».

Conférence de presse, annulation et supputations
La propagation de ces « ragots » concernant l’avenir de Belmadi sur les réseaux sociaux ne serait pas plus que de la manipulation médiatique déclenchée par les relais du patron de la FAF sortant. Elles ont pour but de créer la confusion. Notamment après que le coach des « Verts » a décidé de ne pas animer sa conférence de presse programmée dimanche dernier.
Cette annulation de dernière minute avait donné lieu à des (sur)lectures concernant la position du driver de l’EN par rapport au sort réservé à celui qui lui avait les rênes de la sélection à partir d’août 2018. Cependant, comme nous l’avons mentionné dans notre livraison de dimanche, le coach des « Fennecs » ne veut pas vraiment se mêler de ce conflit entre le Ministère de la Jeunesse et des Sports (donc les autorités) et le premier décideur de la balle ronde du pays. Concrètement, ce bras de fer dépasse Belmadi qui est, comme on l’a vu par le passé, adepte de la communication assez offensive bien que mesurée. L’ancien premier responsable de la barre technique d’Al-Duhail (Qatar) savait parfaitement que tout ce qu’il aurait dit lors du face à face avec les journalistes aurait pu se retourner contre lui. D’autant plus que la déformation des propos et le colportage des déclarations caractérisent le journalisme sensationnel en quête de buzz.

Tant qu’il garde ses prérogatives…
A partir de là, l’absence de Belmadi à l’oral était une stratégie prudente. Certes, elle a aussi laissé place à l’inquiétude des supporters d’« El-Khadra ». Principalement parce que l’ancien numéro 10 de l’EN n’a pas donné un avis clair sur la situation. Néanmoins, quand on analyse ses récentes sorties, on peut vite conclure que sa présence sur le banc des Guerriers du Désert n’est, en rien, conditionnée, par celle de Zetchi sur le fauteuil de la FAF.
« Les candidats pour les élections de la FAF doivent montrer leurs projets et convaincre tout le monde pour être élu. De mon côté, je refuse que mon nom soit aligné avec l’un des candidats. Je suis sélectionneur de l’EN et je ne peux pas me permettre d’exprimer un avis sur le prochain président », avait-il lâché en marge de l’inauguration du centre de formation à Sidi Bel-Abbès le 1er février dernier. En gros, cette mise au point ressemble à un « je me contente de faire mon travail de sélectionneur tant que j’ai les pleines prérogatives du poste.» Le reste n’est que spéculations.