Les retraités, invalides et radiés de l’ANP ont investi à nouveau la rue, hier, pour faire valoir leur plateforme de revendications. Malgré le «verrouillage» de la capitale, ils étaient des centaines à tenter d’atteindre le cœur de la capitale pour y tenir un rassemblement national.
Les accès à la capitale ont été littéralement verrouillés par la gendarmerie depuis samedi soir pour empêcher les militaires à la retraite de tenir leur sit-in. Cependant, déterminés à faire entendre leur voix, une centaine de retraités et d’invalides de l’Armée nationale populaire ont pu atteindre la capitale et tenir un sit-in au square Port Saïd d’Alger. Ils étaient quelques centaines à la placette, encerclés par un important dispositif policier. Se disant lésés, notamment après l’échec des négociations avec le ministère de la Défense nationale, ils ont, encore une fois, investi la rue pour demander l’application des textes de loi qui permettent la hausse de leurs pensions et retraites. Tous les voyageurs venant de l’intérieur du pays, notamment ceux de l’Est, ont eu toute la latitude de le vérifier à leurs dépens. Tout près de Lakhdaria, sur l’autoroute Est-Ouest, l’imposant barrage de la gendarmerie, dressé depuis quelques semaines déjà, était toujours en place. Une dizaine de fourgons étaient garés sur le bas-côté de la chaussée, alors que des automobilistes étaient soumis au contrôle. Un dispositif similaire est également de mise du côté de Boudouaou, où la voie menant vers l’autoroute Est-Ouest a été complètement fermée.
Alger verrouillée !
C’est également le cas à hauteur de Réghaïa et Dar El-Beïda. Une situation qui a provoqué ainsi de gros embouteillages. Selon des images qui ont circulé sur les réseaux sociaux, d’autres barrages dressés à d’autres points d’accès de la capitale étaient toujours maintenus. Passons sur le dispositif déployé en plein cœur de la capitale, où plusieurs dizaines de fourgons ont été disposés en haies entre la place Audin et la Grande-Poste, comme pour réduire et entraver le flux des manifestants.
Désormais, chaque sortie des retraités et rappelés de l’ANP requiert une mobilisation sans précédent des policiers et des gendarmes pour y faire face. Il y a lieu de rappeler que depuis le début de l’année 2018, les tentatives de rassemblement des retraités de l’ANP ont à chaque fois provoqué une forte mobilisation des forces de l’ordre et d’immenses embouteillages. La manifestation la plus spectaculaire a eu lieu le 19 septembre 2018. Des milliers de protestataires sont alors restés bloqués, encerclés par les forces de l’ordre, au niveau de Haouch El-Makhfi, à l’entrée de la capitale, pendant cinq jours.
Notons que les revendications des protestataires concernent essentiellement une hausse des pensions et des retraites, une prise en charge médicale de qualité pour tous les militaires à la retraite atteints de maladies, des quotas de logements sociaux pour les retraités de l’armée et ayants droit et l’octroi de licences d’exploitation de taxi.
Pour rappel, au début de l’année 2017, le ministère de la Défense nationale avait assuré que l’opération «d’étude des recours, au cas par cas, demeure toujours en cours au niveau des caisses régionales des retraites militaires ». Le Haut-commandement de l’armée algérienne avait fait part également de sa volonté de procéder à la régularisation de l’ensemble des dossiers en vue de permettre à cette catégorie l’accès à tous leurs droits, dont les pensions de retraite et d’invalidité, ainsi que la sécurité sociale. Cependant, ces assurances et promesses n’ont pas été tenues, affirment les retraités, blessés et radiés de l’ANP.