La marche des anciens appelés, radiés et retraités de l’Armée a été, hier, empêchée d’atteindre la capitale. Les forces de l’ordre, déployées en nombre à l’entrée d’Alger, plus précisément à Réghaïa, ont repoussé les centaines de militaires retraités qui avaient démarré tôt dans l’objectif d’accéder à Alger et d’y organiser un sit-in ouvert à Bab El Oued.

Comme attendu, la marche vers Alger depuis Bouira et Blida, à laquelle a appelé la Coordination nationale des rappelés du service national, a été empêchée, hier, par les services de sécurité. Ainsi, les marcheurs, près de 400 selon les services sécuritaires, ont tenté de marcher vers la capitale en empruntant l’autoroute Est-Ouest, mais ils ont été stoppés par les éléments de la Gendarmerie nationale.
Ainsi, les anciens éléments des corps de sécurité sortent à nouveau de leur réserve pour exprimer des revendications d’ordre social. Les contestataires réclament une reconnaissance de leurs sacrifices durant les années 90. Ils revendiquent une indemnisation avec effet rétroactif depuis la date de leur radiation, des retraites proportionnelles, la priorité en termes d’accès au logement et à l’emploi, la réintégration des éléments encore en âge de servir, ainsi que la prise en charge médicale des personnes ayant contracté des maladies suite à des mesures disciplinaires abusives, l’augmentation des pensions de retraite.
Au début de l’année 2017, le ministère de la Défense nationale avait assuré que l’opération «d’étude des recours, au cas par cas, demeure toujours en cours au niveau des caisses régionales des retraites militaires». Le Haut-commandement de l’Armée algérienne avait fait part également de sa volonté de procéder à la régularisation de l’ensemble des dossiers en vue de permettre à cette catégorie l’accès à tous leurs droits, dont les pensions de retraite et d’invalidité, ainsi que la sécurité sociale. Malgré les assurances du ministère de la Défense nationale, les rappelés du service national persistent à vouloir faire entendre leurs voix.

Les services sécuritaires sous pression

Désormais, chaque sortie des rappelés requiert une mobilisation sans précédent des policiers et des gendarmes pour y faire face. Des dispositifs particuliers qui viennent, bien sûr, s’ajouter au travail quotidien de terrain des policiers et gendarmes sur le front de la lutte contre la délinquance. Dans les faits, sur le terrain justement, c’est un véritable casse-tête pour les responsables. Dès la matinée d’hier, un important dispositif sécuritaire a quadrillé les alentours de la capitale, notamment à la place du  1er-Mai, la Grande Poste et Bab El Oued, afin d’empêcher les manifestants de se rassembler sur le lieu de départ prévu. En effet, des compagnies de l’Unité républicaine de la sécurité ont pris position à la place du 1er-Mai, alors que d’autres engins de la police étaient stationnés à l’entrée de la maison de la presse Tahar-Djaout. Un hélicoptère de la police nationale a été également mobilisé pour la circonstance. Malgré l’important dispositif, on apprend qu’au moins de 50 manifestants ont pu affluer vers la localité de Cherarba, aux Eucalyptus, commune située dans la banlieue sud-est d’Alger, où des policiers sont intervenus pour les arrêter, arguant qu’aucune marche n’est autorisée pour ce jour-là.