Dans le football, le talent ne suffit pas tout le temps. Il y a aussi les choix de carrière qui doivent être pertinents. Et Youcef Belaïli l’a toujours appris à ses dépens. Sans retenir des leçons pour autant. Jouer en Arabie saoudite après une très aboutie Coupe d’Afrique des nations était la pire des décisions. Chez Al Ahli SC, le « Fennec » n’a jamais donné la pleine mesure de ce qu’il a en magasin. Ainsi, tel un prolongement d’un mal-être manifeste, le divorce semble consommé.

Son talent est indéniable mais l’énigme est là. Youcef Belaïli n’a jamais joué en Europe. Enfin si. Il a fait une petite pige au SCO Angers juste après la levée de sa suspension de deux ans pour avoir consommé des produits « dopants ». Mais c’était tout. Il a même préféré revenir à l’Espérance Tunis pour relancer sa carrière. Choix payant puisque la formation tunisoise lui a permis de retrouver ses sensations.
Mieux encore, c’était sa porte pour le retour en sélection où il a brillé sous les ordres de Djamel Belmadi. Malgré une Coupe d’Afrique des nations 2019 de haute facture, il a dû se contenter de dans un championnat du Golfe. Fatal. Entre Al-Ahli Djeddah SC et Al-Nassr Riyad, il a choisi de jouer pour le plus offrant. C’est le premier nommé, avec un contrat courant jusqu’à 2022 et des émoluments annuels à hauteur de 3 millions de dollars, qui a pu s’offrir le service de l’Oranais. L’aspect financier a primé sur le sportif.

Octobre, les prémices de la crise
Pourtant, nombreux sont ceux qui croyaient que l’ancien sociétaire de l’USM Alger allait jouer en Europe après sa remarquable CAN. Lui qui était l’un acteur majeur du sacre en Egypte. Mais, comme beaucoup le craignaient aussi, Belaïli a fini par opter pour un championnat qui rassemble des stars à la pré-retraite et au niveau technique très moyen. C’était la décision de facilité pour quelqu’un qui sait manier le ballon avec une aisance remarquable. Le challenge ne semble pas être celui qu’il imaginait.
Les premières tensions étaient là dès le mois d’octobre dernier. Un remplacement à l’heure de jeu que le Vert ne digère pas. Et il l’a manifesté sur le coup vis-à-vis son coach de l’époque Christian Gross et après la rencontre en déclarant : « Je ne suis pas du tout sous pression. Je suis un joueur de l’équipe nationale d’Algérie et j’ai gagné tous les titres avec mon ancien club l’Espérance de Tunis. Il y a plein de choses qui ne me plaisent pas au sein de la maison Al Ahli. J’en parlerai à la direction du club.» Il ajoutera que « l’entraîneur ne m’aide pas vraiment pour engranger des minutes et me mettre dans les meilleures conditions pour tout donner. Mais j’essaierai, dans l’avenir, de montrer mon meilleur visage.» Pas de quoi dégonfler l’abcès.

Performant avec l’EN
Une « star attitude » qui lui portera préjudice. Surtout qu’il n’avait pas le rendement escompté sur le terrain avec une seul passe décisive délivrée lors des 10 premières sorties en plus de ne pas avoir réussi à faire trembler les filets. Toutefois, la mauvaise passe en club n’a pas semblé l’affecté footbalistiquement quand il endossé le maillot de l’équipe nationale pour la date FIFA de novembre. Pour preuve : le milieu offensif de 27 ans a livré deux grosses prestations en sélection. Tout d’abord contre la Zambie où il était impliqué dans les 3 premiers des 5 buts de l’Algérie (5/0). Passeur sur corner, il a provoqué un penalty puis signé une superbe réalisation d’une frappe limpide en pleine lucarne.
Quatre jours plus tard, il a aidé l’EN pour revenir avec les trois points de Gaborone en Botswana en inscrivant l’unique pion de la partie sur corner direct. Youcef a toujours quelque chose de spécial et ça ne peut pas échapper aux agents. Reste à savoir quel type d’intermédiaire et pour quelle destination tant les managers véreux sont toujours là pour essayer de toucher une part dans le transfert d’un footballeur à gros potentiel mais qui n’a jamais semblé être bien conseillé ou orienté.

Futur Nîmois ?
Ce qui est quasi-certain, c’est qu’il ne devrait plus jouer pour le team de Djeddah à l’avenir. Surtout que Belaïli a fait exprès de louper l’avion qui lui a été affrété pour retrouver ses coéquipiers et débuter la saison. Après cette volte-face, Son employeur a promis de « prendra les mesures disciplinaires nécessaires.» Par ailleurs, Tarek Kial, Directeur sportif d’ « Al Raqi », a estimé que : « Youcef Belaili n’est pas un joueur sérieux, même l’entraîneur (Vladan Milojevic NDLR) m’a dit qu’il n’était pas sérieux. Nous n’avons pas besoin de faire venir des stars, nous avons besoin de joueurs prêts à se battre sur le terrain.»
Des propos qui ne laissent augurer de rien de bon. Surtout quand on sait que le Dz ne figurait pas dans la liste de Ligue des Champions envoyée par la direction à la Confédération asiatique de football (AFC) ni celle du championnat adressée à la Fédération saoudienne. Ça sera donc le placard où la vente du contrat pour un team désireux de s’attacher les services d’un Belaïli controversé. Peut-être que le Nîmes Olympique (Ligue 1 française) le repêchera et lui donnera l’opportunité de jouer en Europe. Son rêve de toujours. n