La démission de Ould Abbès de la tête du FLN n’a «aucun rapport» avec des raisons de santé. C’est du moins ce qu’ont révélé la majorité des députés et membres de la direction du parti contactés, hier, par nos soins. «Il a été appelé, hier par un haut responsable qui lui a dit de présenter sa démission sur place»

, révèle un membre de la direction du parti selon lequel «c’est ce coup de fil qui a été à l’origine du malaise de Ould Abbès». «Dès qu’il a raccroché avec le responsable en question, il est devenu blême et s’est effondré de suite», explique notre source précisant que «sa démission n’a aucun rapport avec un quelconque état de santé délétère ou pathologie quelconque». Selon un autre membre du bureau politique, beaucoup de griefs sont retenus contre Ould Abbès par les hautes sphères de décision. Et le reproche majeur qui a précipité sa chute et son départ brutal de la tête du FLN concerne «ses déclarations au nom de la présidence de la République et sa position par rapport au cinquième mandat». Sur cette question précisément, nos sources rapportent qu’il est reproché notamment à Ould Abbès d’avoir porté la candidature du président de la République à un cinquième mandat de lui-même : «A l’occasion de l’ensemble de ses sorties, il a présenté le président de la République comme candidat officiel du FLN alors que le premier concerné par cette candidature n’a rien demandé», révèle notre source. De plus, ce qui a encore enfoncé Ould Abbès, est sa propension à prendre en solo des «décisions importantes sans consulter même pas les membres du BP». «Il a décidé de porter la candidature du président de la République à un cinquième mandat sans même réunir le comité central qui est l’instance statutaire habilitée à s’exprimer sur pareilles décisions», insiste un membre influent de la direction du FLN.
Selon notre source «Ould Abbès a même terni l’image du président au niveau international» où beaucoup s’interrogent sur le sens d’une candidature du président de la République au rendez-vous de 2019 sans que celui-ci ne s’exprime sur la question. L’autre grief retenu contre Ould Abbès concerne ses déclarations à propos de Tayeb Louh, le ministre de la Justice et du Premier ministre Ahmed Ouyahia dans la polémique qui a opposé les deux hommes. En effet, le désormais ex-secrétaire général du FLN s’était désolidarisé publiquement du ministre de la Justice : «Les propos du ministre de la Justice n’engagent en rien le FLN», avait indiqué Ould Abbès avant d’expliquer qu’«il a agi en tant que ministre et non comme militant du FLN». «Le FLN n’est pas du tout concerné par cette histoire. Nous sommes concentrés sur les élections sénatoriales à travers la tenue des assemblées dans les wilayas pour désigner nos candidats» avait-il insisté.
Ce qui avait surpris beaucoup de hauts responsables au FLN qui connaissent la proximité de Tayeb Louh avec les hautes sphères de décision. L’autre reproche fait à Ould Abbès concerne la contestation grandissante à son égard. Hier, après la démission précipitée de ce dernier, des militants dans plusieurs wilayas à l’instar de Bouira, Tizi Ouzou, Tiaret, Souk Ahras, Sétif, El Tarf et Batna étaient en «fête», rapportent des députés FLN