Le virus de la Covid-19 gagne du terrain parmi les enfants. Sous escorte du très contagieux variant Omicron, la pandémie enregistre quotidiennement de nombreuses victimes chez cette catégorie. A son tour, le professeur Nabila Bouterfas, spécialiste en pédiatrie à l’hôpital Beni Messous, confirme cette tendance, avant de mettre en garde contre «la forte incidence de l’infection au coronavirus chez les enfants».

Par Feriel Nourine
Les infections à la Covid-19 sont «croissantes», a insisté Pr Boutefas, hier sur les ondes de la Radio nationale. «Actuellement, il existe de nombreux cas similaires et c’est quelque chose que nous n’avions pas remarqué lors des vagues précédentes», a-t-elle souligné. Chez ces cas similaires détectés au sein de la population des enfants, le virus se manifeste par des douleurs à la gorge ou à l’abdomen accompagnées de diarrhée ou sous forme de grippe saisonnière», a-t-elle expliqué.
Sur le même sujet de la propagation du virus chez les enfants, le professeur Saïd Smaïn, de l’hôpital de Baïnem, s’est, lui aussi, exprimé, hier à travers la chaîne Echourouk TV. A propos des symptômes de la contamination, il dira que chez 99% des cas, ils sont «les mêmes», précisant que «ça se passe au niveau de la sphère ORL», alors que «le point commun entre l’enfant et l’adulte est la fièvre», ajoutera-t-il. Sauf que dans le suivi des enfants déclarés positifs au coronavirus, «nous devons, en tant que médecin, faire un effort supplémentaire de vigilance face à des symptômes qui vous déroutent par leur ressemblance avec ceux de la Covid-19», a-t-il poursuivi, citant le cas de la gastroentérite.
«En période normale, la gastro entérite a son traitement, mais puisque nous évoluons aujourd’hui dans un environnement de Covid-19, nous allons au dépistage pour être totalement fixés», a-t-il expliqué. Pr Smaïn ne ratera pas l’occasion de s’exprimer publiquement pour faire remarquer qu’il n’existe pas dans les hôpitaux de services mobilisés pour le suivi des enfants atteints de coronavirus. «Est-ce qu’on entend parler de services dédiés à la Covid chez l’enfant ?» interrogera-t-il. «Non !», répondra-il, précisant qu’à l’hôpital «il existe ce type de structure, mais pas pour les enfants».
Interrogé sur le protocole sanitaire à suivre par les enfants testés positifs au coronavirus, le spécialiste dira qu’il n’en existe pas. «Pour être sincère, je dirais qu’il n’y a pas de traitement spécial pour l’enfant», a-t-il affirmé, non sans prévenir sur l’approvisionnement en médicament, chez l’enfant ou chez l’adulte, dès qu’il y a test positif. «Les cas de contamination sont différents en fonction du sujet atteint, et c’est surtout une prise en charge diététique qu’il faut prévoir», préconise le professeur, mettant en avant la nécessité de «réhydrater l’enfant en l’alimentant de soupes et de boissons». L’intervenant insistera, cependant, sur la prescription du paracétamol, comme «seul traitement chez l’enfant», sachant qu’à cet âge «il y a risque de convulsion», a-t-il expliqué.
Concernant la vaccination des enfants, le professeur Saïd Smaïn s’est montré contre cette option dans l’immédiat. «Mon avis est construit sur des bases scientifiques. Nous connaissons les principes des vaccins, en général. Les autorités concernées ont bien dit qu’on ne va pas faire du copier-coller à ce propos. Il ne faut pas se précipiter sur cette question. La vaccination des enfants n’est pas une urgence. Je ne vais pas vacciner un enfant qui présente de la fièvre ou une diarrhée, ou pour qu’il ne se fatigue pas», estime-t-il.