Pour l’Algérie qui est un pays surtout gazier, les perspectives du forum, qui prévoient une remontée des cours du gaz sur les marchés internationaux au cours des prochaines années, renforcent la nécessité d’efforts plus importants pour préserver les parts sur le marché européen et s’orienter vers de nouveaux marchés, face à la concurrence féroce des pays comme le Qatar, la Russie et les Etats-Unis.

Les prix du gaz vont remonter d’ici la fin de l’année et au cours des années 2021-2022, conséquence de la reprise de la consommation de ce produit énergétique dans le monde. C’est l’une des principales conclusions du Forum des pays exportateurs de gaz (GCEF) à l’issue de la 22e réunion ministérielle des pays membres de cette organisation, tenue jeudi dernier à Alger sous mode visioconférence.
La rencontre a été centrée sur l’impact de la Covid-19 sur les marchés internationaux du gaz ainsi que les perspectives du marché international du gaz. De façon plus précise, le ministre de l’Energie et Président actuel du GCEF, Abdelmadjid Attar, a exposé jeudi dernier au cours de la conférence de presse, organisée à l’issue de cette réunion, les résultats de la rencontre. Sur l’impact de la Covid-19 sur les marchés internationaux du gaz, selon les études du GCEF, il a indiqué que la consommation mondiale de gaz en 2020 a baissé de 3,5%. La chute a été moins importante que le pétrole en raison de l’utilisation du gaz dans la production d’électricité qui n’a pas faibli beaucoup par rapport au brut raffiné (utilisé dans les transports aérien et terrestre qui ont connu une chute brutale de leur activité pendant la pandémie). La baisse des prix a été beaucoup plus sensible dans les marchés spots pour le GNL (entre – 38-40%) en 2020.

Les annonces d’un vaccin contre la Covid-19 font remonter les cours
La baisse a été moindre pour les contrats gaziers moyen-long termes. Depuis juillet à ce jour, les prix du gaz sont remontés. Le prix du gaz américain s’est hissé en moyenne à 2,5 dollars le million de BTU, tandis que le prix des contrats long terme s’est élevé entre 5 et 6 dollars. «Nous pensons que les prix du gaz vont remonter d’ici la fin de l’année et en 2021 après les informations sur la commercialisation d’un vaccin contre la Covid-19», a-t-il rapporté. Selon les perspectives du GCEF, la consommation mondiale du gaz va reprendre en 2021. Les perspectives de la consommation mondiale seront plus donc favorables en 2021, en un mot, selon les estimations du GECF rapportées par le ministre de l’Energie. «La consommation va revenir avec une hausse de 1,5% en 2021 et 2,5% en 2022», souligne Abdelmadjid Attar. Mais la consommation mondiale ne reprendra son niveau d’avant-Covid-19, c’est-à-dire de 2018-2019, qu’après 2022. Les volumes exportés par les pays du GECF par gazoducs ont connu une baisse de 16%. Le gaz naturel liquéfié (GNL) a mieux réagi avec une diminution de 3,5%. Les quantités de GNL commercialisées dans le monde ont été plus importantes que celles du gaz naturel par gazoducs en 2019-2020 principalement émanant des USA. Concernant les perspectives du GCEF concernant le marché du gaz jusqu’en 2050, la situation va s’améliorer, a-t-il commenté. «Le gaz aura une place sans problèmes dans la transition énergétique, rapporte Abdelmadjid Attar. Il sera l’associé ou le complice extrêmement important des énergies renouvelables – dont la filière photovoltaïque connaîtra un essor – en raison du problème d’intermittence qu’enregistre cette filière et qui est réglé avec l’apport de l’énergie à partir du gaz (pendant la nuit)». «Le gaz a de beaux jours devant lui», a-t-il souligné. En raison de ce facteur, la consommation du gaz va augmenter dans les prochaines années. Il est actuellement de 23% dans le mix énergétique. En 2050, selon les estimations du GCEF, rapportées par son Président, le gaz naturel occupera une part de 28% dans le mix énergétique, les énergies renouvelables à 23% et plus. Le pétrole aura une part moins importante. Cela montre que le gaz naturel a de beaux jours devant lui. La consommation de gaz dans l’Asie pacifique augmentera de 99%, c’est la zone qui consomme le plus le gaz avec l’Amérique du Nord dont la hausse sera de 35%, celle du Golfe, elle sera de 53%.

La consommation en Europe va diminuer à partir de 2024
Cependant, la consommation du gaz en Europe sera stable : mêmes quantités jusqu’en 2024. Ce qui incite à la prudence, a-t-il averti, c’est qu’à partir de 2024 jusqu’en 2050, cette consommation connaîtra une baisse de 10%. «Cela oblige l’Algérie qui exporte l’essentiel de son gaz en Europe à travailler pour diversifier ses marchés, à s’orienter vers des marchés nouveaux. Elle devrait notamment cibler, selon lui, l’Afrique qui connaîtra une hausse de la consommation de gaz de 147% à l’horizon 2050», a-t-il ajouté. Les quantités de de gaz actuellement commercialisées dans le monde sont de 3 540 milliards de mètres cubes. Elles s’élèveront à 5 920 milliards de mètres cubes en 2050. Pour l’Algérie, relève le ministre, le gaz sera important dans la stratégie nationale énergétique ou de développement des hydrocarbures. «Le gaz sera de plus en plus important dans nos politiques : politique d’intensification de l’exploration, d’amélioration du taux de récupération des vieux gisements, partenariat avec des compagnies étrangères qui maîtrisent les nouvelles technologies dans le domaine, développement des énergies renouvelable», a-t-il souligné. <