Les producteurs d’eaux minérales embouteillées ont très mal accueilli l’augmentation de la redevance appliquée à l’exploitation du domaine public hydraulique naturel, passant de 1,05
à 2,07 DA le litre comme inscrit dans la loi de finances de 2021.

En effet, cette augmentation va encore réduire beaucoup plus leur marge de bénéfice qui, jusqu’ici, était des plus minimes, selon les dires des producteurs contactés hier par Reporters, à leur tête le président de l’Association des producteurs algériens de boissons (Apab) Ali Hamani. A la question de savoir s’ils allaient répercuter cette hausse de la redevance sur le prix sortie de leur unité de production, nos locuteurs se rejoignent pour dire qu’ils n’ont pas encore pris de décision dans ce sens. « Mais cela reste envisageable », lâche le président de l’Apab. Ce dernier rappelant dans la foulée : « Si les producteurs sont arrivés jusqu’ici à réaliser de maigres bénéfices c’est seulement dans le volume de vente et pas autrement. Raison pour laquelle je me pose cette question : après cette revue à la hausse de la redevance que leur restent-ils à faire si ce n’est d’augmenter leur prix ? » Comme ce dernier se dit étonné qu’une telle mesure a été approuvée « au moment où le coût à la production des industriels frôle leur prix de vente ». Poursuivant dans ce même ordre d’idées, « nous avons plusieurs fois soulevé la problématique de la redevance devant la commission de l’APN car nous estimons qu’elle était trop élevée. Mais notre doléance n’a pas connu d’effet ». A propos de rumeurs qui circulent que certains dépositaires d’eaux minérales ont procédé à des augmentations de leur prix, le président de l’Apab est formel : «Si c’est vraiment le cas, les producteurs n’en sont aucunement responsables car, jusqu’ici, ils sont toujours en situation de réflexion sur la décision de revoir ou non leur prix à la hausse. Et les augmentations en cours ou qui vont avoir lieu dans les prochains jours seront donc à mettre sur le dos des distributeurs en gros, car voyant dans cette élévation de la redevance un moyen de tenter de justifier leurs nouveaux prix, alors que c’est tout à fait faux. »
Toujours à propos de la soi-disant augmentation du prix de l’eau minérale embouteillée sur les étals des commerces du détail, le Directeur général de l’Agence nationale de gestion intégrée des ressources en eau, Mohamed Deramchi, a lors de son passage hier sur le plateau de la chaîne de télévision Echourouk news, rapporté que les producteurs la justifie par les nouvelles charges dont ils doivent s’acquitter « alors que la redevance n’a augmenté que de 1 dinar ». Alors faut-il déduire que ce responsable ignore que l’embouteillage a un coût de revient à la production ou que les producteurs ne veulent pas revoir à la baisse leur marge bénéficiaire, quitte à procéder à une augmentation de leur prix sortie d’usine ?
A propos du marché des eaux minérales, le Directeur général a indiqué, sur le tableau de cette chaîne TV, que « les citoyens algériens consomment 70 litres d’eau minérale par an, soit une moyenne de 3 milliards de litres d’eau minérale vendus chaque année sur le marché algérien ». Selon ce même responsable, ils sont 60 industriels qui activent dans le secteur de l’exploitation de l’eau minérale et où les revenus de l’Etat provenant de ce secteur s’élèvent à environ 100 milliards de DA par an.