Le dernier mercredi du mois de septembre, manifestement animé dans les juridictions, annonçait plusieurs procès, qui ont été reportés suite au boycott des audiences décidé par le Barreau d’Alger et l’Union nationale des avocats. C’est ainsi que le procès en appel dans l’affaire Tahkout, celui de la sulfureuse nommée «Madame Maya» ont été reportés. Le verdict dans l’affaire Sovac a été, lui aussi, renvoyé au 10 octobre.
Attendu pour la journée d’hier, le procès en appel de l’homme d’affaires Mahieddine Tahkout, dans lequel sont impliqués de hauts anciens responsables de l’Etat, a été renvoyé au 21 octobre. L’accusé principal dans cette affaire, à savoir Mahieddine Tahkout, a été condamné en première instance à une peine de 16 ans de prison ferme, assortie d’une amende de 8 000 000 DA, pour des chefs d’accusation liés à la corruption, au blanchiment d’argent et à l’obtention d’indus privilèges.
En plus de la condamnation de Mahieddine Tahkout, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal avaient écopé dans cette affaire de peines de 10 ans de prison ferme et 500 000 DA d’amende chacun, alors que l’ancien ministre de l’Industrie, Abdeslam Bouchouareb, a été condamné à une peine de 20 ans de prison ferme assortie d’une amende de deux millions de dinars. L’ancien ministre de l’Industrie Youcef Yousfi et l’ancien wali de Skikda, Faouzi Belhocine, ont, eux, été condamnés à 2 ans d’emprisonnement ferme. L’ancien ministre des Travaux publics Amar Ghoul à 3 ans de prison ferme.
Par ailleurs, le Tribunal de Chéraga (Alger) a reporté également au 7 octobre le procès des affaires de Nachinachi Zoulikha-Chafika, dite «Madame Maya», cette mystérieuse femme d’affaires qui a bâti une fortune colossale grâce à sa réputation de «fille cachée du Président» et les réseaux qu’elle avait tissés avec des cercles de la décision. Le report est dû au boycott de l’audience par la défense en application de la décision du Conseil de l’Ordre des avocats d’Alger relative à la suspension des plaidoiries et du travail judiciaire pendant une semaine depuis le dimanche 27 septembre, suivie depuis hier par l’Union des avocats d’Alger à l’échelle nationale. Le procès avait déjà été reporté, faut-il le rappeler, à deux reprises au cours du mois d’août passé à la demande de la défense. L’accusée est poursuivie dans deux affaires. La première affaire concerne deux ex-ministres, Abdelghani Zaalane et Mohamed Ghazi, ainsi qu’un ex-député, poursuivis par la Cour suprême. La seconde concerne neuf prévenus dont «Madame Maya», ses deux filles, le fils de Mohamed Ghazi et Abdelghani Hamel, tous poursuivis pour «blanchiment d’argent», «trafic d’influence», «octroi d’indus avantages», «dilapidation de deniers publics», «incitation d’agents publics pour l’octroi d’indus avantages» et «transfert illicite de devises vers l’étranger»…
Dans l’affaire Sovac, il faut rappeler que la Cour d’Alger a requis une peine de 15 ans de prison ferme contre Ouyahia et 10 ans de prison ferme contre Yousfi, assorties d’une amende de 2 millions de dinars chacun, alors que des peines de 15 et 12 ans de prison ferme ont été requises respectivement contre Mourad Oulmi, patron du groupe Sovac, et son frère Khider.
Le Procureur a requis également une peine de 3 ans de prison ferme avec une amende d’un million de DA contre l’ex-PDG du Crédit populaire algérien (CPA) Omar Boudiab et des cadres de la banque et de l’industrie, impliqués dans l’affaire. <