Les cours du brut ont signé, hier, un nouveau record, culminant à plus de 56 dollars le baril, un plus haut jamais vu depuis près de onze mois. Les prix étaient galvanisés essentiellement par le regain d’optimisme sur la reprise de la demande mondiale d’or noir. Hier, vers 15h00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars s’appréciait de 1,29%, à 56,38 dollars le baril. Le matin, peu après l’ouverture des marchés, il a gagné 1,56% à par rapport à la clôture de lundi, à 57 dollars. La référence américaine, le WTI (West Texas Intermediate) en l’occurrence, pour le mois de février avançait de son côté de 1,17% à 52,86 dollars le baril à la même heure après être passée, le matin, au-dessus de la barre des 53 dollars, à 53,26 dollars, une première depuis la fin du mois de février 2020. Le pétrole poursuivait sa phase de redressement entamée depuis les réunions de l’Opep et de l’Opep+ du début septembre ; l’alliance campant sur ses positions de limitation de l’offre. L’assouplissement des coupes de production prévu en janvier n’a pas eu lieu étant donné que l’Opep+ a choisi de libérer uniquement 500.000 barils par jour, alors qu’elle devait augmenter sa production globale de 2 millions de barils par jour. La même décision a été prise pour février, ce qui a aidé les cours à remonter la pente. Outre l’effet Opep+, les investisseurs parient désormais sur la poursuite de la reprise de la demande mondiaux, dont les premiers signaux étaient déjà constatés en Asie, où les grands consommateurs de brut, la Chine particulièrement, continuaient à multiplier les achats.
En 2020, la demande d’or noir a connu ses pires moments, plombée par la pandémie de Covid-19 et les confinements qui ont été imposés, limitant les déplacements à travers le monde. Le regain d’optimisme sur le marché est suscité par les campagnes de vaccination massives contre le Covid-19 qui ont débuté à travers le monde, même si celles-ci ne suffiront pas à garantir une immunité collective en 2021, a averti lundi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). A l’impact des réductions de l’Opep+ et l’effet des campagnes de vaccination s’ajoute la décision de l’Arabie saoudite d’opérer des coupes volontaires dans son offre pour compenser la hausse de 500.000 barils par jour entamée depuis le 1er janvier. Les analystes de Goldman Sachs font bien de souligner que les réductions saoudiennes ont le mérite de réduire les risques que le rééquilibrage du marché ne déraille. En effet, le marché du brut se resserre après que l’Arabie saoudite ait annoncé la semaine dernière qu’elle allait réduire unilatéralement sa production d’un million de barils par jour en février et mars. La réduction prévue de la production saoudienne a contribué à la hausse des cours, tout comme sa décision d’augmenter la prime sur les exportations acheminées à destination du marché asiatique. L’Irak a lui aussi décidé d’augmenter les prix de toutes ses ventes de brut vers l’Asie valables pour le mois de février. Peu avant l’Irak, c’était l’Arabie saoudite -plus grand producteur de l’OPEP- qui a décidé d’augmenter le prix de son pétrole acheminé à destination de l’Asie. L’Irak, deuxième plus grand producteur de l’OPEP, a augmenté son brut de 70 cents le baril, à une prime de 1,10 dollars par rapport à la référence régionale. Ces trois facteurs ont ainsi contribué à la hausse des prix du pétrole cette semaine, ouvrant ainsi la voie au redressement tant attendu du marché. <