Les cours du Brent se rapprochent des 70 dollars le baril. En cause, la production pétrolière de l’Opep n’a jamais atteint d’aussi bas niveaux depuis février 2015. L’Arabie saoudite, chef de file de l’Opep, a fortement réduit sa production, ce qui a entraîné l’offre de l’Opep à des niveaux bas. Les Saoudiens ont coupé plus que ce que le royaume avait promis dans le cadre de l’accord de coupe Opep-non Opep.

A cela s’ajoute la situation au Venezuela qui continue à lutter contre les sanctions américaines et fait face à une panne majeure, lit-on dans une enquête de Reuters, publiée hier. De cette enquête mensuelle, effectuée auprès des quatorze membres de l’Opep, il en ressort que leur offre combinée s’élevait à 30,4 millions bpj (baril par jour) le mois dernier, en baisse de 280 000 bpj par rapport à février et atteint donc son niveau le plus bas de production de l’Opep depuis février 2015, il y a quatre ans. La même enquête fait ressortir que l’offre de l’Organisation en mars a battu le record précédent de quatre ans de la production pétrolière de l’Opep à partir de février 2019. La production pétrolière de l’Opep a chuté de 300 000 bpj en février comparativement à janvier pour se tenir à 30 680 000 bpj. Le nouveau record de mars est à mettre sur le compte d’un effort plus prononcé de l’Arabie Saoudite. Le royaume wahhabite continue à trop livrer dans sa part de réduction, comme il l’a promis à plusieurs reprises depuis le nouvel accord Opep-non Opep qui a commencé en janvier 2019. Cet accord, faut-il le rappeler, prévoit que l’Opep et ses partenaires non-Opep réduisent leur production journalière de 1,2 million de réduction de baril. La validité de l’accord court jusqu’à juin, même si tout porte à croire que les producteurs devraient prolonger les coupes jusqu’à fin décembre de l’année en cours. La part de l’Arabie saoudite est une réduction de 322 000 bpj au niveau d’octobre et ses 10 633 000 bpj, pour arriver à une réduction de sa production à 10 311 000 bpj. La réduction de l’offre de l’Opep est une bonne nouvelle pour le marché qui, des mois durant, était fortement déstabilisé par l’évolution de la production provenant des pays non-OPEP, notamment des Etats-Unis. Le taux de conformité des onze membres de l’Opep liés par le pacte — avec l’Iran, le Venezuela et la Libye exemptés — suggère également que les Saoudiens et leurs partenaires du Golfe arabe approfondissent les coupes.
Selon Reuters, les onze membres de l’Opep ayant des quotas avaient une conformité combinée de 135% en mars, passant de 101% en février. Cependant, l’enquête de Reuters n’a pas fourni de chiffres pour la production saoudienne, mais a estimé que le Venezuela exonéré — sous les sanctions américaines et souffrant d’une panne de courant majeure en mars — a vu sa production pétrolière chuter de 150 000 bpj en mars par rapport à février. Dans le sillage des bonnes nouvelles sur la baisse de l’offre Opep, les cours du brut ont fortement grimpé, flirtant avec les 70 dollars le baril sur le marché londonien où est coté le Sahara Blend algérien. Sur les deux marchés, les prix du pétrole repoussaient leurs plus hauts depuis plus de quatre mois et demi ; vers 17h30, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin valait 69,25 dollars à Londres, en hausse de 24 cents par rapport à la clôture de lundi. A New York, le baril américain de WTI pour le contrat de mai gagnait 75 cents à 62,34 dollars.<