La Libye est depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, un pays morcelé qui compte une multitude  de forces armées alliées à des autorités locales qui se livrent une lutte acharnée pour la domination du pays.

Tripolitaine (ouest)
Tripoli : Trois importantes milices appuient le gouvernement d’Union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale. La «Première force», dans l’est et le centre de la capitale. Basés dans l’est de la capitale, les salafistes non jihadistes de la «Force de Radaâ» (ou Dissuasion) font la police à Tripoli et arrêtent à la fois des trafiquants (drogue, alcool) et des personnes soupçonnées d’appartenir au groupe jihadiste Etat islamique (EI). La «Katiba Abou Slim» contrôle surtout le quartier populaire d’Abou Slim dans le sud de Tripoli. Ces milices pro-GNA avaient
chassé en 2017 de la capitale, plusieurs groupes fidèles à Khalifa Ghweil, ex-chef d’un gouvernement non reconnu en place avant le GNA, et hostiles à la fois au GNA et au maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est libyen. La plupart de ces groupes sont retournés à Misrata. En septembre 2018, les forces en présence à Tripoli ont empêché d’autres milices de la ville Tarhouna (ouest) d’entrer dans la capitale. Plus de 100 morts en un mois.

Misrata : Les milices de Misrata (à mi-chemin entre Tripoli et Syrte) sont divisées, entre pro et anti-GNA, ces dernières étant alliées à des groupes islamistes armés fidèles au chef religieux controversé Sadek al-Ghariani et à  M. Ghweil. Des groupes de Misrata se trouvent à Tripoli et sont également présents à Syrte.

Zenten : Chassés de Tripoli en 2014, les groupes de Zenten se sont repliés dans leur ville, au sud-ouest de Tripoli. Ils sont hostiles aux courants islamistes et plusieurs d’entre eux affichent clairement leur soutien au maréchal Haftar. Les milices de Zenten contrôlent des champs pétroliers dans l’Ouest.

Les Amazighs : Venus notamment des villes de Jado, Nalout et Zouara, ils contrôlent les deux points de passage à la frontière tunisienne (Ras Jedir et Dhehiba).

Les Brigades de défense de Benghazi (BDB) : Elles sont constituées de milices de Misrata et de combattants islamistes chassés de Benghazi (est), puis de Derna (est) fin juin 2018 par les forces proHaftar.

Sabratha : Cette ville devenue le point de départ principal des migrants vers l’Europe est sous contrôle d’un groupe salafiste pro-GNA qui a chassé en 2017 une milice rivale appartenant à un baron du trafic d’êtres humains.
Cyrénaïque (est)
L’Armée nationale libyenne (ANL) de Khalifa Haftar : Elle contrôle la grande partie de l’est libyen, du Croissant pétrolier à la frontière égyptienne et a une présence dans le centre de la Libye. Elle est aussi présente dans le sud, notamment à Koufra et aux alentours de Sebha. Elle est formée d’ex-officiers libyens, de miliciens, de combattants sans formation militaire issus des tribus mais aussi de salafistes. L’ANL est venue à bout en 2017 d’une coalition jihadiste, le Conseil de la Choura des révolutionnaires de Benghazi qui s’était emparée de cette ville en 2014, après trois ans de combats meurtriers.

Fezzane (centre et sud)

La région de Fezzane est la zone de tous les trafics avec une mosaïque de forces tribales et groupes ethniques en lutte pour le contrôle de la contrebande et des champs pétroliers, y compris des groupes de la rébellion tchadienne et soudanaise.

Les Touaregs : Ils contrôlent les frontières avec le sud de l’Algérie et avec la partie occidentale du Niger.

Les Toubous : Ils sont présents dans la zone frontalière avec le Niger, le Tchad et avec une partie du Soudan. Des affrontements réguliers opposent la minorité des Toubous, alliée à Khalifa Haftar, à des tribus arabes pro-GNA.

 L’EI : Après avoir été chassés en décembre 2016 de Syrte, des jihadistes de l’EI se sont repliés vers le sud et autour de Syrte, où ils représentent toujours une menace. Le groupe jihadiste a revendiqué plusieurs attentats en Libye, contre des barrages de sécurité tenus par les Forces du maréchal Haftar mais aussi à Tripoli contre la Haute commission électorale en mai 2018 et le siège de la Compagnie nationale de pétrole en septembre 2018.