Youcef Belaïli revient de très loin. Il le sait très bien. Suspendu deux années (2015-2017) pour un contrôle positif à la cocaïne, le très fraîchement sacré champion d’Afrique avec l’ES Tunis retrouve ses sensations, ses repères et… les « Verts ». Djamel Belmadi, sélectionneur national, a retenu l’ancien pensionnaire de l’USM Alger parmi les 25 joueurs concernés par la rencontre face au Togo le 18 du mois en cours méritée.

Le retour du meneur de jeu des «Sang et Or» au premier plan a donc été récompensé par cette convocation tout aussi attendue que justifiée. Le driver de l’EN pourra voir le natif d’Oran de plus près et s’arrêter sur les qualités techniques indéniables d’un numéro 10 comme le championnat algérien n’en produit plus ces dernières années. Et pourtant, on avait craint le pire lorsque Belaïli avait décidé de rompre son contrat avec l’Angers SCO en Ligue 1 française qui l’a fait signer dès son retour de suspension. Lors du dernier mercato hivernal, le 21 janvier 2018 plus précisément, celui qui a été formé par le RCG Oran, tout comme Baghdad Bounedjah qu’il retrouvera avec les « Fennecs », a décidé de repartir en Tunisie retrouver le « Taraji ». Un choix que beaucoup n’avait pas compris à l’époque s’avérant, tout de même, payant.
La réponse aux détracteurs
Voilà que le temps a donné raison au dépositaire du jeu des « Espérantistes ». Même s’il ne marque pas beaucoup (26 matchs pour 6 buts toutes compétitions confondues) avec la formation tunisoise, il reste une pièce-maitresse dans l’échiquier. Le 2 novembre dernier, il s’est chargé de transformer le penalty face à Al-Ahly SC au stade Borg Al-Arab (Alexandrie) où son team s’était incliné 3 buts à 1 avant de l’emporter (3/0) au retour vendredi. Un succès qui a permis de décrocher la 3e Ligue des Champions dans l’histoire de l’Espérance après celles de 1994 et 2011. Endosser, de nouveau, le maillot de l’Algérie. Il en a rêvé et il a travaillé pour. Au moment de signer pour la franchise angevine il avait déclaré : « Je ne suis pas inquiet. Je ferai tout mon possible pour retrouver mon meilleur niveau, du moment que les moyens existent ici à Angers. Tout a été mis à ma disposition pour travailler dans la sérénité. Aussi, je répondrai à mes détracteurs qui disaient que Belaïli était fini. J’ai un objectif à atteindre, celui de retrouver l’Equipe nationale. Je travaillerai dur pour y parvenir.»

Trente mois après
C’est vrai que son aventure en Ligue 1 française a tourné court. En 4 mois, il n’a disputé que 45 minutes avec l’équipe première en Coupe de la Ligue face à Metz. Le gros de son passage était avec la réserve avec laquelle il a inscrit 3 buts. Un temps sur le terrain qu’il a jugé insuffisant comparé à son ambition : revenir très vite au premier plan. En tout cas, cet objectif n’a pas vraiment changé et désormais, il l’a atteint. En mars 2015, le 26 et 30 respectivement face à Qatar (défaite 1 à 0) et Oman (victoire 4 à 1), « Achour 10 », comme aimaient l’appeler les supporters usmistes, jouait 28 et 8 minutes. cce fuent les seules fois où l’on l’avait vu avec la tunique d’ « El-Khadra ». Après Christian Gourcuff, c’est au tour de Djamel Belmadi de donner une nouvelle opportunité à Belaïli de franchir le cap « international » trente mois après. En espérant que cette fois, l’Oranais soit à la hauteur. n