Voilà que la sphère du football est sur «pause» à cause du coronavirus. Les championnats européens sont à l’arrêt et les footballeurs contraints au chômage partiel. Quand le ballon arrête de tourner, la machine à cash ne peut que grincer.

Les mesures pour faire face à ce contretemps diffère d’un club à l’autre. L’approche privilégiée reste, bien évidemment, la réduction des salaires en déclarant le chômage technique ou partiel. Si certains footballeurs acceptent, d’autres, dans de rares cas, ne veulent pas consentir ce sacrifice. Conséquence : leur employeur rompt tout simplement leur contrat. C’est ce qui s’est passé du côté du FC Sion (Suisse) où évolue l’Algérien Ayoub Abdellaoui. L’ancien sociétaire de l’USM Alger, ayant approuvé cette décision, ne fait pas partie des 9 éléments qui ont décliné cette offre. Il s’agit d’Alex Song, Ermir Lenjani, Xavier Kouassi, Seydou Doumbia, Pajtim Kasami, Mickaël Facchinetti, Christian Zock, Birama Ndoye et Johan Djourou. Tous ont été licenciés sur le champ par leur direction. Est- ce un indice précurseur des tensions qu’il pourrait y avoir prochainement chez les clubs plus prestigieux ? C’est la question que beaucoup se posent.
Tiki-tracas
au Barça
La réponse est, probablement, affirmative. D’ailleurs, le FC Barcelone songe déjà à demander à Lionel Messi et ses camarades de renoncer à une partie de leurs mensualités à venir. Surtout si la situation perdure. On parle là d’une institution footballistique parmi les plus puissantes au monde. Elle devait, à priori, avoir un matelas financier conséquent pour amortir l’impact et les pertes que cause l’arrêt d’activité. Mais il semble que ce n’est pas vraiment le cas. On ne parle pas que de l’équipe première de football bien évidemment mais le tout Barça avec ses charges globales pour les autres disciplines et filiales. Il faut savoir que le team de football représente 61% de la masse salariale pour l’empire blaugrana. Le plan économique, concocté spécialement pour parer aux conséquences de la pandémie COVID-19, ne bénéficierait que de 137 millions d’euros d’amortissements avec un budget global de 507 millions d’euros à gérer de la manière la plus rationnée et sensée possible. De son côté, le Real Madrid paraît, quelque peu, à l’abri pour l’instant. Du côté de la « Casa Blanca », on déclare une perte de 100.000 d’euros par jour rien qu’en terme de recettes. Une somme qui reste non-négligeable car représentant un total de 3 millions d’euros mensuels. La marge de manœuvre reste donc conséquente pour le géant espagnol. Les petits clubs doivent, pour leur part, subir des dommages collatéraux significatifs en ces temps.
Allemagne,
le bon-cœur devant la contrainte
Par ailleurs, en Allemagne, où la Bundesliga commence à s’imposer comme l’un des championnats les plus rentables au monde (on parle d’un chiffre d’affaires ayant dépassé les 4 milliards d’euros), le temps est à la solidarité. A titre d’exemple, au Borussia Mönchengladbach, pour lequel joue Ramy Bensebaïni, « l’équipe a proposé de renoncer au salaire si cela peut aider le club et les employés. Nous défendons le Borussia, dans les bons comme dans les mauvais moments. Le personnel d’entraîneurs s’est joint à nous, tout comme nos directeurs et directeurs généraux », a expliqué Max Eberl, directeur sportif actuel du championnat d’Allemagne. Le contexte sanitaire est très délicat. Il vient fragiliser celui financier dans une discipline où l’argent reste le principal nerf. Les enjeux restent donc énormes sur le court et long terme. Que les différents championnats aillent à leur terme devient une urgence pour amortir l’hémorragie. Autrement, il y a des diffuseurs à dédommager, des sponsors et un personnel à payer. Aussi, le fait que les paris sportifs soient à l’arrêt accentue le préjudice. On parle d’un marché estimé à 1000 milliards d’euros avec un manque à gagner énorme à cause de cette mise sous cloche des compétitions. En gros, le football est, lui aussi, enrhumé.n