Les premières doses du vaccin made in Algeria CoronaVac devraient être administrées dans quinze jours, peut-être un peu plus ou un peu moins, selon les doses qui seront mises à disposition par le fabricant, a déclaré mardi, le professeur Kamel Senhadji, directeur de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS).

PAR INES DALI
D’ici là et, par la suite, parallèlement à l’utilisation du vaccin fabriqué localement à l’unité Saidal de Constantine dans le cadre d’un partenariat algéro-chinois, la vaccination se poursuivra avec les quantités déjà disponibles importées par l’Algérie et celles qui seront réceptionnées vers la mi-octobre, se chiffrant à 15 millions de doses.
Après avoir sécurisé la disponibilité des vaccins, le pays peine pourtant à faire adhérer les citoyens à l’acte vaccinal. Le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a affirmé qu’il comptait sur «la rentrée sociale» pour voir le nombre de vaccinés augmenter de façon considérable, car «durant l’été, période des grandes chaleurs, les gens partent généralement en vacances». Ce qui ne fut pas le cas durant cette rentrée sociale et il s’avère que c’est plutôt durant l’été qu’il y a eu une grande adhésion à la vaccination. «En juillet, nous avons importé des quantités importantes de vaccins et sommes arrivés à vacciner jusqu’à 269 000 personnes par jour. A ce rythme, on pensait atteindre plus de 6 millions de vaccinés en un mois», a-t-il déclaré, lundi.
Selon le ministre, les citoyens ont été nombreux à répondre favorablement à la vaccination car c’était la période de la virulente troisième vague. «Les gens avaient peur, il y avait le problème de l’oxygène, etc. A ce moment-là, la courbe des contaminations était en augmentation, puis elle a commencé à fléchir en août. Et c’est durant ce même-mois que la vaccination a connu un net recul, alors que dans la capitale, à titre d’exemple, on est arrivé à vacciner 30 000 personnes par jour», a-t-il reconnu.
C’est avec regret que le Pr Benbouzid constate que les centres de vaccination ont commencé à recevoir moins de monde en août. Suite à cela, «une grande campagne de vaccination a été lancée à la rentrée sociale, après le retour des congés». Tous les moyens humains et matériels ont été mobilisés et mis en œuvre pour être prêts dès «le lancement de l’opération Big Day», le 4 septembre dernier. Une opération prévue pour durer une semaine, puis deux, avant d’être prolongée jusqu’à la fin de l’année. La raison est que les résultats ne correspondaient pas aux prévisions malgré l’envoi de «nombreuses équipes du secteur de la santé aidées par d’autres équipes médicales et paramédicales des corps de la Protection civile, de la Sûreté nationale et de l’Armée nationale populaire» pour vacciner les citoyens près de chez eux. «Des caravanes ont sillonné tout le pays. Nous les avons envoyés dans les quartiers éloignés, dans les cités AADL, dans les villages, dans les zones montagneuses et sahariennes, avec toute la logistique qu’il a fallu mettre en place», a rappelé le ministre. Soulignant que tout a été mis en œuvre pour cette opération, mais le nombre de vaccination a baissé, après avoir avoisiné les 270 000 personnes par jour en juillet, avec la baisse des contaminations qui, elles, avaient atteint un pic de près de 2 000 cas confirmés en juillet également.

Dix millions de primo-vaccinés et 4 millions de totaux-vaccinés
S’exprimant sur le nombre de vaccinés en Algérie, le Pr Benbouzid a révélé qu’on compte actuellement plus de «10 millions de personnes qui ont reçu leur première doses d’anti-Covid-19 et plus de 4 millions qui ont reçu les deux doses», rappelant que ceux qui ont reçu une seule dose ont une immunité de 30% seulement. «La vaccination se poursuit mais elle n’est pas au même rythme que celui de juillet dernier», a-t-il noté. Dans ce cadre, il a exprimé son regret de voir que dans certains secteurs qu’il a cités, à l’exemple de celui de la santé ou encore de l’éducation nationale, la vaccination n’est pas à la hauteur de ce qui doit être fait pour une plus grande protection contre le coronavirus, tout en exprimant son souhait de les voir adhérer massivement à la vaccination. Il a, toutefois, écarté l’obligation mais s’est dit plutôt pour une «adhésion volontaire» à l’acte vaccinal après que les gens soient réellement «convaincus». Ce qui l’a conduit à parler de la vaccination des adolescents de 12 à 18 ans, notant qu’on ne peut vacciner cette catégorie avant d’avoir vacciné en nombre les adultes. S’exprimant à propos de la vaccination des 12-18 ans, le Pr Senhadji a indiqué que des «essais cliniques sont actuellement menés concernant cette catégorie» et qu’«en Algérie, la vaccination ou non des enfants se fera en fonction des résultats cliniques obtenus par les laboratoires internationaux», relevant, dans la foulée, la «stabilité de la situation épidémique en Algérie» qu’il faut préserver par un plus grand nombre de personnes vaccinées. Espérons que l’arrivée du vaccin CoronaVac permettra de booster la campagne anti-Covid.
Par ailleurs et concernant la préoccupation des citoyens à propos de la non-validation par certains pays du vaccin Sinovac, le ministre de la Santé a affirmé que «10 pays européens autorisent l’entrée des étrangers vaccinés avec le Sinovac sur leurs territoires, dont la France». Cependant, il faut savoir qu’en France, il est exigé aux étrangers «une troisième dose des vaccins administrés» pour accéder aux espaces qui exigent la présentation du passe sanitaire.