Des services sous pression et des médecins en état d’urgence en permanence ! C’est le tableau que décrit le docteur Mohamed Bekkat-Berkani en évoquant la situation des structures de prise en charge des malades du Covid-19 : des pavillons constamment sollicités et des équipes soignantes «au bord de la rupture» si les règles de prévention et de protection contre le nouveau coronavirus ne sont pas respectées, comme l’affirme ce médecin et membre du comité de suivi de la crise sanitaire. «Il n’y a qu’une façon de sortir de cette situation, c’est de respecter toute les consignes sanitaires», rappelle-t-il.

Les médecins et praticiens du secteur de la santé en premières lignes dans la lutte contre la Covid-19 fondent beaucoup d’espoir sur le respect des mesures de prévention par la population. Les citoyens sont priés de respecter les efforts consentis par les blouses blanches engagées dans un travail difficile et risqué pour endiguer la pandémie par le respect des consignes sanitaires. Le Dr Mohamed Bekkat Berkani, membre de la Commission de veille et de l’évolution de l’épidémie de la Covid-19, tire la sonnette d’alarme. «Cela fait des semaines que nous martelons dans tous le plateaux de télévision et dans la presse le respect des mesures barrières, le port du masque qui est une obligation légale, le lavage des mains, la distanciation physique, malheureusement, nos concitoyens et surtout dans les régions impactées ne l’entendent pas de cette oreille», regrette le Dr Bekkat. Ce dernier a tenu à rappeler la pression que subissent actuellement les professionnels de la santé notamment dans les services Covid. Comment abréger la pression sur les hôpitaux ? «Les médecins des hôpitaux font ce qu’ils peuvent, ils sont en première ligne. Ils sont proche du burn-out et de la rupture», avertit Bekkat afin de sensibiliser les citoyens sur la nécessité du respect des règles. «Il faut que nos concitoyens sachent une chose : il n’y a qu’une façon de sortir de cette situation, c’est de respecter toutes les consignes sanitaires». Le Dr Bekkat déplore l’inconscience de certains. «Le fait que certains pensent ne pas être concernés est plus grave que ceux qui sont dans la négation» de l’existence d’une menace virale. «300 cas déjà, jusqu’où allons-nous comme ça ?» s’interroge le membre de la commission face à la hausse des cas enregistrés chaque jour au niveau national. «Le peuple algérien doit savoir qu’il s’agit d’une maladie grave, importante, le virus n’épargne personne, il se déplace rapidement, il n’y a pas de vaccin, il faut une prise de conscience totale et générale, il faut aussi que la loi s’applique», Déplorant l’indulgence dans la coercition, «lorsqu’on dit obligation du port du masque, c’est une obligation», martèle-t-il. Le Dr. Guerag Bouabdellah, chef du service Covid-19 de l’hôpital de Chlef, rappelle de son côté le travail assidu des staffs médicaux et paramédicaux «dans des conditions contraignantes, au double plan professionnel et social, pour la prise en charge adéquate des malades atteints du virus». Il invite les citoyens à percevoir avec reconnaissance les sacrifices consentis par les travailleurs de la santé en se soumettant aux mesures de prévention pour «la préservation de la vie de tous». «Nous ne demandons pas l’impossible, nous avons juste besoin que les citoyens portent des bavettes et appliquent les mesures de confinement sanitaire. Toute infraction à ces mesures est synonyme d’un risque de contamination pour chaque famille et, par ricochet, toute la société», a exhorté le Dr. Guerag. Même ton d’alerte du président de l’association locale des médecins, Mâamri Fateh, qui déplore «le recul de vigilance de la part des citoyens, comparativement à la première période de déclaration du nouveau coronavirus, où il a été constaté le strict respect des mesures barrières et de confinement». «Chaque citoyen est considéré comme un porteur potentiel du virus. Les staffs médicaux et paramédicaux consentent des sacrifices énormes en travaillant dans des conditions
difficiles, dont l’absence de climatisation par ces fortes chaleurs et, de surcroît, le travail sous pression vu les risques de contamination du staff», déplore-t-il. <