“C’est alors que j’ai décidé de quitter tristement le pays [la Tunisie]. […] Pourquoi ? Parce que je me trouvais dans une situation inattendue qui ne me laissait qu’un seul choix, celui de quitter le pays qui, à la date de l’indépendance, m’avait donné l’espoir… en m’ouvrant les portes de l’école primaire… puis celles du lycée secondaire pour acquérir des connaissances théoriques et des formations techniques. Parce que, aussi, le pays, seulement quinze ans après son indépendance, en me fermant les portes de l’espoir pour contribuer à son développement, m’ouvrait les portes de l’exil pour explorer mon avenir ailleurs » (Ben-Jebria, op.cit, p.178).

Par Arezki Ighemat, Ph.D en économie Master of Francophone Literature
(Purdue University, USA)

Pour présenter de façon exhaustive tous les aspects abordés par Abdelaziz Ben-Jebria dans son livre-mémoires « Les périples de l’enfant de Ksiba », publié aux Editions Edilivre en 2020, il faudrait une bonne cinquantaine de pages, tant le parcours de l’auteur est riche d’expériences dans plusieurs domaines de la vie sociale et intellectuelle. Déjà pour présenter l’auteur, avec le long et chemin qu’il a parcouru de son petit village tunisien de Ksiba jusqu’à l’une des plus prestigieuses universités américaines, la fameuse « Penn State University » située dans la « Happy Valley, dans l’Etat de Pennsylvanie, il faudrait une bonne vingtaine de pages, et encore. C’est pourquoi nous ne prétendrons pas, dans un article de journal, embrasser tout son parcours qui est à la fois riche de succès intellectuels et de bonheur social et qui rencontre, également, beaucoup d’obstacles et de périodes douloureuses et de déceptions, aussi bien dans le domaine professionnel que dans le domaine social. Nous allons donc, dans une première partie brève—nous disons « brève » car pour connaître parfaitement Abdelaziz Ben-Jebria sous tous ses côtés, en particulier son parcours scientifique, il faut absolument lire tout le livre dans ses 520 pages—évoquer quelques-uns de ses titres et activités. Nous verrons, dans une deuxième partie, les principales étapes de son parcours international avec ses moments de gloire et ses moments de déception.

Qui est Abdelaziz Ben-Jebria et comment est structuré le livre ?
Abdelaziz Ben-Jebria (communément appelé Aziz) est né à Ksiba, un petit village de campagne de Tunisie. Il fait ses premières études scolaires primaires et secondaires dans d’abord dans son village, puis à Sousse et à Bizerte. Il émigrera en France (à Paris) où il obtiendra sa maîtrise en mathématiques à l’université Paris-7 puis un doctorat de troisième cycle et son Doctorat d’Etat es-science en Biophysique à l’Université Pierre et Marie Curie pour finir, en 1980, comme chercheur à l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale). Il s’envolera plus tard aux Etats-Unis, précisément à Penn State University (campus de University Park), en Pennsylvanie où il finira, après plusieurs années de recherche et d’enseignement, par décrocher le grade de « Full Professor ».
Il est aussi l’auteur de nombreux articles dans des revues scientifiques renommées aussi bien en France qu’aux Etats-Unis et il est titulaire de plusieurs brevets qui sanctionnent ses recherches et inventions. Son domaine de recherche privilégié est l’étude des effets de la pollution sur les poumons.
Il obtient aussi un des prix les plus prestigieux des Etats-Unis dans cette spécialité : « The Thomas T. Mercer Joint Prize » qui reconnaît officiellement l’excellence dans les deux domaines des aérosols pharmaceutiques et des matériaux inhalables. Mais le lecteur qui prendra le plaisir de lire son livre autobiographique se rendra très vite compte que Aziz n’est pas seulement un scientifique. Il est aussi un grand amateur de la littérature et de la poésie aussi bien française qu’arabe.
Bien qu’il déclare, par humilité et modestie, qu’il n’est pas un expert en politique, il suit de près les événements politiques et sociaux qui se déroulent aussi bien dans sa chère patrie, la Tunisie, mais aussi à travers le monde, comme en témoignent les analyses qu’il fait de l’attaque terroriste du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis dont il a suivi le déroulement sur les écrans de télévision et du soulèvement populaire de 2011 en Tunisie dont il décortique avec détail les causes, les effets et les acteurs sociaux et politiques.
Ceux qui auront la curiosité de lire son livre-mémoires auront aussi le plaisir de découvrir son sens aigu de l’humour et son art de passer des événements heureux—ses succès et ceux de ses enfants notamment—aux événements douloureux—la perte de son père, puis de sa grand-mère, et enfin de sa mère qui, selon lui, lui ont tout donné et qui lui servent de « modèle » de courage et de persévérance. Comme nous l’avons dit plus haut, ce résumé biographique ne décrit pas de façon complète le profil et le parcours de l’auteur. La seule façon de connaître parfaitement les différentes facettes de l’auteur et les différentes étapes de son parcours est de lire le livre.
S’agissant de la structure du livre, elle comprend trois parties bien distinctes mais qui forment corps : la première partie s’intitule « Les années tunisiennes : Ksiba, Sousse, Bizerte » ; la deuxième partie a pour titre : « Les années françaises : Paris, Bordeaux » ; et la troisième partie porte sur « Les années américaines : State College, Penn State, Boston ». Dans la suite de cet article, nous essaierons de donner les points forts de chacune des parties des « Périples de l’enfant de Ksiba ».
« Les années tunisiennes : Ksiba, Sousse, Bizerte »
Dans cette partie, l’auteur nous parle des années qu’il a passées en Tunisie au cours de son enfance et de son adolescence, d’abord dans son village natal de Ksiba, puis pendant ses études secondaires à Sousse et à Bizerte. L’auteur essaiera de faire une carrière militaire mais s’est rendu compte rapidement que ce profil ne lui convenait pas. Il raconte à ce propos l’anecdote de l’adjudant en charge de son groupe et « qu’on appelait la virgule » à cause de son visage qui ressemblait à une virgule. Il parle aussi des tenues militaires qui n’étaient pas à son goût. Dans cette partie, l’auteur parle aussi beaucoup de sa famille. De son père d’abord de qui il dit avoir reçu tous les traits de caractère, notamment le courage, la hardiesse au travail, la persévérance, l’organisation, mais aussi la gentillesse. Il parle de son village de Ksiba où il aimait se pavaner en aidant sa grand-mère dans les travaux de cueillette et collecte des olives, dans la maison parentale pleine de verdure et d’arbres, notamment d’oliviers. Il parle aussi de ses deux échecs au baccalauréat et des effets de cet échec sur son moral. Il parle aussi des conditions générales de vie en Tunisie, notamment des conditions socio-économiques et politiques qui n’incitent pas à l’initiative et à la création. Il donnera ces conditions comme une des raisons qui l’ont poussé à émigrer en France : « C’est alors que j’ai décidé de quitter tristement le pays, ou de partir ailleurs plutôt fâché. Pourquoi ? Parce que je me trouvais dans une situation inattendue qui ne me laissait qu’un seul choix, celui de quitter le pays qui, à la date de son indépendance, m’avait donné l’espoir en m’ouvrant, comme à tant d’autres jeunes de ma génération, les portes de l’école primaire pour apprendre puis celles du lycée pour acquérir des connaissances théoriques et des formations techniques. Parce que, aussi, le pays, seulement quinze ans après son indépendance, en me fermant les portes de l’espoir pour contribuer à son développement, m’ouvrait les portes de l’exil pour explorer mon avenir ailleurs ».

« Les années françaises : Paris, Bordeaux »
La deuxième partie du livre porte sur les années passées par l’auteur en France, successivement à Paris et à Bordeaux. En dehors de la raison évoquée ci-dessus pour expliquer son départ en France—« la fermeture des portes par le gouvernement tunisien »–Ben-Jebria donne une autre raison de sa venue dans le pays qui a colonisé la Tunisie (la France) : le hasard. « J’avais tout de suite remercié ce même hasard qui avait eu le culot de me faire échouer deux fois à mon baccalauréat pour m’emmener jusqu’ici [en France], auprès de mes parents, dans cette unique impasse [29 rue Buffon] et dans cet exceptionnel quartier de Paris ». L’auteur travaillera d’abord comme chercheur à l’INSERM pendant les premières années, tout en faisant des travaux manuels divers et nombreux pour subvenir à ses besoins quotidiens et l’aider à poursuivre ses études. Arrivé à une phase importante de sa vie universitaire et professionnelle, il dira : « Ainsi, le 21 avril 1980, la très grande nouvelle de ma vie tombait […] Ce jour-là, je devenais réellement un chercheur scientifique à l’INSERM ». Il passera ensuite quelques années à Bordeaux, cette ville qu’il a adorée pour ses sites touristiques, sa cuisine locale particulière, ses vins au goût unique et ses monuments historiques, une ville qui a été désignée « Miss Ville » et dont les monuments ont été inscrits au patrimoine de l’UNESCO. L’auteur a un talent de description exceptionnel dont j’oserai dire, sans trop d’exagération, qu’il est digne des grands classiques français. Décrivant, par exemple une de ses amies, il dira : « Quant à Evelyne, elle ressemblait à une jolie fée avec ses tresses épi de blé. Elle était toujours bien maquillée avec du rouge vif pour ses lèvres charnues et ses ongles pointus, du harkous pour ses longs sourcils, du khol pour le contour de ses beaux yeux en forme d’amande, et du henné pour ses doigts fins ». L’auteur a aussi un don dans l’usage de l’humour. En parlant de la façade du campus de Jussieu où il travaillait, il écrit : « Cette mauvaise conception immobilière m’avait tellement frappé que je m’étais dit que Pierre et Marie-Curie méritaient tout de même mieux que ça ». A propos de l’entreprise de nettoyage dans laquelle il a travaillé en dehors de son activité de recherche, il dira : « Il s’agissait d’une entreprise de nettoyage qui s’appelait « Entretien Moderne » […] A ce propos, je ne voyais ni l’apparence ni les moyens techniques employés par cette entreprise qui justifient le qualificatif de « moderne » car tout ou presque se faisait à la main ». Bien qu’étant un chercheur scientifique de haut niveau, l’auteur ne peut pas s’empêcher—cela semble être une sorte de penchant naturel chez lui—de faire des digressions sur le système politique en France ou dans son pays d’origine, la Tunisie. Parlant des débats politiques auxquels il participait dans les campus universitaires ou ailleurs, il dira : « A force d’écouter les uns et les autres débattre philosophiquement et contradictoirement sur l’esplanade de la Tour Centrale ou dans un des amphithéâtres de Jussieu, j’avais décidé de m’instruire un peu théoriquement sur le marxisme en lisant de temps en temps quelques œuvres de Marx et de ses disciples, Lénine et Mao Tsé Toung ». L’auteur fait aussi souvent des comparaisons entre la culture de son pays d’origine et la culture en France ou aux Etats-Unis où il émigrera plus tard. Comparant, par exemple, son mariage en Tunisie et le mariage de son ami avec une Anglaise, il écrira : « C’était un beau mariage [celui de son ami Hachemi], bien plus court que la semaine traditionnelle tunisienne, mais sympathiquement bien organisé où tout le monde était amicalement bien accueilli et se sentait à l’aise aussi bien autour de la table à manger qu’à proximité du bar de la salle de danse […] J’avais aimé cette fête matrimoniale brève et bien organisée. Franchement, je la préférais aux festivités tunisiennes répétitives, fatigantes, et généralement anarchiquement organisées ».


Ben-Jebria est aussi, comme beaucoup de maghrébins, un grand nostalgique et quelqu’un de très attaché à sa famille de Ksiba, notamment son père qui, selon l’auteur, lui aurait appris les règles fondamentales de la vie et de la réussite : « D’ailleurs, il [son père] disait souvent avec une certaine philosophie : le travail n’est pas à la portée de tout le monde […] Et comme disait mon père, il faut toujours se défendre par soi-même en affrontant courageusement la difficulté pour mieux apprécier le fruit de son effort. C’est ce que j’allais faire plus tard : suivre les conseils de mon père avec pertinence en me souvenant aussi du dicton qui disait : « on n’est jamais bien servi que par soi-même ». Cependant, en dépit du fait qu’il adorait la ville de Bordeaux pour les raisons évoquées plus haut, son travail de recherche scientifique et l’ambiance professionnelle dans laquelle il évoluait n’étaient pas tout à fait au niveau de ses anticipations. C’est alors qu’il prendra une des décisions les plus importantes de sa vie : émigrer aux Etats-Unis. Le « hasard », encore une fois, a fait qu’il avait rencontré au cours d’un congrès scientifique qui eut lieu à Bruxelles (Belgique) un nommé James Ultman (son futur directeur de recherche) et cinq ans plus, tard, de visiter son laboratoire de recherche à Penn State University (Pennsylvanie) où il passera ses vingt prochaines années.

« Les années américaines : State College, Penn State, Boston »
Il faut tout de suite dire que, pour l’auteur, les meilleures années de sa vie, passées dans une ambiance professionnelle riche, un milieu naturel exceptionnel et un environnement familial équilibrant. L’auteur montrera, dès le départ, le fossé qui sépare la culture française et la culture américaine, cette dernière étant caractérisée, aussi paradoxalement que cela puisse paraître, par un sens aigu de la compétition professionnelle et de l’hospitalité. Parlant du laboratoire Fenske où il travaillera le gros de son séjour aux Etats-Unis, il écrira : « Il ressemble à une petite raffinerie pétrolière » avec sa façade non esthétique mais une ambiance humaine stimulante. L’auteur fait aussi la différence entre le système scolaire et universitaire aux Etats-Unis et en France : « Les enfants étaient plus à l’aise dans le système d’éducation américain que français. Ils paraissaient s’épanouir pleinement dans leur environnement scolaire qu’ils jugeaient particulièrement moins contraignant, moins formel et plus sympathique qu’en France, surtout lorsqu’il s’agissait de leurs relations avec le personnel enseignant ou administratif. C’est là ce que nous, les adultes, avons aussi ressenti ». L’auteur parle beaucoup de ses projets de recherche au laboratoire Fenske, et dans d’autres villes des Etats-Unis et de ses nombreuses publications dans des revues scientifiques de renom ainsi que de ses innovations qui seront sanctionnées par de nombreux brevets et un prestigieux prix « Thomas T. Mercer Joint Prize ». Le livre est également plein de longues digressions très pédagogiques sur certaines maladies comme, par exemple, le diabète et tant d’autres. L’auteur parle aussi de l’année sabbatique qu’il a passée à Boston avec la « start-up » AIR (Advanced Inhalation Research) où, une fois encore, il n’a pas trouvé un milieu professionnel et surtout éthique convenable à son profil et ses intérêts, mais qui aura tout de même solidifié son expérience dans le domaine de l’inhalation. L’auteur fait aussi beaucoup de digressions sur l’évolution de son milieu familial, notamment de ses enfants qui ont, tous les trois, réussi à décrocher des diplômes universitaires et des postes de travail dans des entreprises prestigieuses américaines ou internationales. Il parlera aussi des évènements douloureux intervenus pendant son ses séjours étrangers, notamment de la perte, à différentes périodes au cours de son séjour, successivement de son père, sa grand-mère et sa mère. Il parle des effets émotionnels que ces trois pertes ont eu sur son moral.
L’auteur fait aussi plusieurs digressions sur la politique aussi bien aux Etats-Unis que dans son pays plus tard. Par exemple, il décrit à la manière d’un journaliste professionnel l’attaque du 11 septembre 2001 qu’il avait suivie sur les écrans de télévision « live » ainsi que l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis dont il dira : « Leur engagement [celui des Etats-Unis] irresponsable dans une guerre inutile en Irak avait causé, dès les premiers jours de combat, plus de 7 000 morts dans les civils et que certaines estimations internationales avancent entre 150 000 et 600 000 le nombre d’humains tués entre 2003 et 2011 ». Il conclut sur cette invasion : « Bravo Messieurs George W. Bush, Dick Cheney, Donald Rumsfeld, John Bolton, Tony Blair et bien d’autres pour cet exploit désastreux ».
Au bout de toutes ces années, Ben-Jebria, nostalgique de sa terre natale et désireux de passer un peu de temps avec sa mère, la seule survivante de la famille, prendra la décision de retourner au bercail. Il dira à ce propos : « Mais après cette longue période et ce lointain périple, j’ai pensé qu’il était temps de plier bagage pour regagner ma terre natale qui m’a semblé soudainement me manquer profondément. C’est alors que me suis dit, au fond de moi-même., « enough is enough, it’s time to go home ». Pour faciliter son retour en Tunisie, l’auteur réussira à obtenir une bourse dans le cadre du « Fulbright Program » pour entamer pendant 9 mois une recherche à l’université de Sousse. Cependant, pendant son séjour dans son pays chéri, un autre évènement malheureux viendra assombrir son enthousiasme et sa joie de se retrouver en Tunisie. Il s’agit du mouvement populaire de 2011 que l’on appelle aujourd’hui le « Printemps tunisien » ou « Révolution du Jasmin » ou encore « Révolution du Sourire ». A cette occasion, l’auteur fera un long exposé de plusieurs pages sur les causes profondes qui ont conduit à cette révolte, les effets sur le devenir de la société et de la politique tunisienne et les acteurs de cette Révolution (le rôle des jeunes, de l’armée et des partis politiques).

Conclusion
Comme nous l’avons dit plus haut, il n’est pas possible de résumer en quelques paragraphes un livre de 520 pages qui retrace « les périples de l’enfant de Ksiba ». Nous n’avons pas pu raconter, dans tous les détails, toutes les péripéties, les anecdotes, les succès et les déceptions traversées par l’auteur. Ce que nous n’avons surtout pas « capté » et raconté, ce sont les sentiments de joie, voire de bonheur, que l’auteur a connus et les moments d’amertume et de désespoir parfois par lesquels il est passé. Le seul moyen de « sentir » et de « vivre » ces moments intenses est de lire de Abdelaziz Ben-Jebria. Nous avouons qu’à certains moments de la lecture du livre, nous n’avons pas pu empêcher quelques lourdes larmes de couler et nous avons senti une pression dans notre cœur tant les descriptions de l’auteur sont captivantes et touchantes.
Pour terminer ce résumé qui, nous l’espérons, incitera les lecteurs à le lire, nous terminerons par les mots de la fin de l’auteur lui-même qui résument son état d’esprit après tous ces « périples », commençant par la Pennsylvanie et terminant par son village de Ksiba : « En attendant, je regrette mes adieux à ma Pennsylvanie adoptive.
Mais je promets que je la reverrai, rien que pour la verdoyance estivale de sa campagne, rien que pour la coloration automnale de ses feuilles d’arbres et rien que pour la blancheur hivernale de sa neige ». Concernant son village natal, il écrira : « Mais à présent, que reste-t-il de mon Ksiba natal ? Il me reste les ineffaçables traces d’amour d’Aziza [sa grand-mère], de Kacem [son père], et d’Aicha [sa mère] ; et il me reste les éternels oliviers de ma mère, la grande maison de mon père et les objets séculaires de ma grand-mère : ce sont les repères immunitaires contre un éventuel Alzeimer ».