Les membres de l’Opep et d’autres producteurs exportateurs de pétrole non-Opep devraient s’entendre, le 23 janvier prochain, lors d’une réunion prévue à Alger, sur la mise sur pied d’un nouveau mécanisme de surveillance de leur production de brut. Ce dispositif devrait être créé avant la fin de l’année en cours pour qu’il puisse être opérationnel dès l’année prochaine, a déclaré, jeudi, le ministre koweïtien du Pétrole, Bakhit Al-Rashidi, repris par l’agence Reuters.

Cette proposition, qui semble faire déjà son petit bout de chemin, sera à l’étude de la prochaine réunion du comité ministériel OPEP-non-Opep chargé de suivi de la conformité aux accords de limitation de l’offre, prévue le 23 septembre à Alger, selon le ministre koweitien du Pétrole. Outre l’examen de cette proposition portant sur la création d’une nouvelle structure de surveillance de la production du brut, le comité en question examinera également les niveaux actuels de production, a indiqué Bakhit Al-Rashidi. La réunion d’Alger soumettrait probablement des suggestions à même d’adapter les niveaux de production aux besoins du marché. «Les données de production de l’Opep et des producteurs en dehors de l’Opep seront examinées lors de la réunion de septembre prévue en Algérie.
Avant la fin de l’année, un accord sur un mécanisme de suivi de la production sera conclu», a déclaré le ministre koweitien du Pétrole à des journalistes l’accompagnant dans la visite de certaines installations énergétiques au Koweït. Il prévoit que les marchés pétroliers devraient «rester stables» jusqu’à la fin de l’année.
Membre du comité chargé de surveiller la conformité des pays producteurs aux accords de Opep-non-Opep conclus en décembre 2016, le ministre koweitien élude des rendez-vous et des évènements non des moindres pouvant impacter le marché pétrolier. La guerre commerciale que se livrent Américains et Chinois pourrait finir par affecter la croissance de la Chine dans un premier temps puis des autres pays émergents et, par ricochet, ralentir leur demande en brut. L’autre rendez-vous occulté par Bakhit Al-Rashidi n’est autre que l’entrée en vigueur, dès le 5 novembre prochain, des sanctions américaines contre le secteur pétrolier iranien.
Ces sanctions, assorties de menaces proférées par Donald Trump à l’adresse des pays commerçant avec l’Iran, pourraient affecter l’offre pétrolière mondiale. Alors que les pays consommateurs se préparent à l’entrée en vigueur de ces sanctions américaines contre l’Iran, les exportations iraniennes reculent déjà et le pays perd davantage au profit de ses concurrents tant à l’intérieur de l’Opep qu’à l’extérieur de l’Organisation. Troisième plus grand producteur de l’Opep, l’Iran pourrait voir sa production reculer entre 2,5 et un million de barils par jour dès novembre. Les membres du comité de suivi de la conformité aux accords de production, présidé par l’Arabie Saoudite et dans lequel siègent l’Algérie, le Koweït, les Emirats arabes unis, le Venezuela, Oman et la Russie, se réuniront le 23 septembre à Alger dans un contexte marqué essentiellement par la guerre commerciale opposant les Etats-Unis à ses partenaires et par la tension de plus en plus visible entre deux membres de l’Opep, l’Arabie Saoudite et l’Iran en l’occurrence. Nonobstant, le ministre koweitien a fait part, jeudi, de son optimisme et ses prévisions quant à un marché qui «restera stable jusqu’à la fin de l’année». Le ministre iranien de l’Energie sera convié à la réunion d’Alger, alors que son pays accuse ses partenaires saoudiens et russes de le pénaliser en augmentant leur production, ce qui atténue les effets négatifs des sanctions pour les autres pays. L’Iran avait demandé d’assister à la réunion pour défendre ses parts de marché qui pourrait être affectée par les sanctions américaines.
Mais pas seulement. Il craint que ses parts de marché ne soient récupérées par d’autres grands producteurs, à l’image de l’Arabie Saoudite, qu’il avait accusée d’avoir été à l’origine de l’accord de juin dernier qui permet aux pays capables de produire davantage de respecter le niveau de conformité global du groupe.