Le Fonds monétaire international et l’Organisation mondiale du Commerce exhortent les gouvernements «à s’abstenir d’imposer ou d’intensifier les restrictions à l’exportation», pour éviter que l’économie mondiale ne sombre dans la récession en raison de la pandémie du coronavirus. La situation de crise sanitaire internationale a induit un dérèglement dans le commerce mondial qui pourrait être nuisible à long terme si les Etats ne font pas preuve de précaution. Les conséquences de la crise mondiale de Covid-19 pourraient déjà être perceptibles dans les mouvements commerciaux notamment. Dans un communiqué commun, les deux institutions invitent les Etats à la prudence en la matière, exprimant par ailleurs leur inquiétude face à la baisse des ressources nécessaires pour garantir que les produits alimentaires et médicaux parviennent bien aux pays qui en ont le plus besoin. Les pays qui sont particulièrement dépendant des produits d’importation sont les plus exposés à ce type de restrictions. Les Etats sont invités à «œuvrer pour supprimer rapidement les restrictions mises en place depuis le début de l’année». Les deux institutions mettent en garde contre la tentation de prendre des mesures protectionnistes sur des biens vitaux durant cette crise sanitaire comme les médicaments ou les biens alimentaires. Les deux institutions alertent sur la difficile conjoncture qui nécessite une certaine prudence. «Ce qui a du sens dans une situation d’urgence isolée peut être gravement préjudiciable dans une crise mondiale», soulignent-elles. A situation exceptionnelle mesures exceptionnelles en somme. «Prises ensemble, les restrictions à l’exportation peuvent être dangereusement contre-productives», notent les deux organismes. En plus des restrictions sur les produits médicaux, des réductions sur certains produits alimentaires sont constatées malgré une offre importante en cette période de confinement. «L’expérience de la crise financière mondiale de 2008 a montré que les restrictions à l’exportation de produits alimentaires se multiplient rapidement d’un pays à l’autre et entraînent des incertitudes et des augmentations de prix toujours plus grandes», signalent encore les deux organisations internationales. Ces dernières rappellent que pour faire face au besoin des gouvernements dans un contexte de crises intérieures, les règles de l’OMC autorisent justement des restrictions temporaires à l’exportation «appliquées pour prévenir ou atténuer les pénuries critiques» dans le pays exportateur. Cependant, dans le contexte actuel, les pays doivent «faire preuve de prudence». Car de telles mesures menacent le bon fonctionnement et perturbent les chaînes d’approvisionnement, et font baisser la production. Les effets directs de telles mesures risquent de compliquer et d’aggraver la situation en déphasant les besoins. Pour le FMI et l’OMC ces mesures «acheminent à tort les produits et les travailleurs rares et essentiels loin de l’endroit où ils sont le plus nécessaires». Ce qui aura comme résultat, notent les deux institutions, de prolonger et d’aggraver la crise sanitaire et économique actuelle «avec les effets les plus graves probablement sur les pays les plus pauvres et les plus vulnérables».<