Le président de la Fédération algérienne de football (FAF), Kheireddine Zetchi, et les membres de son bureau fédéral (BF) ont commis leur deuxième erreur de casting après la nomination de l’Espagnol Lucas Alcaraz en engageant Rabah Madjer à la tête des Verts.

Jusque-là, ils ont désigné deux sélectionneurs nationaux qui ont échoué dans leurs missions respectives de redonner « confiance » aux « Verts » et surtout à leurs fans.
Si le patron de la FAF avait pris, seul, l’initiative de choisir Lucas Alcaraz, cette fois, l’instance fédérale a bien accepté un sélectionneur national « imposé ».
En sept mois de travail, Rabah Madjer a fait régresser les «Fennecs» au point de ne plus reconnaître la sélection qui avait disputé les deux dernières Coupes du monde (2010 et 2014). Madjer reste sur quatre défaites de rang, dont une concédée avec l’équipe A’, composée de joueurs locaux, le 9 mai à Cadix (Espagne), face à l’Arabie saoudite (2-0).
Le successeur d’Alcaraz, dont l’objectif assigné est d’atteindre le dernier carré de la prochaine CAN-2019 au Cameroun, ne fait désormais plus l’unanimité. Mais, il a refusé de démissionner, précisant, entre autres qu’on « ne limoge pas un entraîneur qui n’a joué que des matchs amicaux… »
En dépit de ses mauvais choix aussi bien des joueurs que des styles de jeu de l’EN que ses erreurs de coaching lors des matchs, le sélectionneur national croit dur comme fer qu’il peut bien réussir une bonne CAN 2019. Mais avant, il faudra s’y qualifier.

Le tâtonnement de la FAF
Malgré les analyses et écrits des journalistes, mettant à nu les erreurs des « choix » du sélectionneur national, Rabah Madjer, le président de la FAF et son bureau fédéral ont perdu beaucoup de temps avant de réagir de manière « subtile » avec une première déclaration du président Zetchi. Ce dernier a annoncé que « seul le bureau fédéral pourrait trancher sur le limogeage ou pas du sélectionneur national ».
Par la suite, et lors de sa dernière conférence de presse au stade 5-Juillet en marge d’une réunion de travail entre le ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Hattab, et les responsables des 47 fédérations sportives algériennes, Zetchi avait bien précisé que le résultat d’un match ne peut sceller à lui seul le sort du sélectionneur.
L’ex-chairman du Paradou AC a indiqué, par la même occasion, qu’un « bilan sera établi après le match amical contre le Portugal » pour évaluer le parcours de la sélection nationale pendant cette phase préparatoire, ajoutant que « le constat sera débattu au cours de la prochaine réunion du bureau fédéral, prévue le 24 juin ».

Le dérapage à Lisbonne ne peut passer sous silence
De plus, et en dehors de ses « erreurs techniques et tactiques », le sélectionneur d’« El-Khadra » s’est même illustré par des écarts qui lui auraient valu un limogeage illico presto s’il y avait d’autres responsables de l’instance fédérale. Après les fameux « taisez-vous ! » à l’encontre d’un confrère et « Allo Porto » pour évoquer ses bons rapports avec le club de Brahimi, le sélectionneur des Verts vient de commettre un « écart diplomatique » à Lisbonne. A la veille du match contre le Portugal, le coach national Rabah Madjer s’est exprimé en déclarant aux Portugais, entre autres, que « le monde entier doit savoir qu’on veut me virer sans le moindre match officiel… » Il a ajouté : « Mes amis portugais ne savent pas ce qui se passe au sein de notre équipe nationale. Il faut qu’ils le sachent et qu’ils le transmettent au monde entier. Je suis victime d’une machination alors qu’on a commencé à faire du beau travail depuis sept mois. » Un autre président de la FAF l’aurait remercié dans la foulée. Ce genre de sorties médiatiques est intolérable car ternissant l’image du football algérien, en général, et des responsables de ce même football, en particulier.

Même Gourcuff n’a pas fait ça !
Même l’ex-driver de l’EN, Christian Gourcuff, qui est Français, ne s’est pas adressé aux Français pour faire de telles déclarations, alors que Rabah Madjer, Algérien, qui a dignement et superbement représenté l’Algérie en qualité de joueur, a pris à témoins des journalistes portugais. Il n’y a pas pire pour détruire toute l’estime des Algériens. La très mauvaise «communication » du sélectionneur national est la principale cause de tous les maux durant son bail. Aujourd’hui, les regards de tous les férus de la sélection algérienne sont dirigés vers la prochaine réunion du bureau fédéral, le 24 juin prochain. On en saura un peu plus sur la suite à donner à cette mésaventure du natif d’Hussein-Dey sur le banc de l’Algérie. L’éventualité de voir le BF bien avant n’est pas à exclure, car l’heure est grave. Aussi, on se pose de sérieuses questions sur la faculté de cette entité à gérer les affaires de la balle ronde DZ plus que jamais dans l’impasse.