Le Front de libération nationale (FLN) entre définitivement en pleine crise. A quelques mois de l’élection présidentielle, le chef d’orchestre de l’option d’un 5e mandat pour le président Bouteflika tombe curieusement dans une tornade qui risque de durer longtemps.

Les déclarations sur le départ d’Ould  Abbès et les démentis apportés n’augurent rien de bon au sein de l’ex-parti unique et les signes sont de plus en plus visibles. Hier, lors de la réunion des représentants des formations engagées dans l’Alliance présidentielle, ce sont des membres du comité central et du bureau politique qui ont représenté le FLN. Ahmed Boumahdi, membre du comité central, Nadir Boulagroune, chef de cabinet d’Ould Abbès, et Mustapha Rahiel, membre du bureau politique, nommé par le secrétaire général, ont échangé avec les représentants du RND, du MPA et de TAJ. Dans ses réponses aux interrogations de la presse sur le cas de Djamel Ould Abbès, Ahmed Boumahdi a été catégorique. «Ould Abbès est toujours secrétaire général du FLN et il est en convalescences», attestant qu’il « gère le parti à partir de chez lui ». Une affirmation qui sonne comme une réplique cinglante à ceux qui ont annoncé sa démission. M. Boumahdi a précisé, par ailleurs, que le bureau politique «est là pour seconder le secrétaire général dans la gestion du parti». Une façon de dire que le volet politique est du ressort d’Ould Abbès et l’organique et les affaires courantes échoient au bureau politique. La présence de ce trio, hier, face aux invités du FLN est le signe de graves dissensions qui agitent l’ex-parti unique. Il convient, ainsi, de déceler un forcing d’un côté et une résistance de l’autre. Ce qui confirme également ce cas de figure est l’absence de Mouad Bouchareb à toutes les activités du parti, pourtant donné comme le coordinateur du parti en l’absence du secrétaire général.
Dans cet imbroglio, un élément atteste l’existence de tiraillements. Il s’agit du ministre des Relations avec le Parlement, Mahdjoub Bedda, en tournée dans plusieurs wilayas du pays. Lors de ses haltes, M. Bedda salue le départ d’Ould Abbès, allant jusqu’à déclarer «qu’il était vraiment temps». Mais dans cet engrenage, un fait démontre que la situation est inextricable et qu’elle met le FLN dans une posture très délicate. Il s’agit, selon des membres du comité central, «de l’impossibilité de tenir une rencontre du comité central dans ces conditions ». Il est craint «le retour des vieux démons» qui agitent le parti depuis des années. Allusion aux partisans de Bouhadja, Belkhadem et de Saâdani qui «ne manqueront pas de peser de tout leur poids » si leurs favoris « ne sont pas inclus dans le choix des futurs dirigeants du parti ».