Au moment où certains prétendants à la candidature pour l’élection présidentielle du 18 avril, dont des chefs de parti et des candidats libres, n’ont pas trop attendu et ont fait la première démarche auprès du ministère de l’Intérieur, beaucoup de formations politiques préfèrent trancher cette question avec un peu de recul. Le temps qu’il y ait plus d’éléments aidant à la prise de décision.

Pas moins de 32 lettres d’intention de candidature ont été déposées au niveau du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, selon un bilan provisoire publié lundi en fin de journée. Parmi ces lettres, on trouve 9 émanant de chefs de parti politique, alors que 23 ont été émises par des prétendants indépendants.
Les concernés «ont pu bénéficier des quotas de formulaires de souscription, en application des dispositions légales en vigueur et les opérations se poursuivent au fur et à mesure que les demandes sont formulées», a-t-on indiqué de même source. Contrairement à ces derniers, les principaux partis politiques de la scène nationale temporisent. La décision de prendre part à la prochaine élection présidentielle est renvoyée à leurs structures souveraines dont les réunions sont fixées pour cette dernière décade du mois. Ce sont surtout les partis de l’opposition qui seront au rendez-vous avec les différents choix qui se présentent. Le FFS, le RCD, le MSP, le FJD entre autres, devront s’exprimer de manière définitive d’ici la fin du mois. Le parti islamiste d’Abderrezak Makri, dont la participation est presque acquise, va réunir en session ordinaire son conseil consultatif (Madjlis Echoura), les 25 et 26 janvier, pour «trancher les différents choix qui sont posés», avait indiqué le bureau national, quelques heures après la convocation du corps électoral par le président de la République. Mais tout porte à croire que Makri sera plébiscité comme candidat, les instances du Mouvement, les militantes, les militants ainsi que les élus ont déjà été appelés «à se tenir prêts pour recueillir les signatures et participer à l’élection présidentielle avec son propre candidat». D’où le caractère presque formel de la session de ce vendredi.

Tendance
Contrairement au MSP, le Front des forces socialistes (FFS), qui réunira aussi son conseil national aux mêmes dates, les 25 et 26 janvier, pourra encore prolonger le suspense. L’ordre du jour sera d’«étudier la situation politique du pays et approfondir le débat sur les questions de l’heure, notamment la présidentielle». Il n’est donc pas indiqué qu’il y aura une décision définitive. La résolution politique qui sortira de la réunion permettra à coup sûr d’en savoir plus sur la position du parti. Mais des sources évoquent d’ores et déjà «un rejet» de l’échéance d’autant plus que la direction nationale est préoccupée par un autre rendez-vous important, à savoir le congrès ordinaire qui devrait se tenir durant le premier semestre de l’année en cours.
Le week-end d’après, ce sera au tour du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) de décider. Le parti de Mohcine Belabbas a convoqué «la troisième session ordinaire du conseil national pour le 1er février 2019, à 9h à la salle Nadi-El Moudjahid, Alger», a indiqué hier le RCD dans un communiqué. A l’ordre du jour de cette réunion la «situation politique générale, situation organique et divers». Pourtant, on aura bien compris que dans le premier point, le RCD, après un long silence et suspense, dira son mot surtout que d’ici là les choses s’éclairciront probablement davantage en ce qui concerne la candidature du président Abdelaziz Bouteflika.

Suspense
Durant la même période, le Front pour la justice et le développement (FJD), d’Abdallah Djaballah, tiendra la session ordinaire de son conseil consultatif afin d’arrêter sa position vis-à-vis de la présidentielle du 18 avril. Cette réunion examinera également «la capacité des structures organisationnelles à relever le défi de la présidentielle quelle que soit la position qu’arrêtera le conseil national de la choura», a expliqué le parti. Dans un communiqué, son président fait de la transparence et de la liberté du scrutin une condition inaliénable pour se lancer dans la course. Le PT, quant à lui, qui n’a pas encore fixé la date du comité central, réunira ce vendredi son bureau politique. A l’occasion, sa secrétaire générale, Louisa Hanoune, pourrait distiller plus d’éléments permettant d’anticiper sur la position qu’adoptera le CC.
Qu’en est-il des partis du pouvoir ? Bien que la question est presque tranchée avec le soutien unanime à la candidature de M. Bouteflika, et le concerné ne se soit pas prononcé, M. Ahmed Ouyahia, patron du RND, a quand même convoqué la 6e session ordinaire du conseil national du parti pour le 31 janvier et le 1er février 2019. Une manière de se donner encore du temps pour valider de façon définitive le choix du RND. Durant ces dix derniers jours, tout peut arriver en tout cas. Même le FLN, le TAJ et le MPA peuvent surprendre par la convocation de leurs instances, selon les développements de la scène politique. Une scène qui promet beaucoup d’animation.