On ne s’est pas bousculé au portillon de la célébration de la Journée mondiale de la lutte contre la toxicomanie. Même la presse constantinoise, d’habitude présente à ce genre de manifestation, a élégamment brillé par son absence.

La cause n’est pas un désintéressement pour la chose, mais une mauvaise communication qui a fait confondre la journée avec les portes ouvertes organisées par la Sûreté nationale et celle de du ministère de la Santé. L’hôtel Hocine était donc triste en cet après-midi qui devait poser les jalons de ce qui a déjà été fait et réfléchir à ce qu’il faudrait faire dans un proche avenir face à un fléau qui menace très sérieusement notre jeunesse.
Du haut du Rocher, les professionnels ont émis le vœu d’affermir la formation et la recherche pour assurer une prise en charge des problèmes de santé mentale dans un cadre global. Un souhait renforcé par les inquiétants chiffres de la consommation de drogues disparates. L’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLDT) était accompagné dans sa halte constantinoise par les centres intermédiaires de soins en addictologie (CISA) et les centres de cure (CC), en collaboration avec le ministère et la direction de la Santé (DSP), bien sûr, de l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie plus des médecins activant dans les diverses wilayas des CISA.
« Le développement de la prise en charge des toxicomanes constitue une inquiétude persévérante du ministère de la Santé durant des années à cause des effets ravageurs des drogues aussi bien sur la personne que sur la communauté. Il y a des efforts qui ont été consentis mais beaucoup de défis restent à relever, surtout qu’un changement de la nature du produit consommé a été constaté », a exposé hier à Constantine le sous-directeur de la promotion de la santé mentale au ministère, le professeur Mohamed Chakali.
Ces dires recevront des « preuves » étayant le discours du représentant du ministère qui révèlera la croissance dans le bilan global des activités des CISA, de 2007 à 2017. Le nombre de patients est passé de 9 897 sujets à 22 444 sujets pendant cette période. La dépendance s’est étendue aux mariés avec 7 106 en 2017 contre 1 543 en 2007. Les catégories d’âges consignées se situent entre 15 et 35 ans et plus de 35 ans avec respectivement 630, 8 054, 7 979, 5 790 patients traités en 2017. Les modalités de prise en charge, selon l’intervenant, se sont articulées sur l’hospitalisation volontaire, l’injonction thérapeutique et la consultation externe. Il argumentera encore en disant « qu’il faut se résoudre à l’idée que le processus de mise en place de la lutte contre les addictions est long et nécessite une ample persévérance ».
En ce qui concerne la lutte contre le phénomène de drogue, M. Chakali rappellera « le Plan national de la santé mentale (PNSM) 2017/2020 et surtout le comité de suivi, qui vient de voir le jour suite au décret exécutif n°18/44 du 23 janvier 2018. « Il faudra renforcer la formation et la recherche et assurer la prise en charge des problèmes de santé mentale dans un cadre multisectoriel global ». La directrice de la communication et de la prévention au niveau de l’office susmentionné, Kaddache Ghania, de son côté, parlera de la loi 40/08, exprimant que la personne impliquée dans une affaire de détention ou d’usage de drogue peut bénéficier d’une mesure alternative, à savoir l’injonction thérapeutique et est épargnée de poursuite judiciaire sur décision du procureur. « Nous agençons 40 centres », soulignera-t-elle. Il reste à aplanir une problématique, le nombre d’individus accros à la drogue n’est pas exhaustif. « Nous collaborons avec les services de la justice qui nous fournissent les statistiques des personnes impliquées dans ce fléau». Encore un problème de statistiques et de collaboration entre différents services impliqués dans la lutte contre la toxicomanie. Un problème qui devrait être aplani, justement par ce genre de rencontres.