Sur les 46,7 millions tonnes équivalent pétrole (TEP) produits durant le premier trimestre de l’année en cours, près de 49% (soit 22,7 TEP) étaient dédiés à la consommation nationale. Ces chiffres dévoilés hier par le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, donnent déjà une idée sur un « dérèglement» qui devient un véritable blocage pour l’Algérie. Avec cette proportion, il est tout à fait logique de ne pas s’attendre à des rentrées d’argent importantes des exportations des hydrocarbures. La mini-embellie des prix du pétrole sur les marchés mondiaux constatée depuis le début de 2021 ne pourra nullement suffire pour espérer redynamiser une économie basée sur l’or noir.
Les 65 dollars le baril (en moyenne) resteront ainsi insuffisants. Le constat est d’autant valable qu’il rappelle les dernières projections du FMI pour l’Algérie, pour qui, il faut un prix du pétrole de 87,7 dollars le baril pour espérer un équilibre de la balance des paiements.
L’urgence de trouver des solutions et de ne pas (plus) dépendre des fluctuations des marchés est bien présente. L’une d’elles est « interne ». Elle consiste en la rationalisation d’énergie. L’appliquer, c’est diminuer le pourcentage des TEP dédiés à la consommation locale et ainsi pouvoir exporter dans l’espoir de remplir les caisses. Cette politique de rationalisation devrait également concerner le gaz naturel. Ce qui va impliquer un changement des habitudes en consommation de la part des foyers algériens. Un véritable défi surtout devant un front social déjà en ébullition, et une population qui continue de subir les effets de la double crise économique et sanitaire.
En parallèle, il y a toujours l’autre solution, trop souvent citée, et depuis longtemps, mais dont l’application se fait désirer. Il s’agit des énergies renouvelables, dont l’impact prend de plus de plus d’importance dans le monde, mais qui reste, en Algérie, encore au stade des « projets ». Le dernier rapport de l’AIE (Agence International de l’énergie), publié le 20 avril dernier, illustre bien la transformation. La part des renouvelables dans la production mondiale d’électricité atteindra, cette année, 30 %, « soit le chiffre le plus élevé dans l’histoire » comme l’a bien précisé Fatih Birol (directeur exécutif de l’Agence). Il n’est plus question de tendance, mais avant tout de survie. L’option est d’autant applicable que le choix des énergies renouvelables est bien moins onéreux qu’il y a 10 ans. Le pétrole, même s’il ne va pas disparaître de sitôt, ne peut plus et ne doit plus rester la principale ressource sur laquelle se base l’Etat. Investir sur les énergies renouvelables, c’est assurer l’avenir, à court et à long terme.