La question des réfugiés tend à devenir un véritable objet de fixation pour certaines ONG qui de façon régulière émettent des critiques périodiques envers la politique de l’Algérie en la matière. Alger semble en tout cas faire l’objet d’un intérêt particulier de la part d’organismes particulièrement très regardants sur ce sujet très sensible et au cœur de l’actualité, notamment dans cette région du Sahel. L’Algérie fait face ces dernières années à un afflux de migrants subsahariens, estimé à quelque

100 000 en Algérie par ces même ONG. Ce qui la met sous la loupe de ces organismes dont les intentions sont loin d’être candides. Le fait que l’Algérie ne dispose toujours pas de législation en matière d’asile fait accentuer cette pression permanente. Le Haut-Commissariat pour les réfugiés de l’ONU (HCR) s’est dit jeudi «préoccupé» par le sort d’une centaine de personnes originaires de pays arabes considérés comme « portées disparues » après avoir été transportées par les autorités algériennes vers un secteur proche de la frontière avec le Niger. « Le HCR est préoccupé par la sécurité des personnes vulnérables originaires de Syrie, du Yémen et de Palestine qui seraient bloquées à la frontière avec le Niger », a noté le HCR dans son communiqué. Tout a commencé lorsque la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH) avait dénoncé lundi le refoulement, fin décembre, vers le Niger d’une cinquantaine de migrants, dont des enfants et familles, en majorité syriens, entrés clandestinement en Algérie en septembre. Ce qui a suscité des réactions controversées de la part des organisations des droits de l’Homme et certains médias internationaux. Le HCR a demandé aux autorités algériennes de pouvoir accéder aux personnes bloquées à la frontière, « répondre aux besoins humanitaires, à identifier les personnes qui ont besoin de protection internationale et à assurer leur sécurité». L’agence onusienne a rappelé que l’Algérie avait ouvert ses portes à environ 50 000 réfugiés syriens et appelé les autorités à « étendre cette hospitalité aux personnes qui en ont besoin ».
Pressions concernant les migrants
De son côté, Amnesty International a cité un certain nombre de « recommandations » pour lesquelles l’Algérie est priée de mettre à exécution pour s’aligner sur les exigences de cette ONG, dont le rapport coïncide avec l’examen de l’Algérie par le Comité des droits de l’Homme des Nations unies qui surveille l’application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. «Les autorités algériennes doivent mettre fin aux renvois sommaires de migrants et cesser de restreindre les droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique, d’association et de religion», a enjoint Amnesty International. Cette ONG dont les postures sont souvent discutables voudrait que l’Algérie «adopte une législation nationale permettant d’appliquer la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et le Protocole de 1967 relatif également au statut des réfugiés », ainsi que l’assistance des personnes « ayant besoin d’une protection internationale ». Une accusation à peine voilée suggérant que l’Algérie est actuellement en décalage avec le droit international. L’Algérie qui refuse l’installation de camps de réfugiés sur son territoire comme le souhaite notamment l’Union européenne semble payer pour cette position de principe souvent rappelée par les officiels. « L’Algérie n’acceptera en aucun cas que des camps de rétention de clandestins soient ouverts sur son territoire» avait déclaré le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel. Il est indéniable que cette question des réfugiés et du traitement des migrants risque bien de constituer, à l’avenir, l’un des sujets sensibles pour l’Algérie qui pourrait être confrontée à des vagues de «réfugiés» successives, notamment depuis la débâcle subite par les groupes armés extrémistes en Syrie.n