Le comité olympique international (CIO) s’était donné 4 semaines pour trancher sur le sort des Jeux Olympiques 2020 de Tokyo (Japan). Mais la décision est tombée plus tôt tant le report semblait sonner comme évidence. Ce, en considérant la virulence du coronavirus (COVID-19) et sa propagation.

Le Canadien Dick Pound, membre historique du comité international olympique (CIO), avait raison. La machine-arrière est inévitable bien que Thomas Bach ait, à plusieurs reprises, cru qu’il était trop tôt pour décider quoi que ce soit. « Mon interprétation de l’annonce du CIO est qu’ils ne veulent pas annuler les JO et qu’ils ne pensent pas pouvoir continuer de les maintenir à la date du 24 juillet » (jusqu’au 9 août), a expliqué le Montréalais en indiquant qu’« ils vont explorer des options avec les Japonais bien sûr, puis il y aura toutes sortes de parties prenantes – fédérations internationales, comités olympiques nationaux, athlètes.»

Les menaces de boycott
En effet, il y a 3 jours, l’instance chargée de gérer le sport universel a révélé, dans une lettre aux sportifs, avoir « entamé des discussions avec tous les partenaires pour dresser un état des lieux du développement rapide de la situation sanitaire et de son impact sur les Jeux olympiques, comprenant un scénario de report (des JO, ndlr). Nous sommes confiants dans le fait que nous aurons finalisé ces discussions dans les quatre prochaines semaines.» Sous la pression des différents Comités nationaux, à l’instar de ceux du Canada, Brésil, Australie et de la Norvège ainsi que le Royaume-Uni, qui ont clairement prévu de boycotter le rendez-vous quadriennal et la situation sanitaire pesante et alarmante, le CIO se retrouve acculé. «Ce n’est pas quelque chose qui va disparaître d’ici le 24 juillet. Pas plus que d’ici septembre ou octobre. Beaucoup de pays du monde, dont les plus grands, sont quelque peu dépassés, et cela commence tout juste à prendre racine en Afrique », analyse Dick Pound.

Données sanitaires versatiles
Le constat est limpide. Il est aujourd’hui impossible d’établir un calendrier avec certitudes pour un événement de cette ampleur. Surtout que les athlètes qui y prennent part viennent des quatre coins du monde.
La propagation du COVID-19 n’est pas à la même échelle ni gravité. Dans certaines nations, il se pourrait que la pandémie s’étale plus dans le temps.
Une donne qui fausserait la préparation. Oui, les Olympiades 2020 ne vont pas être annulées. Cette éventualité a complètement été balayée par Bach dans ses différentes sorties. L’obstination devra se plier à l’« ajournement ». Joshiro Mori, président du Comité d’organisation nippon, risque de mal-digérer la pilule. Surtout si l’année du déroulement de l’épreuve mondiale change : «On s’appelle 2020, donc la tendance, pour le moment, c’est cela.» Selon Michael Payne, ancien directeur marketing du CIO «La discussion va être intense.
Le CIO va pousser pour une décision aussi rapide que possible, tandis que les Japonais voudront étudier le problème sous tous ses aspects et militeront pour l’automne prochain, plus simple logistiquement.» Sacré casse-tête.