Plusieurs ouvrages, entre romans et essais, ont été publiés ces dernières semaines et ces derniers mois. Voici quelques-uns des titres disponibles en librairie :

Algérie la citoyenneté impossible de Mohamed Mebtoul«Algérie, la citoyenneté impossible ?» De Mohamed Mebtoul
«Le système politique a produit des ‘militants’ carriéristes davantage préoccupés par les luttes d’appareils, soucieux avant tout de défendre leurs intérêts personnels. Incapables de se remettre en question, porteurs de certitudes et de dogmes répétés sans convictions, ils naviguent allègrement et sans honte dans l’inculture politique et l’opportunisme. Il est donc réducteur de caractériser le pouvoir central en soi, comme s’il était extérieur à la société, alors qu’il est pluriel et diffus, se propageant dans toutes les sphères du tissu social par la médiation de nomenklaturas locales, qui activent pour que rien ne bouge dans le sens d’une autonomisation de la société. Au lien citoyenneté-militantisme-élections s’est substitué un autre processus: la marchandisation des candidatures, valorisant le couple argent-opportunisme politique, et balayant d’un revers de la main la notion de conviction politique», peut-on lire, sous la plume de l’anthropologue Mohamed Mebtoul, sur la quatrième de couverture de son ouvrage « Algérie, la citoyenneté impossible ?», paru le 14 avril 2018 aux éditions Koukou. Dans ce livre de 224 pages, l’auteur, qui est fondateur de l’anthropologie de la santé, professeur de sociologie à l’Université Oran 2, et chercheur associé au GRAS (Unité de recherche en Sciences sociales et santé), décortique et dissèque «sans complaisance» le système politique algérien et l’action citoyenne.
Prix : 800 DA.
Au secours Morphée dAkram El Kebir«Au secours Morphée !»D’Akram El Kebir
Paru le 15 avril 2018 aux éditions Apic, le roman de l’écrivain et journaliste Akram El Kebir s’intitule «Au secours Morphée». Ce roman, de 200 pages, raconte l’histoire d’un couple, Nadya et Ali, que tout oppose et sépare mais qui décident de construire leurs vies ensemble. En fait, rien ne présageait leur rencontre, en ce jour pluvieux de novembre à la bouquinerie du centre-ville d’Oran où Ali travaillait. Les différences étaient tangibles mais Ali ne pouvait repousser l’appel de la providence. «Concession oblige, pour convoler en justes noces avec Nadya –une femme de caractère qui fait de l’ascension professionnelle son cheval de bataille–, Ali quitte son travail –son intime intellectuel– et son F1 dans le quartier populaire de St-Eugène et ses ambiances, pour prétendre à un cadre de vie décent, selon sa conjointe, dans le nouveau Oran-chic. Pour une meilleure rémunération, il est recruté comme administrateur dans une biscuiterie, bien loin de ses aspirations existentielles». Le temps passe, l’entente dans le couple s’effrite et le malentendu s’installe. Nadya campe sur sa vision rigoriste de la vie, et Ali, lui, noie son désarroi dans les bras de Morphée, dieu du sommeil, seul moyen de fuir sa réalité. Pris en otage dans les méandres d’une existence en parallèles, ses nuits se transforment en véritables épopées. Roman philosophique, comédie burlesque, «Au secours Morphée !» est le troisième roman d’Akram El Kebir. Prix : 700 DA.

Promesse de bandit dAhmed Gasmia«Promesse de bandit» D’Ahmed Gasmia
Les éditions Frantz-Fanon ont publié récemment le roman «Promesse de bandit» d’Ahmed Gasmia, auteur notamment du roman «Complot à Alger» (éditions Casbah, 2007) et qui arbore un style d’écriture «plutôt visuel». Le texte plonge son lecteur dans un temps lointain, précisément le XIXe siècle, dans les steppes algériennes. Hafnaoui Dayem est un bandit solitaire et sans grande expérience qui rêve de devenir le plus célèbre des brigands. Il apprend l’existence d’un trésor caché et veut à tout prix s’en emparer. Mais sa route est barrée par Amer Ben Lahcen et sans bande, d’authentiques bandits de grand chemin qui le mettent à l’épreuve et l’enrôlent. Sous le soleil du désert, ils sont pris en chasse par le capitaine Philippe Perlier, tenace officier de l’armée coloniale française. Plus loin, à l’ouest, la révolte de Bouamama fait rage. «Ben Lahcen et ses brigands avaient cette singulière faculté de rire et de festoyer, même après les échecs les plus cuisants, même après la mort des leurs. Comme si la vie n’était pas acquise, comme si chacun d’entre eux aurait dû mourir depuis longtemps et que chaque moment qu’il vivait était un moment offert, un moment volé», peut-on lire sur la quatrième de couverture, sous la plume de l’auteur. Prix : 600 DA.
Lenfant fruitier de Jean Sénac«L’Enfant fruitier»De Jean Sénac
Les éditions El Kalima ont initié la collection «Djib» (livre de poche). Dans cette collection, une série a été créée. Il s’agit des «Petits inédits maghrébins», et justement dans cette série, est paru le recueil de poèmes «L’Enfant fruitier» de Jean Sénac, présenté et introduit par l’universitaire Guy Dugas. Parmi les nombreux inédits laissés par Jean Sénac, «L’Enfant fruitier» était considéré par le regretté Hamid Nacer-Khodja comme devant bénéficier en priorité d’une publication. Ces poèmes des années 1950-52 montrent en effet un tournant essentiel dans l’inspiration du jeune poète qui quitte pour la première fois sa mère et l’Algérie : la révélation de l’intime, précédant de quelques mois seulement la prise de conscience politique.
A ces magnifiques poèmes, il fallait un écrin de qualité. Et «c’est la fonction de la série des ‘Petits inédits maghrébins’ qui publiera au rythme de 5 à 6 ouvrages par an, des textes inédits ou introuvables des plus grands noms de la littérature maghrébine de langue française». Prix : 600 DA.

Nacer Eddine Dinet à lombre des palmiers de Saadia Serguine«Nacer-Eddine Dinet à l’ombre des palmiers» De Saadia Serguine
Les éditions Anep ont publié récemment le récit «Nacer-Eddine Dinet à l’ombre des palmiers» de Saâdia Serguine, professeur d’histoire à l’Université Alger 3, et auteur, de plusieurs ouvrages, consacrés à l’écriture de l’Histoire romancée pour la vulgariser aux jeunes générations. Dans son nouvel ouvrage, Saâdia Serguine rend hommage à sa ville natale, Bou Saâda, et à son célèbre peintre Alphonse Etienne Dinet, devenu Nacer Eddine suite à sa conversion à l’islam. L’Algérie débute en Algérie, alors sous domination française, par son premier voyage en quête d’exotisme ou par simple curiosité. Il s’installera à Bou Saâda «l’enchanteresse oasis» qui l’adopta et où il repose sous les palmiers, tel que fut son dernier vœu. «Ce récit a pour but de faire connaître d’une manière simplifiée un pan de notre patrimoine. Il s’agit du peintre Alphonse-Etienne Dinet. Son parcours atypique s’est traduit par sa rencontre avec le Sud algérien et sa cité légendaire Bou Saâda. Notre récit n’a pas pour vocation de se substituer à une quelconque critique d’art ou autre», écrit l’auteure dans un préambule. Prix : 300 DA.
Lanneemiracluse«L’année miraculeuse»De Mohamed Magani
Les éditions Chihab ont publié récemment le nouveau roman de Mohamed Magani, intitulé «L’année miraculeuse». L’histoire se déroule de 1996 à 1999, période qui sera comme une longue année pour Smaïl démis de ses fonctions. Dans la «Venise du Nord», à Amsterdam, il tente de reconstruire sa vie, et son cœur, et s’installe peu à peu dans l’attitude toute humaine de s’être trompé sur lui-même, et de ce qu’il est vraiment. «L’Année miraculeuse» emporte son lecteur sur trois vis sans fin qui donnent le tournis dès les premières pages. La première vis concerne la rencontre, très mal entamée, entre Lotfia et Smaïl, femme au plus mal et homme mal-en-point ; la deuxième fait découvrir Smaïl, ex-Haut fonctionnaire précipité au bas de l’échelle sociale dans le sillage de la chasse aux cadres déclenchée en 1996, et Lotfia qui se trouve à Amsterdam dans un seul but, une quête désespérée ; la troisième vient s’imbriquer aux deux premières et définit les contours d’un  procès «Camus contre Camus». L’auteur fait passer d’une vis sans fin à une autre : Lotfia et Smaïl arriveront-ils à surmonter les déchirements de l’un et de l’autre, le poids du passé, les traumatismes de leur existence ? Le procès «Camus contre Camus» s’invite dans leur relation et l’alimente même dans une fin absolument inattendue et inédite. Prix : 1000 DA.

Lettre à un soldat dAllah de Karim Akouche«Lettre à un soldat d’Allah» De Karim Akouche
«Lettre à un soldat d’Allah –Chroniques d’un monde désorienté» de Karim Akouche est paru aux éditions Frantz-Fanon. Dans ce recueil, l’auteur aborde «l’islam, l’islamisme et leurs avatars, la laïcité et ses ennemis, la gauche et ses errances, l’Algérie et ses démons, la crise de la citoyenneté, l’ultra-consumérisme et le règne du spectacle, les conséquences des ‘printemps arabes’…». Des textes «de combat et de réflexion» sont rassemblés dans ce livre, et dont les titres annoncent la couleur, à l’exemple  de «Déchire ton niqab», «Portrait de l’islamisme fossoyeur du monde», ou encore le texte qui donne son titre au livre à savoir «Lettre à un soldat d’Allah», dans lequel l’auteur utilise le pronom «tu» pour s’adresser à «un jeune homme conquis à l’idéologie djihadiste». Romancier, poète et chroniqueur, Karim Akouche a déjà publié aux éditions Frantz-Fanon les romans «La religion de ma mère» (2017), «Allah au pays des enfants perdus» (2016), ainsi que le conte «J’épouserai le petit Prince» (2016). Une pièce de théâtre, tirée de son recueil «Toute femme est une étoile qui pleure», a été jouée à Montréal à la place des Arts en 2013, et au Théâtre la Chapelle en 2016. Prix : 700 DA.
LOffense dAbdelkader Hadj Hamou«L’Offense» D’Abdelkader Hadj Hamou
Les éditions El Kalima ont initié la collection «Djib» (livre de poche). Dans cette collection, une série a été créée. Il s’agit des «Petits inédits maghrébins», et justement dans cette série, est paru la pièce de théâtre «L’Offense» d’Abdelkader Hadj Hamou, présentée par l’universitaire Hadj Miliani. Abdelkader Hadj Hamou est un pionnier de la littérature maghrébine de langue française, auteur notamment du roman «Zohra la femme du mineur» datant de 1925, ou encore, publié sous un pseudonyme en 1933, «Les Compagnons du jardin», essai de dialogue interculturel avec Robert Randau, un des écrivains majeurs de l’Algérie durant la période coloniale. Antérieur de quinze ans, «L’Offense», drame en trois actes et trois tableaux jamais édité ni représenté, peut être considéré, selon le professeur Hadj Miliani, comme «la première œuvre théâtrale de langue française écrite par un Algérien musulman en régime colonial». Ce texte est donc «un document d’histoire littéraire maghrébines que révèlent les Petits inédits maghrébins».  Prix : 600 DA.