Encore une fois, Djamel Ould Abbès exerce son autorité sur les assemblées élues issues des élections locales du 23 novembre.

Le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN) est allé jusqu’à exiger des présidents d’APC et d’APW de son parti de soumettre les nominations aux postes de responsabilités, notamment la vice-présidence et les présidents de commission, à son approbation.

Dans un courrier portant la référence 2017, datant du 11 décembre dernier, Ould Abbès indique que « dans le cadre de l’installation de l’exécutif des APW et des APC, je vous informe que les nominations aux postes de responsabilités doivent être soumises à l’approbation du secrétaire général ».
Le document adressé aux P/APC et aux P/APW fraîchement élus, invite ces derniers « à (lui) faire parvenir leurs propositions dans les plus brefs délais ».
Il s’agit là de l’ultime décision d’Ould Abbès concernant les dernières élections locales qu’il a lui-même supervisées depuis la préparation des listes, au choix des candidatures, jusqu’à l’installation des élus. Le patron du FLN n’a rien laissé au hasard.
Cette énième décision intervient, cette fois, à la veille de la tenue du Comité central du parti prévu le 19 mars 2018. Djamel Ould Abbès, et à travers sa démarche, aura toute la latitude de choisir ses soutiens siégeant au CC, aux postes de responsabilités dans les assemblées élues. Lorsque l’on sait les privilèges qu’offrent les postes de vice-président ou président de commission, surtout dans les grandes agglomérations et chef-lieu de daïra ou de wilaya, il n’est pas à écarter de voir le secrétaire général utiliser ce pouvoir comme carte en prévision du CC. Ceci d’autant plus que rien, dans les statuts ou le règlement intérieur du parti, ne lui confère ce pouvoir.
En effet, l’article 40 des statuts du FLN attribue au secrétaire général, outre la présidence de la session du CC, des réunions du BP et l’orientation des membres du gouvernement issus du parti, le pouvoir de choisir les chefs de groupe parlementaire à l’APN et au Sénat, les vice-présidents des deux chambres du Parlement, la nomination des mouhafedh et la validation des listes de candidatures aux élections. Mais à aucun moment il n’est indiqué qu’il revient au secrétaire général du parti d’approuver ou non le choix des élus aux postes de responsabilités dans les assemblées locales. D’où, d’ailleurs « quelques mécontentements » au niveau local affichés, en toute vraisemblance, par certains élus qui craignent que leurs candidatures aux postes dans l’Exécutif ne soient pas validées. Après avoir, dans deux précédentes instructions, défini les critères de candidature aux élections, puis tranché le choix du candidat du FLN au poste de P/APW dans les wilayas où le parti n’avait pas réussi à avoir la majorité des suffrages, voilà qu’Ould Abbès récidive en s’immisçant dans le choix des postes de responsabilité au sein des APC et des APW. Ce qui lui aura garanti des soutiens importants à la veille d’une session du CC décisive pour l’avenir du parti, plus particulièrement son avenir au poste de secrétaire général.
Ould Abbès, dont les adversaires guettent ce rendez-vous pour l’éjecter, a fini en l’espace de quelques mois et grâce à sa stratégie durant les élections locales, par renverser, semble-t-il, les rapports de forces au sein de l’ex-parti unique. A moins d’un imprévu de dernière minute, l’homme qui a été intronisé secrétaire général du FLN en octobre 2016, en remplacement d’Amar Saâdani, se dirige droit vers
un renouvellement de confiance par les membres du CC.